
Washington négocie une coproduction de missiles avec ses alliés européens en marge du sommet de l’OTAN à Ankara
Un accord d’intention doit être signé ce mardi pour fabriquer des missiles AMRAAM et entretenir des Patriot en Europe, afin de libérer les capacités industrielles américaines.
Les États-Unis discutent avec l’Allemagne, les Pays-Bas, la Suède et la Pologne de la mise en place d’une coproduction des missiles air-air AIM-120 AMRAAM de Raytheon et d’un centre de maintenance pour les missiles Patriot PAC-3 de Lockheed Martin sur le sol européen. Selon une source citée par l’agence Reuters, une déclaration d’intention doit être signée le 7 juillet en marge du Forum industriel de l’OTAN, organisé à Ankara en parallèle du sommet de l’Alliance. L’objectif affiché par Washington est de libérer des capacités de production dans les usines américaines des deux géants de la défense, afin d’accélérer leur cadence nationale.
Du point de vue de l’administration Trump, cette initiative s’inscrit dans une pression constante pour que les alliés européens accroissent leurs dépenses militaires et leur autonomie industrielle, tout en répondant aux goulets d’étranglement dans les chaînes d’approvisionnement – le président ayant invoqué en juin le Defense Production Act. Les capitales européennes, Berlin en tête, y voient l’occasion de renforcer leur base industrielle de défense et de démontrer un effort budgétaire accru : le secrétaire général de l’OTAN, Mark Rutte, a souligné que les dépenses de défense des membres européens et du Canada avaient augmenté de 20 % en 2025, pour atteindre 570 milliards de dollars. Moscou, par la voix du porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov, interprète ces développements comme la confirmation que le conflit ukrainien s’est mué en « guerre à grande échelle contre la Russie », les pays occidentaux fournissant, selon lui, une aide au ciblage et à la navigation des armements.
La coproduction vise directement la forte demande ukrainienne pour ces munitions, utilisées à la fois par les systèmes de défense aérienne NASAMS et les chasseurs F-16. Elle intervient dans un contexte de tensions transatlantiques autour de la guerre menée par Washington contre l’Iran, conflit qui a épuisé les stocks d’armes américains et suscité des critiques européennes sur l’absence de consultation préalable, bien que la plupart des membres de l’OTAN aient fourni leur espace aérien et leurs bases. La fermeture du détroit d’Ormuz par Téhéran durant les hostilités a renchéri les prix mondiaux de l’énergie, affectant les économies européennes. Le Jerusalem Post rapporte que Donald Trump a reproché à ses alliés un soutien insuffisant dans cette guerre, menaçant de quitter l’OTAN ou de ne pas honorer la clause de défense mutuelle.
Le sommet d’Ankara doit dévoiler des contrats d’armement d’une valeur de plusieurs dizaines de milliards de dollars. Les Pays-Bas ont annoncé plus de 3 milliards d’euros d’accords, incluant une coopération avec la Belgique dans la défense aérienne et avec le Royaume-Uni dans le domaine naval. Le lieu d’implantation du futur centre de maintenance Patriot n’a pas encore été arrêté. Alors que le président américain est arrivé dans la capitale turque, les responsables européens espèrent projeter une image d’unité, le chancelier allemand Friedrich Merz déclarant vouloir « construire une OTAN plus européenne pour que l’OTAN reste transatlantique ». La signature de la déclaration d’intention est attendue dans la journée de mardi, marquant une étape concrète dans la coopération industrielle de défense entre les deux rives de l’Atlantique.
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Les États-Unis et leurs alliés européens étendent la production de missiles en Europe, un développement factuel.
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