
Washington suspend pour 60 jours les sanctions pétrolières contre l’Iran
Une licence temporaire du Trésor américain autorise la production, la vente et l’importation de brut iranien jusqu’au 21 août, en contrepartie d’engagements sur le détroit d’Ormuz et les inspections nucléaires.
Le département du Trésor des États-Unis a émis lundi une licence générale autorisant, pour une durée de 60 jours, la production, la livraison et la vente de pétrole brut, de produits pétrochimiques et de dérivés pétroliers d’origine iranienne. Cette décision, qui permet également l’importation de ces produits sur le territoire américain et les paiements en dollars, a immédiatement accentué la baisse des cours : le baril de Brent de la mer du Nord est passé sous les 78 dollars, loin du pic de 126 dollars atteint lors du blocus du détroit d’Ormuz au printemps.
Selon le secrétaire au Trésor Scott Bessent, cette mesure s’inscrit dans le cadre des « discussions productives en cours en Suisse » et répond à deux engagements de Téhéran : garantir la libre circulation dans le détroit d’Ormuz et autoriser l’entrée des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA). D’après des sources iraniennes, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a confirmé que les exportations de pétrole et de produits pétrochimiques étaient désormais exemptées de sanctions, et qu’une partie des avoirs gelés avait été débloquée. Les médiateurs pakistanais et qataris ont salué des « progrès encourageants » à l’issue de la première session de négociations, tout en précisant qu’une feuille de route pour un accord définitif a été convenue dans un délai de 60 jours.
La licence exclut toute transaction impliquant la Corée du Nord, Cuba, la Crimée et les territoires ukrainiens sous contrôle prorusse. Elle couvre en revanche un large éventail de services associés – transport maritime, assurance, transactions bancaires – et s’applique même à des navires précédemment bloqués par les sanctions américaines. D’après les données de marché, les acheteurs indépendants chinois, principaux clients du brut iranien sous sanctions, pourraient être rejoints par d’anciens importateurs comme l’Inde, la Corée du Sud ou le Japon, si la fenêtre de levée des restrictions devait être prolongée.
L’initiative intervient dans un contexte régional fracturé. Les frappes américano-israéliennes contre l’Iran en février 2026 avaient déclenché un conflit armé, suivi d’un blocus iranien du détroit d’Ormuz puis d’un blocus américain des ports iraniens. Un cessez-le-feu précaire avait été conclu en avril. Côté israélien, des responsables ont exprimé leur désaccord avec le mémorandum d’entente, insistant sur le maintien des troupes au Sud-Liban. Au Congrès américain, des élus républicains ont mis en garde contre un allègement des sanctions qui rappellerait, selon eux, les erreurs de l’accord nucléaire de 2015. Sur le dossier nucléaire, Téhéran a qualifié les échanges de « très brefs » et de simple « présentation des positions », tandis que Washington y voit une « étape majeure » vers l’arrêt du programme d’armement iranien.
Les équipes techniques américaines et iraniennes poursuivent leurs travaux en Suisse cette semaine. La licence générale expire le 21 août 2026 à minuit, heure de la côte est des États-Unis, et le cadre de négociation prévoit la conclusion d’un accord définitif dans le même délai. La question de la prolongation ou de la transformation de ces allègements en levée permanente des sanctions reste subordonnée à l’avancée des pourparlers sur le programme nucléaire, le rôle régional de l’Iran et les garanties de sécurité exigées par les différentes parties.
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Washington a émis une licence générale de 60 jours autorisant la production, la vente et le transport du pétrole iranien, y compris les services bancaires et d'assurance. Cette mesure intervient dans le cadre de pourparlers productifs en Suisse, où l'Iran a accepté de garantir la libre navigation dans le détroit d'Ormuz et de permettre l'accès aux inspecteurs de l'AIEA. Elle est présentée comme un geste de confiance en vue d'un accord de paix définitif.
Les États-Unis ont temporairement levé les sanctions sur le pétrole iranien dans le cadre d'un accord provisoire, mais cette dérogation soulève de graves préoccupations sécuritaires. Les engagements de l'Iran sur le transit à Ormuz et les inspections de l'AIEA restent non vérifiés, et la fenêtre de deux mois pourrait être utilisée pour canaliser des fonds vers des groupes militants. Cette mesure est perçue avec alarme comme une concession risquant d'encourager Téhéran et de déstabiliser la région.
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