
Quand les capitales redessinent leurs dépendances : le pragmatisme chinois à l'assaut de l'Europe et de l'Afrique
Divisions européennes, partenariats africains et réflexions pédagogiques illustrent les nouveaux visages de l'influence chinoise.
Le 18 juin, lors du Conseil européen, le premier ministre espagnol Pedro Sánchez s'est opposé à toute nouvelle mesure de défense commerciale contre la Chine, qualifiant celle-ci de « partenaire potentiel ». Ce blocage, rapporté par les médias italiens, est intervenu alors que les Vingt-Sept débattaient d'un déficit commercial quotidien d'un milliard d'euros avec Pékin. Au même moment, le constructeur chinois BYD annonçait privilégier le rachat d'usines existantes pour sa deuxième implantation européenne, tandis que le Kenya expédiait des avocats vers le marché chinois, bénéficiant de l'accès en franchise de droits étendu par Pékin à la plupart des économies africaines.
Cette convergence d'événements révèle une fragmentation des stratégies face à l'expansion chinoise. Les institutions européennes, selon des analyses asiatiques, reconnaissent l'échec de leurs instruments – enquêtes anti-subventions, droits de douane, restrictions d'accès aux marchés publics – à réduire la dépendance ou le déficit. Pendant que Bruxelles hésite à trancher entre « rival systémique » et partenaire, Madrid a attiré des investissements records, notamment dans les batteries (gigafactory CATL-Stellantis en Aragon), supplantant la Hongrie comme interlocuteur privilégié. Les milieux africains, de leur côté, voient dans la Chine un partenaire offrant des débouchés tangibles, comme l'ont souligné les responsables de la CEDEAO lors du forum Nigeria-UE, positionnant Lagos comme plateforme pour 1,4 milliard de consommateurs.
Le prochain sommet du G7 à Évian-les-Bains abordera la résilience économique et la coopération mondiale. Mais ces discussions, note un journaliste ghanéen, risquent de rester déconnectées des réalités vécues par les marchands d'Accra ou les jeunes diplômés de Bombay. Ces derniers, rapporte un texte indien, sont invités à repenser le progrès au-delà du PIB, intégrant bien-être et équité sociale – des critères qui pèsent aussi dans les choix de partenariat économique des nations africaines.
Les prochaines étapes dépendront des négociations au G7, de la mise en œuvre des projets industriels chinois en Europe et en Afrique, et de l'attitude des États-Unis sur le commerce. Sans indicateurs partagés de succès, la « réduction des risques » risque de rester une formule creuse.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
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L'Espagne, par ses accords bilatéraux, agit comme un pied-de-biche qui ouvre la porte de l'UE à la Chine, sapant la stratégie commune européenne. Des millions d'investissements chinois dans des secteurs stratégiques espagnols aggravent le déficit commercial et creusent les divisions entre États membres. L'attitude de Madrid risque d'affaiblir la position de négociation de l'Europe.
L'UE reproche à la Chine son déficit commercial, mais les vrais problèmes résident dans ses propres déséquilibres macroéconomiques internes. Pékin se présente comme un partenaire fiable, ouvert au dialogue constructif, tandis que Bruxelles cherche des boucs émissaires. L'approche de Madrid reflète un choix pragmatique que d'autres pays européens pourraient suivre.
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