
Royaume-Uni : les demandeurs d’asile devront rembourser 10 000 livres pour leur hébergement
Le gouvernement britannique conditionne l’obtention du statut de résident permanent au remboursement des frais d’accueil, une mesure dénoncée par les associations et dont la viabilité financière est mise en doute.
Le gouvernement britannique a annoncé lundi que les adultes ayant obtenu l’asile devront rembourser environ 10 000 livres sterling (près de 13 000 dollars) pour les frais d’hébergement et de subsistance engagés par l’État pendant l’examen de leur dossier. Cette obligation, inscrite dans le projet de loi sur l’immigration et l’asile présenté mardi au Parlement, s’appliquera dès que les réfugiés commenceront à percevoir des revenus suffisants, et devra être honorée avant toute demande de résidence permanente. La ministre de l’Intérieur, Shabana Mahmood, a justifié cette mesure en déclarant que « recevoir l’aide à l’asile est un droit, mais aussi une responsabilité », et que les bénéficiaires devront « rembourser la générosité du peuple britannique » une fois en capacité de le faire.
Les organisations de défense des réfugiés ont vivement réagi. Le Conseil britannique pour les réfugiés (Refugee Council) a qualifié ce projet d’« impôt supplémentaire sur les réfugiés », estimant qu’il entraverait la reconstruction des familles. La Fondation Helen Bamber a dénoncé une « cruauté performative » qui alourdit la dette de personnes vulnérables, y compris des survivants de torture, au moment même où elles tentent de s’intégrer. Ces critiques rappellent que l’interdiction de travailler imposée aux demandeurs d’asile pendant l’instruction de leur dossier les contraint à dépendre de l’aide publique, créant ainsi un cycle d’endettement. Du côté de la recherche, l’Observatoire des migrations de l’Université d’Oxford a souligné que seuls 13 % des réfugiés obtenant le statut cinq ans plus tôt gagnaient au moins 20 000 livres en 2023, ce qui limite fortement les sommes que l’État pourra effectivement recouvrer.
Sur le plan politique, l’opposition conservatrice a revendiqué la paternité de cette mesure, affirmant que le Labour l’avait bloquée lorsqu’elle était dans l’opposition. Le gouvernement travailliste, confronté à la montée du parti Reform UK de Nigel Farage, multiplie les signaux de fermeté migratoire. Le projet de loi prévoit également un statut de réfugié temporaire, révisable tous les trente mois, et l’ouverture de nouvelles voies d’accueil légales inspirées du modèle canadien. Dans la presse russe, l’annonce est présentée comme un moyen pour l’État de « gagner de l’argent sur les migrants », mise en perspective avec les récentes émeutes xénophobes qui ont secoué le pays.
Le texte doit désormais être débattu à Westminster, où certains députés travaillistes pourraient s’opposer aux dispositions les plus strictes. Les seuils de revenus et les modalités de remboursement restent à définir par le ministère de l’Intérieur, qui promet des garde-fous contre la précarisation. Le débat intervient alors que le coût annuel de l’hébergement des demandeurs d’asile a atteint 4 milliards de livres, et que le gouvernement cherche à réduire l’attractivité des traversées illégales de la Manche.
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Le projet du gouvernement britannique de facturer 10 000 livres aux demandeurs d'asile pour leur hébergement est dénoncé comme une cruauté performative qui endettera des personnes vulnérables. Les critiques affirment qu'il crée un système à deux vitesses et entrave l'intégration, tandis que le ministère de l'Intérieur le justifie par la réduction de la charge pesant sur les contribuables.
Les nouvelles règles d'asile britanniques obligeront les réfugiés à rembourser environ 10 000 livres pour l'hébergement avant de pouvoir s'installer. Présentée comme un moyen de dissuader la migration irrégulière, cette mesure suscite des inquiétudes quant à la pression financière sur les personnes fuyant les persécutions.
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