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Géopolitique et Politiquemardi 23 juin 2026

L’euro numérique obtient un premier feu vert parlementaire face à la domination américaine des paiements

La commission des affaires économiques du Parlement européen a adopté le cadre juridique de la monnaie numérique de banque centrale, destinée à réduire l’emprise des réseaux Visa et Mastercard sur la zone euro.

La commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen a approuvé, mardi, le règlement fondateur de l’euro numérique par 43 voix contre 14 et une abstention. Ce vote ouvre la voie aux négociations interinstitutionnelles avec les États membres et la Commission européenne, qui pourraient aboutir à une adoption définitive d’ici la fin de l’année. La Banque centrale européenne (BCE) prévoit ensuite une phase pilote de douze mois à compter du second semestre 2027, pour un lancement complet en 2029. Concrètement, l’euro numérique prendra la forme d’un portefeuille électronique adossé à la banque centrale mais distribué par les banques et les fintechs, utilisable pour des paiements en ligne et en magasin, y compris hors connexion, sans remplacer les espèces.

Selon les institutions européennes, ce projet répond à une double urgence : offrir aux citoyens un moyen de paiement public paneuropéen gratuit et, surtout, réduire une dépendance jugée excessive envers les opérateurs privés non européens. D’après les données de la BCE, près des deux tiers des paiements par carte dans la zone euro sont traités par des entreprises américaines, Visa et Mastercard en tête, et treize des vingt-et-un pays de la zone ne disposent d’aucun système national de carte pour les achats quotidiens. La perspective que Washington utilise cette infrastructure comme levier géopolitique a été ravivée par les sanctions imposées en 2025 à des juges de la Cour pénale internationale, dont le Français Nicolas Guillou, privé d’accès à sa carte Visa. L’essor des stablecoins libellés en dollars, encouragé par l’administration Trump, a renforcé ces craintes au sein des capitales européennes.

L’opposition au texte est venue des groupes d’extrême droite et ultraconservateurs du Parlement, qui dénoncent une intrusion étatique dans les moyens de paiement. Le secteur bancaire européen, de son côté, exprime des réserves persistantes. La Fédération bancaire européenne chiffre à 18 milliards d’euros le coût d’adaptation des systèmes, quand la BCE l’estime entre 4 et 5,8 milliards. Les établissements redoutent également une fuite des dépôts vers les portefeuilles numériques de banque centrale, malgré les garde-fous promis par l’Eurosystème, et voient dans l’euro numérique un concurrent direct à leurs propres solutions, comme le système de paiement paneuropéen Wero. Certains législateurs avaient plaidé pour une infrastructure confiée au secteur privé, mais le compromis final confie à la BCE la maîtrise de l’architecture technique.

Le calendrier institutionnel prévoit désormais un éventuel vote en séance plénière en juillet si un groupe politique le réclame, faute de quoi les trilogues débuteront directement. La présidence tournante du Conseil de l’Union européenne et la Commission s’attendent à un accord législatif avant la fin 2026, condition indispensable pour que la BCE lance ses expérimentations. L’euro numérique ne se substituera pas au cash, dont le cours légal est réaffirmé dans le paquet législatif, mais il ambitionne de fournir une alternative souveraine dans un paysage où, selon le rapporteur du texte, l’Espagnol Fernando Navarrete Rojas, « personne ne doit être contraint d’abandonner les espèces, ni privé d’une option de paiement numérique sûre, résiliente et véritablement européenne ».

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

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Presse européenne continentalePresse latino-américaine
Presse européenne continentale/ Méditerranéenne
PragmatismeDétachement

La commission des affaires économiques a approuvé le règlement par 43 voix pour, 14 contre et une abstention. L'euro numérique sera une application gratuite pour les paiements en ligne et hors ligne, sans frais supplémentaires. Le vote ouvre les négociations avec la Commission et le Conseil pour finaliser la législation.

Presse latino-américaine/ Marché
AlarmePragmatisme

L'euro numérique est présenté comme un outil de souveraineté pour réduire la dépendance aux systèmes de paiement américains tels que Visa et Mastercard. Il permettra aux citoyens et aux entreprises européens d'effectuer des paiements sans passer par les géants mondiaux. Le vote parlementaire ouvre la voie à ce que la monnaie virtuelle soit prête d'ici la fin de l'année.

