
Iran et États-Unis s’opposent sur le contrôle des avoirs dégelés
Téhéran rejette les conditions américaines sur l’utilisation des 12 milliards de dollars d’avoirs qui doivent être libérés dans le cadre des pourparlers de paix.
Les négociations de paix entre les États-Unis et l’Iran, tenues à Buergenstock sous médiation pakistanaise et qatarie, ont abouti à une suspension des sanctions américaines pour soixante jours et à une feuille de route vers un accord permanent. Pourtant, un désaccord immédiat est apparu sur le contrôle des quelque 12 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés dont le déblocage est prévu par le mémorandum d’entente. Selon la vice-présidence américaine, ces fonds seront placés sous la supervision de Washington et de Doha, et devront servir à l’achat de produits agricoles et médicaux américains, une proposition attribuée à Jared Kushner, conseiller du président Trump. L’ambassadeur iranien auprès de l’ONU à Genève, Ali Bahreini, a rejeté toute ingérence extérieure, affirmant que « l’Iran, et seulement l’Iran, décidera » de l’usage de ses ressources, tout en reconnaissant un rôle technique limité des États-Unis et du Qatar dans le processus de dégel.
Du côté iranien, les médias d’État ont également démenti que des inspecteurs de l’Agence internationale de l’énergie atomique (AIEA) seraient autorisés à visiter les installations nucléaires endommagées lors des frappes américaines et israéliennes, contredisant les déclarations américaines sur ce point. Téhéran insiste sur la levée complète des sanctions et considère la suspension temporaire des restrictions sur les exportations pétrolières et chimiques comme un test susceptible d’être étendu à d’autres secteurs. Parallèlement, les deux parties ont convenu de créer plusieurs groupes de travail – sur la levée des sanctions, les activités nucléaires, la reconstruction économique et le suivi de la mise en œuvre – ainsi qu’une ligne de communication dédiée pour éviter les incidents dans le détroit d’Ormuz.
La question des avoirs cristallise des logiques divergentes. D’après les sources américaines, le mécanisme d’escrow vise à garantir que les fonds ne financent pas le terrorisme et à offrir des débouchés aux producteurs agricoles des États-Unis. Pour Téhéran, il s’agit d’une atteinte à sa souveraineté sur des réserves constituées principalement de recettes pétrolières et de réserves de la banque centrale, bloquées à l’étranger depuis la révolution de 1979. L’ambassadeur Bahreini a souligné que l’Iran ne permettra pas que ces conditions influencent ses décisions d’importation. Cette controverse intervient alors que le cessez-le-feu au Liban, autre volet de la désescalade, reste fragile : des tirs israéliens ont fait deux morts mardi, poussant le Hezbollah à dénoncer une violation et l’Iran à rappeler que toute nouvelle attaque contre le Liban constitue une « ligne rouge ».
Les discussions techniques se poursuivent à Genève, et les groupes de travail doivent être formés dans les prochains jours. La mise en œuvre effective du dégel des avoirs dépendra d’arrangements techniques entre Washington et Doha, mais le différend sur le contrôle final des fonds illustre la difficulté de concilier les interprétations du mémorandum. La période de soixante jours qui s’ouvre testera la capacité des médiateurs à transformer cet accord intérimaire en un cadre durable, alors que la stabilité régionale reste conditionnée à la tenue du cessez-le-feu au Liban et à la prévention d’une escalade en mer Rouge et dans le détroit d’Ormuz.
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L'ambassadeur iranien à l'ONU a fait état de bons progrès dans les pourparlers de paix et a démenti les affirmations américaines selon lesquelles les fonds dégelés serviraient à acheter des produits de base américains. Téhéran insiste sur le fait qu'il décidera seul de l'utilisation des 12 milliards de dollars d'avoirs gelés.
Le vice-président américain a annoncé de nouvelles conditions pour le déblocage des milliards iraniens gelés, mais Téhéran l'a immédiatement contredit. L'Iran affirme qu'il déterminera seul l'usage de ses avoirs, rejetant toute supervision américaine.
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