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Justice & Droitmardi 30 juin 2026

Indonésie : Nadiem Makarim, fondateur de Gojek, condamné à 10 ans de prison pour corruption

L’ancien ministre de l’Éducation a été reconnu coupable d’abus de pouvoir dans un marché d’ordinateurs portables, un verdict qui divise le monde judiciaire et pourrait affecter le climat des affaires.

Le tribunal anti-corruption de Jakarta a condamné, mardi 30 juin 2026, Nadiem Makarim à une peine de dix ans d’emprisonnement et à une amende d’un milliard de roupies (environ 56 000 dollars). L’ancien ministre de l’Éducation, de la Culture, de la Recherche et de la Technologie (2019-2024), également cofondateur de la plateforme de services Gojek, a été reconnu coupable d’avoir abusé de son autorité dans le cadre de l’acquisition de plus d’un million d’ordinateurs portables Chromebook et de licences Chrome Device Management entre 2020 et 2022. Selon les attendus du jugement, cette opération a causé un préjudice à l’État indonésien évalué à 1 560 milliards de roupies. Le tribunal a en outre ordonné le versement de dommages et intérêts d’un montant de 809 milliards de roupies, sous peine de cinq années de détention supplémentaires. La décision n’a toutefois pas été rendue à l’unanimité : le juge Andi Saputra a émis une opinion dissidente, estimant que les éléments de preuve n’établissaient ni intention criminelle ni enrichissement personnel, et que l’accusé aurait dû être acquitté.

Le parquet a salué un verdict « conforme à l’acte d’accusation et aux faits débattus à l’audience », rejetant les accusations de « criminalisation d’une politique publique » portées par la défense. Celle-ci, par la voix de l’avocat Ari Yusuf Amir, a dénoncé un jugement « créant un précédent dangereux pour les professionnels issus du secteur privé qui acceptent des fonctions ministérielles », et annoncé son intention de saisir la Commission judiciaire ainsi que d’interjeter appel. Nadiem Makarim a pour sa part qualifié la sentence de « fondée sur des faits qui défient la raison », affirmant que les juges majoritaires n’avaient pas osé croiser son regard, et a appelé à une mobilisation citoyenne en faveur de la vérité.

Au cœur de l’affaire, le parquet a fait valoir que l’ancien ministre avait orienté le marché vers des appareils fonctionnant sous Chrome OS, un système d’exploitation de Google, entreprise ayant investi près de 787 millions de dollars dans la holding de Gojek alors qu’il était encore actionnaire minoritaire de cette dernière. Le tribunal a considéré que cette proximité constituait un conflit d’intérêts et que l’ensemble du processus avait été « planifié, structuré et systématique ». Des médias internationaux, dont le South China Morning Post et Free Malaysia Today, rapportent que ce verdict pourrait ébranler la confiance des investisseurs étrangers, déjà échaudés par des incertitudes réglementaires et des interrogations sur la transparence des marchés en Indonésie. Des analystes basés à Jakarta relèvent que la condamnation d’une figure emblématique de la tech indonésienne, passée du secteur privé au gouvernement, est perçue par certains milieux d’affaires comme un signal préoccupant quant à la sécurité juridique des anciens dirigeants d’entreprise nommés à des postes publics.

Le tribunal a par ailleurs rejeté la demande du ministère public visant à confisquer 4 800 milliards de roupies supplémentaires au titre d’un enrichissement inexpliqué, tout en recommandant au parquet d’approfondir cette piste par le biais d’une enquête pour blanchiment d’argent. L’ancien ministre, qui a immédiatement fait savoir qu’il ferait appel, reste détenu. La procédure d’appel devrait s’ouvrir dans les prochaines semaines, tandis que la défense a annoncé un dépôt de plainte contre les juges majoritaires auprès de l’organe de surveillance de la magistrature.

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

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Presse d'Asie du Sud-EstPresse chinoise
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Un tribunal de Jakarta a condamné l'ancien ministre de l'Éducation Nadiem Makarim à 10 ans de prison pour corruption dans l'achat de Chromebooks. Un juge a émis une opinion dissidente, estimant que les preuves étaient insuffisantes et qu'il n'y avait pas d'intention criminelle. L'accusé, visiblement ému, a annoncé qu'il ferait appel, tandis que ses partisans conspuaient le parquet.

Presse chinoise/ Affaires
AlarmePragmatisme

La condamnation du cofondateur de Gojek à 10 ans de prison suscite des inquiétudes quant au climat d'investissement en Indonésie. Les observateurs préviennent que ce verdict pourrait ébranler la confiance des investisseurs et la sécurité juridique, en particulier dans les secteurs de la technologie et des marchés publics. L'affaire est perçue comme un test de l'engagement du pays en faveur d'un environnement des affaires stable.

