
Présidentielle brésilienne : Lula en tête, la polarisation résiste aux scandales
Un sondage Datafolha crédite Lula de 41 % des intentions de vote au premier tour contre 31 % pour Flávio Bolsonaro, tandis que les rejets massifs des deux favoris laissent présager un second tour sous haute tension.
Selon l’institut Datafolha, dont l’enquête a été menée les 17 et 18 juin auprès de 2 004 électeurs dans 139 municipalités, le président Luiz Inácio Lula da Silva (Parti des travailleurs, PT) recueille 41 % des intentions de vote au premier tour de l’élection présidentielle d’octobre 2026, contre 31 % pour le sénateur Flávio Bolsonaro (Parti libéral, PL). Les autres candidats testés restent très en retrait, aucun ne dépassant 3 %. Dans l’hypothèse d’un second tour, l’écart se resserre : Lula obtiendrait 47 % des suffrages, Flávio Bolsonaro 43 %, un score inchangé par rapport à la vague précédente de mai. La marge d’erreur est de deux points de pourcentage.
La nouvelle photographie électorale confirme une stabilisation après le scandale dit « Dark Horse », révélé en mai par le site The Intercept Brasil, qui impliquait Flávio Bolsonaro dans une demande de financement auprès du banquier Daniel Vorcaro pour un film consacré à son père, l’ex-président Jair Bolsonaro. Les médias brésiliens soulignent que le sénateur a ainsi enrayé l’érosion constatée au printemps. L’enquête intègre partiellement les retombées d’une opération de la police fédérale visant, le 18 juin, le leader du gouvernement au Sénat, Jaques Wagner (PT), soupçonné de liens avec la même nébuleuse du Banco Master. Selon les commentateurs latino-américains, l’affaire pourrait offrir à Flávio Bolsonaro un argument symétrique pour relativiser les accusations portées contre lui, tandis que les stratèges de Lula minimisent l’impact sur l’électorat présidentiel.
La polarisation du pays se lit dans les indices de rejet : 48 % des personnes interrogées déclarent qu’elles ne voteraient « en aucun cas » pour Flávio Bolsonaro, et 46 % pour Lula, un écart dans la marge d’erreur. Les clivages territoriaux demeurent marqués : le chef de l’État domine dans le Nordeste (61 %) et parmi les populations à faibles revenus, tandis que le sénateur s’impose chez les entrepreneurs (69 %) et dans la région Sud (54 %). Au second tour, Lula creuse l’écart auprès des femmes (52 % contre 37 %), une dynamique que l’entourage de Flávio Bolsonaro entend corriger en désignant une colistière. Par ailleurs, 65 % des sondés jugent qu’un éventuel soutien public de Donald Trump à un candidat n’influencerait pas leur vote, un signe que l’alignement international revendiqué par le camp bolsonariste pourrait avoir une portée limitée.
La campagne tend à se refermer sur un duel entre les deux hommes, en l’absence de troisième voie structurée. Les prochaines enquêtes d’opinion seront scrutées pour mesurer l’effet complet de l’opération contre Jaques Wagner et pour évaluer si les mesures sociales du gouvernement – notamment la réforme de l’échelle de travail 6×1, votée à la Chambre mais bloquée au Sénat – modifient le rapport de force. Le premier tour est prévu le 4 octobre 2026.
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Un sondage Datafolha montre Lula en tête avec 41% au premier tour, contre 31% pour Flavio Bolsonaro. Des scandales comme l'affaire 'Dark Horse' et des opérations policières n'ont pas modifié significativement la course, et les candidats se préparent à un affrontement direct au second tour.
Les sondages montrent que le président Lula conserve son avance sur le sénateur Flavio Bolsonaro, affaibli par ses liens avec un énorme scandale bancaire. La course reste largement inchangée, Lula étant considéré comme le favori dans un éventuel second tour.
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