
Indonésie : le report des incitations électriques relance le projet de voiture nationale
Alors que Jakarta repousse une nouvelle fois ses subventions aux véhicules propres, le gouvernement évoque la préparation d’un modèle national, tandis que New Delhi et Brasília accélèrent leurs propres transitions réglementaires.
Le calendrier indonésien de soutien à la mobilité électrique connaît un nouveau décalage. Prévues pour juin, puis juillet, les incitations à l’achat de deux-roues et de voitures à batterie pourraient n’entrer en vigueur qu’en août 2026, selon les déclarations du ministre coordinateur des Affaires économiques, Airlangga Hartarto. Ce report, le second en quelques semaines, s’accompagne d’un changement de priorité : le gouvernement affirme travailler à la préparation d’une « voiture nationale », projet cher au président Prabowo Subianto, sans préciser dans quelle mesure ce chantier absorbe les ressources initialement destinées aux aides directes.
L’incertitude pèse sur l’industrie et les consommateurs. Le ministère de l’Industrie a publiquement demandé aux autres ministères de trancher rapidement, estimant que l’attente freine les décisions d’achat et fragilise la dynamique du secteur. Le dispositif en discussion prévoit une prise en charge partielle ou totale de la TVA pour 100 000 voitures électriques, modulée selon la teneur en nickel des batteries, et une subvention de 5 millions de roupies par moto électrique neuve, pour un volume équivalent. Parallèlement, les acteurs du financement soulignent que les seules infrastructures de recharge ne suffiront pas : des crédits accessibles, comme ceux proposés par Mandiri Utama Finance avec des taux débutant à 1,99 %, sont jugés indispensables pour élargir l’adoption au-delà des primo-accédants aisés.
Cette valse-hésitation indonésienne contraste avec les choix d’autres grandes capitales. À New Delhi, le gouvernement local a approuvé une politique ambitieuse dotée de 7 000 crores de roupies, qui interdira l’immatriculation de deux-roues thermiques neufs à compter d’avril 2028 et celle des triporteurs et camions légers dès janvier 2027. Les véhicules électriques y seront exonérés de taxe de circulation et de frais d’immatriculation, tandis que des primes à la casse viendront compléter les aides à l’achat. Au Brésil, la stratégie repose sur un levier douanier : la taxe d’importation sur les véhicules électriques et hybrides augmente ce 1er juillet, conformément à un calendrier qui doit la porter à 35 % pour tous les modèles, avec un quota exonéré réservé aux constructeurs en cours d’installation locale.
Au-delà des signaux politiques, l’adoption de la voiture électrique modifie en profondeur les habitudes de conduite. Des chercheurs de l’Institut technologique de Bandung observent que les utilisateurs sont contraints de planifier leurs trajets en fonction de l’autonomie et des points de charge, une transformation qui séduit davantage les jeunes générations, sensibles au climat et à l’écosystème numérique, tandis que les acheteurs plus âgés restent attachés à la fiabilité éprouvée du thermique. Avec seulement 4 778 bornes publiques actives fin 2025 pour plus de 350 000 véhicules électriques en circulation, le déploiement des infrastructures demeure le principal goulet d’étranglement.
La prochaine échéance à surveiller est la décision présidentielle indonésienne sur le paquet d’incitations, attendue avant la fin de l’été, alors que le gouvernement table sur un effet de relance de la consommation aux troisième et quatrième trimestres. L’arbitrage entre soutien immédiat au marché et ambition industrielle de long terme déterminera le rythme réel de l’électrification du parc automobile dans le plus grand pays d’Asie du Sud-Est.
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Les gouvernements d'Asie du Sud-Est reportent sans cesse les incitations pour les véhicules électriques, créant de l'incertitude pour l'industrie et les consommateurs. Alors que les infrastructures de recharge se développent, les responsables soulignent que des financements abordables et une production locale sont essentiels pour une adoption massive. L'ambition de développer une voiture électrique nationale prend désormais le pas sur le déploiement immédiat des subventions.
Les pays latino-américains augmentent les droits de douane sur les véhicules électriques, respectant un calendrier préétabli malgré les quotas industriels. Cette mesure protectionniste vise à encourager l'assemblage local, mais risque de rendre les voitures électriques plus chères pour les consommateurs à court terme.
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