
Yen au plus bas depuis 40 ans : Tokyo et Washington affirment leur coordination monétaire
La devise japonaise a frôlé lundi son record de faiblesse de 1986, poussée par l'écart de taux et la guerre Iran-États-Unis, tandis que Tokyo et Washington réaffirmaient leur entente sur des mesures « décisives ».
Le yen a touché 161,93 pour un dollar dans la soirée du 22 juin, à un cheveu du seuil de 161,96 qui, s'il était franchi, ramènerait la devise à son plus bas niveau depuis décembre 1986. Ce nouveau pic de faiblesse a immédiatement ravivé les anticipations d'intervention sur le marché des changes, provoquant un reflux temporaire autour de 161 yens dans la matinée du 23 juin.
La pression vendeuse s'alimente à deux sources principales. D'une part, l'écart de taux d'intérêt entre la Banque du Japon — qui a relevé son taux directeur la semaine dernière sans convaincre de sa capacité à resserrer rapidement — et la Réserve fédérale américaine, que les marchés jugent susceptible de procéder à de nouvelles hausses cette année, entretient un carry trade massif. D'autre part, la flambée des cours du pétrole provoquée par la guerre entre les États-Unis et l'Iran alourdit la facture énergétique japonaise et creuse le déficit commercial, accentuant la dépréciation du yen.
La ministre japonaise des Finances, Satsuki Katayama, a révélé mardi s'être entretenue la veille avec le secrétaire au Trésor américain, Scott Bessent. À l'issue de cet échange d'une heure, elle a déclaré que les deux pays « ont fermement convenu de prendre des mesures décisives chaque fois que nécessaire », un langage qui, selon des opérateurs new-yorkais, abaisse le seuil d'une intervention coordonnée. Tokyo a déjà mobilisé un montant record de 11 700 milliards de yens (environ 72 milliards de dollars) en interventions entre avril et mai, mais l'effet de ces opérations s'estompe, et la devise reste sous pression.
Présentée comme un suivi du sommet du G7 d'Évian, la réunion a également porté sur la situation dans le détroit d'Ormuz et sur une coopération renforcée en matière d'intelligence artificielle. Le marché surveille désormais le franchissement éventuel des 161,96 yens pour un dollar, niveau qui marquerait un plus bas de quatre décennies et pourrait déclencher une nouvelle phase de volatilité.
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Tokyo et Washington ont un accord inébranlable pour prendre des mesures décisives sur les marchés des changes chaque fois que nécessaire. Après la réunion en ligne des ministres des finances, le yen s'est rapidement renforcé depuis son plus bas niveau en près de 40 ans, certains opérateurs soupçonnant une intervention. Les vues des deux pays sont très proches, signalant une coordination prête à agir.
L'appel entre la ministre des finances japonaise et le secrétaire au Trésor américain n'a donné qu'un bref répit au yen, qui reste proche de son plus bas niveau en quatre décennies. Les analystes préviennent que le Japon est à court d'options pour soutenir sa monnaie, car l'intervention seule pourrait ne pas inverser les pressions sous-jacentes liées aux écarts de taux d'intérêt et aux tensions géopolitiques.
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