
Washington retire la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme
Le président Trump a notifié au Congrès sa décision de lever cette désignation en vigueur depuis 1979, ouvrant la voie à une réintégration économique de Damas après des années de sanctions.
Le président américain Donald Trump a annoncé, le 8 juillet 2026 en marge du sommet de l’OTAN à Ankara, sa décision de retirer la Syrie de la liste des États soutenant le terrorisme. Le secrétaire d’État Marco Rubio a officiellement notifié le Congrès, qui dispose désormais d’un délai d’examen de quarante-cinq jours avant l’entrée en vigueur de la mesure, sauf blocage parlementaire jugé improbable. Cette annonce fait suite à une rencontre entre M. Trump et le président syrien par intérim Ahmed al-Sharaa, au cours de laquelle le dirigeant américain a salué le travail de son homologue pour « unifier la Syrie ».
Selon l’administration américaine, cette décision constitue une étape historique destinée à libérer le commerce et les investissements internationaux, à permettre la reconstruction du pays et à ouvrir un nouveau chapitre pour le peuple syrien. Washington justifie ce revirement par les « changements positifs » et les actions antiterroristes menées par le nouveau gouvernement de Damas, ainsi que par les « assurances formelles » fournies par M. al-Sharaa selon lesquelles la Syrie ne soutiendra pas d’actes de terrorisme international à l’avenir. Cette levée de la désignation, qui s’ajoute à la suspension en juin 2025 de l’essentiel des sanctions économiques américaines, vise à supprimer le dernier obstacle juridique majeur à la reconnexion financière de la Syrie, condition jugée indispensable par les institutions financières américaines pour faciliter les investissements privés et les milliards de dollars promis par les pays du Golfe.
Du point de vue des capitales régionales, les réactions sont contrastées. La Turquie, hôte du sommet et soutien de longue date de la nouvelle administration syrienne, voit dans ce rapprochement un levier pour stabiliser sa frontière sud et favoriser le retour des réfugiés. Les monarchies du Golfe, Arabie saoudite en tête, planifient des investissements de plusieurs milliards de dollars dans les infrastructures syriennes, tandis que des entreprises américaines se déclarent prêtes à intervenir dans les secteurs énergétique et technologique. En revanche, Israël, qui a multiplié les frappes aériennes contre des cibles syriennes, exprime des réserves persistantes, considérant Damas comme un adversaire historique et s’inquiétant d’un possible renforcement militaire syrien. La visite du président français Emmanuel Macron à Damas quelques jours plus tôt illustre par ailleurs l’intérêt européen pour une normalisation progressive, bien que les capitales européennes conditionnent toute levée complète des sanctions à des progrès tangibles en matière de droits humains et de transition politique.
La Syrie figurait sur la liste américaine des États soutenant le terrorisme depuis 1979, sous la présidence de Hafez al-Assad, en raison de son soutien à des groupes militants palestiniens et de ses liens avec l’Iran et le Hezbollah. Le maintien de cette désignation après la chute du régime de Bachar al-Assad en décembre 2024 était perçu par de nombreux acteurs, y compris des parlementaires américains des deux partis, comme un anachronisme entravant la reconstruction. Avec ce retrait, seuls l’Iran, la Corée du Nord et Cuba demeurent sur cette liste. La décision de M. Trump, qui s’inscrit dans une stratégie plus large de contrepoids à l’influence iranienne dans la région, doit encore passer l’examen du Congrès, mais elle marque un tournant dans la relation bilatérale et ouvre la perspective d’une réintégration progressive de la Syrie dans l’économie mondiale.
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Le retrait de la Syrie de la liste du terrorisme est une victoire pour la diplomatie et une étape naturelle dans la réhabilitation du pays.
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