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mardi 23 juin 2026

L’euro numérique obtient un premier feu vert parlementaire face à la domination américaine des paiements

La commission des affaires économiques du Parlement européen a adopté le cadre juridique de la monnaie numérique de banque centrale, destinée à réduire l’emprise des réseaux Visa et Mastercard sur la zone euro.

La commission des affaires économiques et monétaires du Parlement européen a approuvé, mardi, le règlement fondateur de l’euro numérique par 43 voix contre 14 et une abstention. Ce vote ouvre la voie aux négociations interinstitutionnelles avec les États membres et la Commission européenne, qui pourraient aboutir à une adoption définitive d’ici la fin de l’année. La Banque centrale européenne (BCE) prévoit ensuite une phase pilote de douze mois à compter du second semestre 2027, pour un lancement complet en 2029. Concrètement, l’euro numérique prendra la forme d’un portefeuille électronique adossé à la banque centrale mais distribué par les banques et les fintechs, utilisable pour des paiements en ligne et en magasin, y compris hors connexion, sans remplacer les espèces.

Selon les institutions européennes, ce projet répond à une double urgence : offrir aux citoyens un moyen de paiement public paneuropéen gratuit et, surtout, réduire une dépendance jugée excessive envers les opérateurs privés non européens. D’après les données de la BCE, près des deux tiers des paiements par carte dans la zone euro sont traités par des entreprises américaines, Visa et Mastercard en tête, et treize des vingt-et-un pays de la zone ne disposent d’aucun système national de carte pour les achats quotidiens. La perspective que Washington utilise cette infrastructure comme levier géopolitique a été ravivée par les sanctions imposées en 2025 à des juges de la Cour pénale internationale, dont le Français Nicolas Guillou, privé d’accès à sa carte Visa. L’essor des stablecoins libellés en dollars, encouragé par l’administration Trump, a renforcé ces craintes au sein des capitales européennes.

L’opposition au texte est venue des groupes d’extrême droite et ultraconservateurs du Parlement, qui dénoncent une intrusion étatique dans les moyens de paiement. Le secteur bancaire européen, de son côté, exprime des réserves persistantes. La Fédération bancaire européenne chiffre à 18 milliards d’euros le coût d’adaptation des systèmes, quand la BCE l’estime entre 4 et 5,8 milliards. Les établissements redoutent également une fuite des dépôts vers les portefeuilles numériques de banque centrale, malgré les garde-fous promis par l’Eurosystème, et voient dans l’euro numérique un concurrent direct à leurs propres solutions, comme le système de paiement paneuropéen Wero. Certains législateurs avaient plaidé pour une infrastructure confiée au secteur privé, mais le compromis final confie à la BCE la maîtrise de l’architecture technique.

Le calendrier institutionnel prévoit désormais un éventuel vote en séance plénière en juillet si un groupe politique le réclame, faute de quoi les trilogues débuteront directement. La présidence tournante du Conseil de l’Union européenne et la Commission s’attendent à un accord législatif avant la fin 2026, condition indispensable pour que la BCE lance ses expérimentations. L’euro numérique ne se substituera pas au cash, dont le cours légal est réaffirmé dans le paquet législatif, mais il ambitionne de fournir une alternative souveraine dans un paysage où, selon le rapporteur du texte, l’Espagnol Fernando Navarrete Rojas, « personne ne doit être contraint d’abandonner les espèces, ni privé d’une option de paiement numérique sûre, résiliente et véritablement européenne ».

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PragmatismeDétachement

La commission des affaires économiques a approuvé le règlement par 43 voix pour, 14 contre et une abstention. L'euro numérique sera une application gratuite pour les paiements en ligne et hors ligne, sans frais supplémentaires. Le vote ouvre les négociations avec la Commission et le Conseil pour finaliser la législation.

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AlarmePragmatisme

L'euro numérique est présenté comme un outil de souveraineté pour réduire la dépendance aux systèmes de paiement américains tels que Visa et Mastercard. Il permettra aux citoyens et aux entreprises européens d'effectuer des paiements sans passer par les géants mondiaux. Le vote parlementaire ouvre la voie à ce que la monnaie virtuelle soit prête d'ici la fin de l'année.

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