
Réformes universitaires aux États-Unis et en Australie : entre rentabilité des diplômes et lutte contre l’antisémitisme
De nouvelles règles américaines conditionnent les prêts étudiants aux revenus des diplômés, tandis que l’Australie plafonne les inscriptions et renforce la lutte contre l’antisémitisme dans les universités.
Le département américain de l’Éducation a annoncé, lundi 29 juin, la finalisation d’une règle liant l’accès des établissements d’enseignement supérieur aux prêts fédéraux au potentiel de revenus de leurs diplômés. Selon le texte, qui sera publié le 1er juillet, les programmes de premier cycle devront démontrer que leurs anciens étudiants gagnent plus qu’un titulaire d’un diplôme d’études secondaires, et les cycles supérieurs plus qu’un détenteur de licence. Un programme ne satisfaisant pas à ce critère deux années sur trois perdra son éligibilité aux prêts directs fédéraux ; après trois années consécutives de non-conformité, l’ensemble des aides du Titre IV, y compris les bourses Pell, pourra être retiré. Cette décision s’inscrit dans un contexte de fortes tensions entre l’administration Trump et le monde universitaire, Washington ayant par ailleurs tenté de geler des fonds fédéraux en raison de manifestations pro-palestiniennes qualifiées d’antisémites par la Maison Blanche, une lecture contestée par plusieurs organisations juives et de défense des droits civiques.
Parallèlement, une bataille juridique distincte a contraint le même département à modifier temporairement la définition des « programmes professionnels » ouvrant droit à des plafonds d’emprunt plus élevés. Un juge fédéral de Washington a bloqué une partie de la règle qui excluait les formations en soins infirmiers, kinésithérapie ou orthophonie de cette catégorie, la jugeant « malavisée ». En conséquence, vingt-neuf diplômes, dont ceux de pratique infirmière avancée, bénéficient désormais d’un plafond de 200 000 dollars, contre 100 000 pour les autres cycles supérieurs. Le département a indiqué qu’il continuerait à défendre sa définition initiale devant les tribunaux, tout en se conformant à l’injonction.
En Australie, le gouvernement fédéral a déposé au Parlement un projet de réforme instaurant un plafonnement strict des inscriptions d’étudiants nationaux, négocié avec une nouvelle Commission australienne de l’enseignement supérieur (ATEC). Le ministre de l’Éducation, Jason Clare, a justifié cette « croissance maîtrisée » par la nécessité de freiner une concurrence qualifiée de « Hunger Games » entre universités et de mieux répartir les effectifs vers les campus régionaux et de banlieue. Les établissements qui dépasseraient leur plafond se verraient confisquer l’intégralité des revenus de contribution étudiante perçus sur les places excédentaires. L’opposition conservatrice a dénoncé un « modèle de planification centrale », tandis que les universités du Groupe des Huit, les plus prestigieuses, ont exprimé leur crainte de voir le choix des étudiants limité.
Ces réformes s’accompagnent, toujours en Australie, d’un volet consacré à la lutte contre l’antisémitisme dans l’éducation. Un groupe de travail intergouvernemental a publié un rapport d’étape préconisant que les universités démontrent les actions engagées contre l’antisémitisme sous peine de perdre leur accréditation pour les financements publics, une exigence qui entrera en vigueur le 15 juillet. Un portail de ressources sur la cohésion sociale, doté de 6 millions de dollars sur cinq ans, a également été lancé à destination des écoles, avec une forte proportion de contenus consacrés à l’antisémitisme. La porte-parole des Verts pour l’éducation, Mehreen Faruqi, a critiqué une « hiérarchie des racismes », soulignant que seules deux ressources portaient sur l’islamophobie et une sur la haine envers les Premières Nations. Le rapport final du groupe de travail est attendu en décembre, tandis que la règle américaine sur les revenus entrera en vigueur progressivement, la première année de responsabilisation étant fixée à 2027.
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Aux États-Unis, un juge fédéral a bloqué une partie d'une règle de l'ère Trump qui limitait les prêts étudiants pour les soins infirmiers et d'autres professions de santé, rétablissant des plafonds d'emprunt plus élevés. Pendant ce temps, l'Australie propose de plafonner les inscriptions dans les universités les plus demandées et de rediriger les étudiants vers des campus régionaux, avec pour objectif de doubler le nombre de travailleurs formés à l'université et de réduire la pression sur les grands établissements. Les réformes lient le financement aux revenus futurs des diplômés et visent à aligner la formation sur les besoins locaux.
L'administration Trump finalise une règle qui lie l'accès aux prêts étudiants fédéraux pour les universités aux revenus futurs de leurs diplômés. Les programmes devront démontrer que leurs diplômés gagnent plus que ceux ayant un niveau d'éducation inférieur, sous peine de perdre leur éligibilité aux prêts. Cette mesure s'inscrit dans une volonté plus large de responsabiliser l'enseignement supérieur sur les résultats financiers.
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