
Afrique du Sud : évacuations massives avant l’ultimatum anti-immigrés du 30 juin
Plusieurs États africains rapatrient en urgence leurs ressortissants face à la montée des violences xénophobes et à l’approche de manifestations nationales contre les sans-papiers.
À la veille de la date butoir du 30 juin fixée par des groupes anti-immigrés, une vague d’évacuations de ressortissants africains s’accélère depuis l’Afrique du Sud. L’Ouganda a annoncé le rapatriement de 746 citoyens après la mort de l’un d’eux dans la province du KwaZulu-Natal, tandis que le Nigeria a déjà affrété plusieurs vols — plus de 300 personnes sont rentrées, et un nouvel appareil d’Air Peace est attendu mardi à Lagos. Le Malawi, qui a enregistré plus de 15 000 demandes de départ, le Zimbabwe, le Mozambique, le Ghana et le Kenya ont également lancé des opérations de retrait, souvent avec l’aide du secteur privé ou de fondations. Selon les autorités sud-africaines, les forces de sécurité sont déployées en nombre pour prévenir de nouveaux débordements, alors que des milliers de migrants trouvent refuge dans des églises, des écoles ou des camps de fortune.
Le président Cyril Ramaphosa a mis en garde contre toute dérive violente, rappelant que « le droit de manifester ne permet pas de menacer ou d’intimider autrui » et que les lois sur l’immigration relèvent de la seule compétence de l’État. Tout en reconnaissant les préoccupations légitimes liées à l’immigration clandestine, il a rejeté le vigilantisme et souligné que de nombreux étrangers résident légalement et contribuent à l’économie. Du côté des organisateurs, le mouvement March and March affirme ne pas appeler à la violence mais décline toute responsabilité en cas d’incidents. D’autres formations, comme United South Africa, imputent aux migrants la pression sur les services publics, le chômage et la criminalité — un discours qui, d’après plusieurs enquêtes d’opinion menées en Afrique australe, rencontre un écho croissant dans la population.
Les données disponibles nuancent toutefois ce récit. L’office national de statistiques évalue à 3,1 millions le nombre de migrants, soit environ 4,1 % de la population, une proportion en baisse depuis dix ans et inférieure à celle de nombreux pays industrialisés. Les chiffres pénitentiaires indiquent que les étrangers représentent environ 6 % des détenus, principalement pour des infractions liées au séjour. Selon des travaux de la Banque mondiale et de chercheurs de l’Université de Johannesburg, chaque migrant employé génère en moyenne deux emplois pour les Sud-Africains via la consommation et l’activité économique. Les difficultés des hôpitaux et des écoles sont davantage attribuées, par les économistes de la région, à un sous-investissement chronique et à la corruption qu’à la présence de sans-papiers, lesquels évitent souvent ces services par crainte d’être signalés.
Les évacuations se poursuivent alors que l’ultimatum expire ce mardi. Le gouvernement sud-africain s’est engagé à faire respecter l’ordre tout en annonçant des réformes du système d’asile et des contrôles aux frontières. La situation demeure tendue, et plusieurs capitales africaines suivent de près l’évolution des manifestations, tandis que les organisations régionales n’ont pour l’heure pas annoncé de médiation formelle.
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L'inquiétude monte face aux violences xénophobes en Afrique du Sud, plusieurs États africains engageant une course contre la montre pour évacuer des milliers de leurs ressortissants avant les manifestations du 30 juin. La tension est extrême dans les banlieues de Durban et de Johannesburg et l'on compte déjà des victimes parmi les immigrés, tandis que le gouvernement sud-africain peine à rassurer. L'ombre des pogroms passés fait de la machine de rapatriement d'urgence la seule réponse envisageable.
Les gouvernements du Ghana, du Nigeria, du Malawi et du Zimbabwe organisent des vols de rapatriement et déplacent des centaines de leurs ressortissants vers des lieux sûrs avant les manifestations anti-immigrés du 30 juin. Les opérations, coordonnées avec les missions diplomatiques, visent à mettre les citoyens à l'abri d'éventuelles violences, tandis que le président Ramaphosa prévient que tout acte criminel sera poursuivi. L'approche est pragmatique, centrée sur la protection de ses propres nationaux, avec des chiffres précis et des mises à jour continues sur les vols.
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