
Ébola en RDC : l'OMS estime l'épidémie deux à quatre fois plus étendue que les données officielles
La transmission communautaire non tracée et l'extension à une quatrième province aggravent une crise déjà marquée par la défiance et l'insécurité.
L'épidémie de fièvre hémorragique Ébola qui frappe le nord-est de la République démocratique du Congo (RDC) depuis la mi-mai est probablement deux à quatre fois plus importante que ne l'indiquent les chiffres officiels, a averti l'Organisation mondiale de la santé (OMS). Selon son directeur des urgences, Chikwe Ihekweazu, environ 80 % des nouveaux cas confirmés dans la zone de Bunia, en Ituri, ne figurent sur aucune liste de contacts connus, signe d'une transmission communautaire intense et largement invisible. Alors que le bilan officiel atteint 1 830 cas et 648 décès, le virus a gagné une quatrième province, le Haut-Uele, où sept cas mortels ont été recensés dans la zone de santé de Wamba.
Cette dynamique s'explique en partie par les caractéristiques de la souche Bundibugyo, qui provoquerait des symptômes plus modérés que d'autres variants, réduisant la perception du risque au sein des communautés. Des familles gardent les malades à domicile, retardant la prise en charge et favorisant la propagation. Une analyse des 400 premiers décès montre que 70 % sont survenus hors des centres de traitement. À Bunia, ville d'un million d'habitants, un test sur deux se révèle positif, reflet d'une circulation active. La défiance persiste : 112 soignants ont été infectés, 35 sont morts, et les attaques contre les équipes sanitaires compliquent la riposte.
Face à cette urgence, la réponse internationale s'organise. L'ONG Médecins sans frontières a ouvert un centre de simulation à Nairobi pour préparer le personnel aux conditions extrêmes du terrain, en insistant sur l'engagement communautaire et le port des équipements de protection. Les donateurs ont promis 910 millions de dollars pour la RDC et l'Ouganda voisin, où vingt cas ont été confirmés. Parallèlement, un humanitaire américain a été contaminé, mobilisant les Centres de contrôle et de prévention des maladies (CDC) des États-Unis. Cette crise éclate dans une région déjà éprouvée : le Nigeria fait face à une flambée de choléra dans l'État de Borno, aggravée par l'insécurité liée aux groupes djihadistes, ainsi qu'à une recrudescence de la fièvre de Lassa (66 cas, 7 décès en trois semaines). Au Ghana, la prévalence du VIH parmi les homosexuels atteint 26 %, poussant les autorités à distribuer une prophylaxie pré-exposition.
Pour tenter de reprendre le contrôle, les autorités congolaises ont lancé la formation de 21 000 agents de santé communautaires chargés de visites porte-à-porte afin de détecter les cas suspects et d'orienter les malades. Le succès de cette stratégie de surveillance de proximité, dans un contexte de mobilité des populations et de présence de groupes armés, déterminera la capacité à briser les chaînes de transmission dans les semaines à venir.
| Presse européenne continentale | −0.60 | critical |
|---|---|---|
| Presse du Golfe arabe | 0.00 | neutral |
| Presse africaine subsaharienne | −0.20 | neutral |
L'épidémie est hors de contrôle et le gouvernement n'en fait pas assez; les travailleurs de terrain sont les vrais témoins.
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