
Trump ordonne une enquête sur les prix de l’essence, entre pression électorale et réalités du raffinage
Le président américain accuse les compagnies pétrolières de ne pas répercuter la chute du brut, dans un contexte de détente précaire avec l’Iran et à l’approche des élections de mi-mandat.
Le président des États-Unis, Donald Trump, a annoncé mercredi 24 juin avoir ordonné au département de la Justice (DOJ) d’ouvrir une enquête sur les grandes compagnies pétrolières, accusées de « gouging » – une forme de spéculation abusive – en ne répercutant pas intégralement la baisse des cours du brut sur les prix à la pompe. Selon les données de GasBuddy, le gallon d’essence ordinaire s’établissait à 3,906 dollars en moyenne nationale, en recul de plus de 14 % par rapport au pic de mai, mais encore très au-dessus des 2,764 dollars de janvier, avant le conflit avec l’Iran. Dans le même temps, le brut américain a chuté d’environ 40 % depuis son sommet de mars, et de 23 % depuis mai, à la faveur de l’accord intérimaire entre Washington et Téhéran et de la réouverture du détroit d’Ormuz.
La Maison-Blanche comme le DOJ n’ont pas commenté la directive présidentielle, et aucune compagnie n’a été nommément visée. Du côté des milieux pétroliers américains, le silence prévaut, mais plusieurs analystes rappellent que le prix de l’essence ne dépend pas seulement du brut : les coûts de raffinage, de transport, les taxes et les conditions régionales de marché jouent un rôle déterminant. Un éditorialiste de Bloomberg, Javier Blas, a ironisé sur le fait que Trump venait de « découvrir la marge de raffinage (et de marketing) ». En Europe, où des débats similaires sur le décalage entre cours du brut et prix à la pompe ressurgissent périodiquement, les observateurs soulignent que la transmission prend généralement plusieurs semaines et que le retour aux niveaux d’avant-guerre pourrait nécessiter des mois, comme l’a indiqué le responsable de l’analyse pétrolière de GasBuddy.
La colère présidentielle s’inscrit dans un calendrier politique serré. Les élections de mi-mandat de novembre approchent, et les consommateurs américains restent préoccupés par le coût des carburants, qui avait dépassé 4,50 dollars le gallon en mai, alimentant l’inflation. La presse iranienne, citée par Donya-e Eqtesad, présente l’initiative de Trump comme un aveu de l’échec de sa propre « agression illégale » contre l’Iran, qui a provoqué la flambée des prix. De fait, le mécontentement populaire aux États-Unis s’est aussi exprimé contre les dépenses militaires engagées dans la guerre au Moyen-Orient, accusées d’avoir aggravé la situation économique.
L’accord intérimaire américano-iranien, qui prévoit une levée partielle des sanctions pétrolières contre Téhéran et la libre circulation dans le détroit d’Ormuz, a certes détendu les marchés, mais des incertitudes persistent. Les négociations sur le programme nucléaire iranien restent dans l’impasse, et des voix divergentes entre responsables américains et iraniens entretiennent une volatilité latente. Par ailleurs, le rétablissement complet du trafic maritime dans le détroit pourrait prendre plusieurs semaines, selon l’armateur japonais Mitsui O.S.K. Lines. Dans l’immédiat, aucune enquête formelle du DOJ n’a été confirmée, et le dossier demeure au stade d’une instruction politique, dont les suites dépendront autant de l’évolution des prix que de la pression de l’opinion.
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Le président Trump a ordonné une enquête fédérale sur les prix de l'essence, accusant les grandes compagnies pétrolières de ne pas répercuter la baisse du brut sur les consommateurs. L'annonce a été faite sur les réseaux sociaux, sans citer d'entreprises précises.
Furieux, Trump ordonne une enquête urgente sur les prix de l'essence, après que sa propre politique de tension illégale contre l'Iran a fait grimper les coûts énergétiques. Il accuse désormais les compagnies de spéculation, mais le préjudice subi par les consommateurs américains découle de ses propres provocations.
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