
L'Iran annonce le déblocage de 6 milliards de dollars au Qatar, Washington dément
Téhéran affirme que la moitié des fonds gelés sera restituée, mais les États-Unis et Doha n'ont pas confirmé, alors que les pourparlers techniques restent incertains après des frappes ce week-end.
Le président iranien Massoud Pezeshkian a déclaré lundi que 6 milliards de dollars d’avoirs iraniens gelés au Qatar seraient restitués à Téhéran, une annonce aussitôt contredite par des responsables américains. Selon l’agence de presse officielle IRNA, M. Pezeshkian a précisé que cette somme représente la moitié des 12 milliards de dollars de fonds iraniens bloqués dans l’émirat, et que des démarches sont en cours pour le retour du solde. Il a également affirmé que les sanctions pétrolières et pétrochimiques visant l’Iran avaient été levées dans le cadre de l’accord intérimaire signé ce mois-ci avec les États-Unis, qualifiant cet ensemble de « grande victoire pour le peuple iranien ».
Du côté américain, l’administration Trump maintient qu’aucun avoir iranien n’a été dégelé. Le président Donald Trump avait auparavant qualifié de « fausses nouvelles » les informations de la presse iranienne sur un éventuel déblocage, et un haut responsable a indiqué dimanche que « rien n’a été annulé » concernant les discussions techniques prévues. Le Qatar, qui joue un rôle de médiateur aux côtés du Pakistan, n’a pas confirmé de transfert de fonds. Selon des sources proches des négociations citées par Reuters, des équipes techniques iraniennes et américaines doivent se rencontrer à Doha dans les prochains jours, mais le vice-ministre iranien des Affaires étrangères, Kazem Gharibabadi, a démenti toute réunion programmée cette semaine, tandis qu’Islamabad évoque une reprise des pourparlers mardi.
Ces déclarations contradictoires interviennent après un week-end d’escalade militaire. L’Iran a lancé des missiles et des drones contre des sites militaires américains au Koweït et à Bahreïn, en représailles à des frappes américaines qui, selon Téhéran, violaient le cessez-le-feu intérimaire. Les deux parties se sont accusées mutuellement d’avoir rompu la trêve. D’après des responsables américains, un accord a été trouvé dimanche pour cesser les hostilités et permettre la libre circulation des navires dans le détroit d’Ormuz, point de passage d’un cinquième du pétrole mondial, dont la fermeture prolongée avait fait grimper les cours du brut au-dessus de 100 dollars le baril, affectant les économies européennes.
Le mémorandum d’entente en quatorze points, conclu le 17 juin sous l’égide du Qatar et du Pakistan, prévoit une cessation des hostilités et l’ouverture de négociations approfondies sur le programme nucléaire iranien et la levée des sanctions. Téhéran insiste sur le retour des avoirs gelés comme condition préalable à la mise en œuvre de l’accord, tandis que Washington lie toute concession à des vérifications sur le terrain. Les discussions techniques, si elles se tiennent, devraient porter sur les modalités de mise en œuvre de ce cadre, mais le flou entretenu par les deux capitales sur le calendrier et le contenu exact des engagements maintient le dossier dans une incertitude que les médiateurs régionaux s’efforcent de réduire.
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Les médias d'État iraniens célèbrent l'accord intérimaire comme une grande victoire diplomatique, annonçant le déblocage de 6 milliards de dollars d'avoirs gelés via le Qatar. L'accord est présenté comme un 'grand triomphe' qui lève les sanctions sur le pétrole et la pétrochimie, avec des démarches en cours pour les fonds restants. Le récit met en avant le succès du régime à obtenir un allègement économique par la négociation.
Les médias israéliens axés sur la sécurité soulignent les menaces iraniennes de boycotter les pourparlers techniques et les conditions non remplies du mémorandum, présentant le déblocage des avoirs comme une concession dangereuse. Les articles relèvent que les fonds sont dégelés malgré les récentes attaques dans le Golfe, suscitant l'inquiétude quant à l'utilisation possible de cet argent par Téhéran. Le récit met en doute la solidité de l'accord et alerte sur une agressivité iranienne enhardie.
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