
Après la guerre éclair au Moyen-Orient, l’Iran cherche à rétablir ses liaisons aériennes et pétrolières
La reprise progressive des vols vers les Émirats et la Russie, conjuguée à des rabais sur le brut destiné à l’Inde, illustre la volonté de Téhéran de normaliser ses échanges après le conflit.
L’arrêt des combats au Moyen-Orient, à la suite du bref conflit de juin 2025, entraîne un redéploiement fragile mais réel des réseaux aériens et pétroliers de la région. Le 28 juin, la compagnie iranienne Pouya Air a relancé ses rotations régulières entre Rechit et Astrakhan, interrompues depuis le déclenchement de la guerre. Les autorités iraniennes invoquent une demande passagère soutenue, tandis que Moscou, par la voix d’Aeroflot, a déjà repris ses dessertes quotidiennes entre la capitale russe et Dubaï depuis le 1er juin. Le dégel se confirme sur l’axe Téhéran-Dubaï : après des négociations entre les autorités de l’aviation civile des deux pays, les premiers vols directs des transporteurs iraniens doivent reprendre cette semaine, suivis par ceux des compagnies émiraties dans les prochains jours. Air India, qui avait réduit ses vols long-courriers en raison des restrictions d’espace aérien et du prix élevé du kérosène, examine désormais un rétablissement partiel de son programme, tandis que Lufthansa, dont des représentants ont visité l’Iran, envisage une reprise hivernale si la stabilité politique perdure.
Ces ajustements dessinent une géographie économique encore marquée par les séquelles du conflit. Les tarifs des billets entre l’Iran et les Émirats oscillent entre 20 et 48 millions de tomans, un niveau dissuasif pour de nombreux voyageurs iraniens. En Europe, les compagnies restent prudentes : aucune décision de retour massif n’a été annoncée, et Bruxelles continue d’observer l’évolution sécuritaire à Téhéran. La normalisation n’en est donc qu’à ses débuts, et dépendra de la consolidation du cessez-le-feu.
Simultanément, la donne pétrolière évolue. Le baril de Brent est retombé sous les 72 dollars, prix qui prévalait avant l’embrasement. La Chine, seul acheteur régulier du brut iranien, aurait réduit ses importations de plus de 40 % pendant la crise, plafonnant à 1,1 million de barils par jour selon des données de Kepler. Pour compenser, l’Iran propose aux raffineurs indiens une décote de 3 à 4 dollars par baril, profitant d’une exemption américaine de 60 jours accordée après l’accord de paix. Les volumes restent toutefois limités : les raffineries indiennes ont déjà couvert leurs besoins jusqu’à fin août et leurs fournisseurs traditionnels du Golfe les rappellent à leurs engagements annuels. Le précédent de la guerre de 39 jours, durant lequel l’Inde avait réglé deux cargaisons en yuans chinois, illustre la complexité des circuits financiers impliquant Téhéran.
L’horizon immédiat dépendra de la pérennité du calme régional. La prochaine étape sera l’arrivée, annoncée pour la semaine prochaine, des premières rotations des transporteurs des Émirats vers l’Iran, suivie de la décision de Lufthansa attendue pour l’automne. Côté pétrolier, l’attention se portera sur la concrétisation des ventes à l’Inde et sur la réaction de Washington à une éventuelle reconduction des exemptions.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
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La reprise de la liaison Téhéran-Dubayy constitue une réussite diplomatique, rétablissant la normalité dans le transport aérien. Les compagnies iraniennes relancent progressivement leurs services internationaux, les ventes de billets ayant déjà démarré, signe d'un retour aux affaires et au tourisme.
Confronté à la chute des prix du pétrole et à la baisse de la demande chinoise, l'Iran propose des rabais importants pour attirer les acheteurs indiens. Des intermédiaires à Dubaï et à Singapour facilitent ces transactions sous une dérogation temporaire américaine, illustrant la tentative désespérée de maintenir les exportations.
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