
Washington annonce le retour des inspecteurs de l’AIEA en Iran, Téhéran temporise
Le vice-président américain J. D. Vance a affirmé que l’Iran acceptait le retour des inspecteurs nucléaires onusiens, une annonce non confirmée par Téhéran qui insiste sur la mise en œuvre préalable du mémorandum d’entente.
Au terme d’une première session de pourparlers en Suisse, le vice-président des États-Unis, J. D. Vance, a déclaré lundi 22 juin que l’Iran avait accepté d’inviter à nouveau les inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) sur son territoire. Selon Washington, les discussions techniques sur les modalités de ces inspections pourraient débuter dans la semaine, et l’accès des inspecteurs aux installations nucléaires iraniennes constituerait « une étape majeure vers la dénucléarisation permanente » du pays. Cette annonce intervient alors que l’AIEA n’a plus accès aux principaux sites d’enrichissement iraniens depuis les frappes américaines et israéliennes de juin 2025, et que Téhéran détient, d’après les estimations de l’agence onusienne, quelque 440 kilogrammes d’uranium enrichi à 60 %, un seuil proche de l’usage militaire.
Du côté iranien, le porte-parole du ministère des Affaires étrangères, Esmaeil Baqaei, a présenté une lecture nettement plus restrictive des échanges. Il a qualifié la réunion de « brève discussion » et non d’ouverture de négociations formelles sur un accord nucléaire définitif. Selon Téhéran, les discussions substantielles ne pourront commencer qu’après la mise en œuvre des points prévus par le mémorandum d’entente signé électroniquement la semaine précédente entre les présidents iranien et américain. La délégation iranienne a en outre suspendu sa participation à une réunion quadrilatérale après des menaces proférées par le président Donald Trump sur le réseau Truth Social, tout en poursuivant les échanges via les médiateurs pakistanais et qataris.
Les médiateurs — le Pakistan et le Qatar — ont annoncé dans un communiqué conjoint que les deux parties s’étaient entendues sur une « feuille de route » visant un accord final sous soixante jours, et que des avancées « encourageantes » avaient été enregistrées. Un Comité de haut niveau doit superviser politiquement la médiation, tandis qu’une cellule de coordination est prévue pour consolider le cessez-le-feu entre Israël et le Hezbollah au Liban, où les violences ont fait plus de 4 100 morts depuis mars selon Beyrouth. Par ailleurs, un mécanisme de communication a été convenu pour garantir la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz, voie stratégique pour les exportations mondiales d’hydrocarbures, que l’Iran avait menacé de bloquer en riposte aux opérations israéliennes.
Le cadre général reste fragile. L’administration Trump a autorisé la reprise des exportations pétrolières iraniennes jusqu’au 21 août, une mesure inscrite dans l’accord préliminaire, mais le président américain a simultanément menacé de frapper l’Iran « avec beaucoup de force » si ses « représentants » régionaux ne cessaient pas immédiatement les troubles. Les équipes techniques des deux pays poursuivent leurs travaux au Bürgenstock, complexe hôtelier isolé du centre de la Suisse, où le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, s’est entretenu avec le chef de la diplomatie helvétique. La comparaison avec le cycle de négociations de 2015, qui avait exigé près de deux ans pour aboutir à l’accord de Vienne, illustre l’ampleur des obstacles à surmonter dans le calendrier accéléré de soixante jours.
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Le vice-président américain salue l'accord de l'Iran pour le retour des inspecteurs de l'AIEA comme une étape majeure et un premier pas vers la dénucléarisation permanente, mais Téhéran n'a pas encore confirmé et l'annonce est présentée comme une victoire diplomatique américaine avec un scepticisme sous-jacent quant aux intentions iraniennes.
Les médias latino-américains rapportent l'affirmation américaine de l'accord de l'Iran pour les inspections de l'AIEA comme un pas vers la fin de la guerre au Moyen-Orient, soulignant la réouverture du détroit d'Ormuz et la baisse des prix du pétrole, tout en notant que l'Iran n'a pas encore confirmé.
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