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13 sources|3 langues|3 min de lecture
mardi 30 juin 2026

Indonésie : Nadiem Makarim, fondateur de Gojek, condamné à 10 ans de prison pour corruption

L’ancien ministre de l’Éducation a été reconnu coupable d’abus de pouvoir dans un marché d’ordinateurs portables, un verdict qui divise le monde judiciaire et pourrait affecter le climat des affaires.

Le tribunal anti-corruption de Jakarta a condamné, mardi 30 juin 2026, Nadiem Makarim à une peine de dix ans d’emprisonnement et à une amende d’un milliard de roupies (environ 56 000 dollars). L’ancien ministre de l’Éducation, de la Culture, de la Recherche et de la Technologie (2019-2024), également cofondateur de la plateforme de services Gojek, a été reconnu coupable d’avoir abusé de son autorité dans le cadre de l’acquisition de plus d’un million d’ordinateurs portables Chromebook et de licences Chrome Device Management entre 2020 et 2022. Selon les attendus du jugement, cette opération a causé un préjudice à l’État indonésien évalué à 1 560 milliards de roupies. Le tribunal a en outre ordonné le versement de dommages et intérêts d’un montant de 809 milliards de roupies, sous peine de cinq années de détention supplémentaires. La décision n’a toutefois pas été rendue à l’unanimité : le juge Andi Saputra a émis une opinion dissidente, estimant que les éléments de preuve n’établissaient ni intention criminelle ni enrichissement personnel, et que l’accusé aurait dû être acquitté.

Le parquet a salué un verdict « conforme à l’acte d’accusation et aux faits débattus à l’audience », rejetant les accusations de « criminalisation d’une politique publique » portées par la défense. Celle-ci, par la voix de l’avocat Ari Yusuf Amir, a dénoncé un jugement « créant un précédent dangereux pour les professionnels issus du secteur privé qui acceptent des fonctions ministérielles », et annoncé son intention de saisir la Commission judiciaire ainsi que d’interjeter appel. Nadiem Makarim a pour sa part qualifié la sentence de « fondée sur des faits qui défient la raison », affirmant que les juges majoritaires n’avaient pas osé croiser son regard, et a appelé à une mobilisation citoyenne en faveur de la vérité.

Au cœur de l’affaire, le parquet a fait valoir que l’ancien ministre avait orienté le marché vers des appareils fonctionnant sous Chrome OS, un système d’exploitation de Google, entreprise ayant investi près de 787 millions de dollars dans la holding de Gojek alors qu’il était encore actionnaire minoritaire de cette dernière. Le tribunal a considéré que cette proximité constituait un conflit d’intérêts et que l’ensemble du processus avait été « planifié, structuré et systématique ». Des médias internationaux, dont le South China Morning Post et Free Malaysia Today, rapportent que ce verdict pourrait ébranler la confiance des investisseurs étrangers, déjà échaudés par des incertitudes réglementaires et des interrogations sur la transparence des marchés en Indonésie. Des analystes basés à Jakarta relèvent que la condamnation d’une figure emblématique de la tech indonésienne, passée du secteur privé au gouvernement, est perçue par certains milieux d’affaires comme un signal préoccupant quant à la sécurité juridique des anciens dirigeants d’entreprise nommés à des postes publics.

Le tribunal a par ailleurs rejeté la demande du ministère public visant à confisquer 4 800 milliards de roupies supplémentaires au titre d’un enrichissement inexpliqué, tout en recommandant au parquet d’approfondir cette piste par le biais d’une enquête pour blanchiment d’argent. L’ancien ministre, qui a immédiatement fait savoir qu’il ferait appel, reste détenu. La procédure d’appel devrait s’ouvrir dans les prochaines semaines, tandis que la défense a annoncé un dépôt de plainte contre les juges majoritaires auprès de l’organe de surveillance de la magistrature.

Divergence des sources

Justice & Droit · 13 sources · 3 langues

15%Faible

À quel point les sources racontent les mêmes faits de manière différente.

Comment ils se divisent

Neutre92%
Critique8%

Comment la même histoire est racontée ailleurs.

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TonTempératureFocusPositionnementHorizon
Presse d'Asie du Sud-EstPresse chinoise
Presse d'Asie du Sud-Est
ScepticismeDétachement

Un tribunal de Jakarta a condamné l'ancien ministre de l'Éducation Nadiem Makarim à 10 ans de prison pour corruption dans l'achat de Chromebooks. Un juge a émis une opinion dissidente, estimant que les preuves étaient insuffisantes et qu'il n'y avait pas d'intention criminelle. L'accusé, visiblement ému, a annoncé qu'il ferait appel, tandis que ses partisans conspuaient le parquet.

Presse chinoise/ Affaires
AlarmePragmatisme

La condamnation du cofondateur de Gojek à 10 ans de prison suscite des inquiétudes quant au climat d'investissement en Indonésie. Les observateurs préviennent que ce verdict pourrait ébranler la confiance des investisseurs et la sécurité juridique, en particulier dans les secteurs de la technologie et des marchés publics. L'affaire est perçue comme un test de l'engagement du pays en faveur d'un environnement des affaires stable.

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