
Moscou se dit prête à négocier, mais réitère ses exigences maximalistes
Vladimir Poutine a invoqué les accords d'Istanbul de 2022, le sommet d'Anchorage de 2025 et les « réalités sur le terrain » comme bases de pourparlers, des conditions déjà rejetées par Kiev et les capitales occidentales.
Le 23 juin, lors d'une réunion gouvernementale, le président russe Vladimir Poutine a déclaré que la Russie était disposée à reprendre des négociations de paix avec l'Ukraine. Il a précisé que ces pourparlers devraient s'appuyer sur le projet d'accord paraphé à Istanbul en mars 2022, sur les « modalités » discutées lors du sommet russo-américain d'Anchorage en août 2025, ainsi que sur les « réalités sur le terrain » et les principes énoncés dans son discours au ministère des Affaires étrangères en juin 2024. M. Poutine a souligné que le document d'Istanbul avait été paraphé par la délégation ukrainienne, signe selon lui qu'il convenait alors à Kiev, et qu'il ne voyait « aucune raison » pour Moscou de s'en écarter.
Cette position, présentée comme une ouverture, réactive en réalité un ensemble de revendications que les capitales occidentales et les autorités ukrainiennes ont déjà qualifiées d'inacceptables. Le cadre d'Istanbul, jamais finalisé, prévoyait un statut de neutralité permanente pour l'Ukraine et son renoncement à l'adhésion à l'OTAN. Les « modalités d'Anchorage », telles que rapportées par l'agence Reuters, impliqueraient le passage de l'ensemble du Donbass sous contrôle russe et un gel de la ligne de front dans les oblasts de Zaporijjia et de Kherson. Quant au discours de 2024, il exige le retrait complet des forces ukrainiennes des quatre régions revendiquées par Moscou dans leurs frontières administratives, ainsi que la reconnaissance internationale de leur annexion. Des médias indépendants russes observent que la juxtaposition de ces trois bases revient à reformuler les exigences maximalistes constantes du Kremlin depuis 2022, en dépit d'une déclaration contradictoire du porte-parole Dmitri Peskov qui, en mars dernier, affirmait que les accords d'Istanbul n'étaient plus d'actualité en raison de l'évolution de la « réalité ».
Côté ukrainien et européen, ces conditions demeurent un point de blocage. Kiev a toujours justifié son retrait des négociations d'Istanbul par l'absence de garanties de sécurité crédibles de la part des pays occidentaux et par une défiance persistante envers Moscou, imputant également l'échec des pourparlers à l'influence de l'ancien premier ministre britannique Boris Johnson – une version que ce dernier a qualifiée de « pure invention ». Plus récemment, une déclaration conjointe des dirigeants français, britannique et allemand en faveur d'un cessez-le-feu sur la ligne de front actuelle a été rejetée par le ministre russe des Affaires étrangères, Sergueï Lavrov, qui y a vu une « exigence de capitulation ». Selon des sources proches des chancelleries occidentales, l'écart entre les points de départ respectifs reste donc abyssal, Moscou continuant de lier toute trêve à des gains territoriaux que ni l'Ukraine ni ses alliés ne sont disposés à entériner.
Sur le plan diplomatique, le dossier reste dans l'impasse. Les derniers échanges connus, menés sous médiation américaine à Abou Dhabi en février, n'ont pas abouti à une percée. La Turquie s'est dite prête à accueillir de nouvelles discussions, mais aucune échéance concrète n'a été annoncée. Dans l'immédiat, la déclaration de M. Poutine semble surtout destinée à projeter l'image d'une Russie ouverte au dialogue, tout en réaffirmant des objectifs de guerre que les réalités militaires sur le front – où l'armée russe revendique des avancées quotidiennes – sont censées, selon Moscou, rendre incontournables.
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Moscou se dit prête à négocier sur la base des accords d'Istanbul déjà paraphés par Kiev, complétés par les modalités discutées à Anchorage et par les réalités du terrain. Les tentatives de Kiev de projeter une position de force sont balayées comme une mise en scène, tandis que l'on souligne l'avancée quotidienne des forces russes. Le Kremlin ne voit aucune raison de s'écarter d'ententes que la délégation ukrainienne elle-même avait jugées acceptables.
Le président russe Poutine a déclaré que Moscou est prête à négocier avec l'Ukraine sur la base des accords d'Istanbul. L'information est relayée de manière concise, sans commentaire ni analyse supplémentaire.
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