
Séismes au Venezuela : le bilan officiel contesté, la crise humanitaire s’aggrave
Une semaine après les deux secousses qui ont dévasté le nord du pays, les autorités font état de près de 2 000 morts, mais les Nations unies et la société civile redoutent un nombre de victimes bien supérieur.
Deux tremblements de terre de magnitude 7,2 et 7,5, survenus à trente-neuf secondes d’intervalle le 24 juin 2026, ont ravagé l’État de La Guaira et une partie de Caracas. Selon le dernier bilan communiqué par le président de l’Assemblée nationale, Jorge Rodríguez, on dénombre 1 943 morts, 10 571 blessés et plus de 15 800 sinistrés. Les équipes de secours, venues d’une trentaine de pays, ont extrait 6 461 personnes vivantes des décombres, mais l’espoir de retrouver des survivants s’amenuise à mesure que le délai critique de soixante-douze heures est dépassé.
Les chiffres officiels sont toutefois mis en doute par de multiples sources. La coordination humanitaire des Nations unies a annoncé l’achat de 10 000 sacs mortuaires, tandis qu’une plateforme citoyenne recense plus de 40 000 disparus. L’agence spatiale américaine (NASA) estime que près de 59 000 bâtiments ont été endommagés ou détruits, et le Service géologique des États-Unis (USGS) projette un bilan pouvant atteindre plusieurs dizaines de milliers de victimes. Dans les médias européens, des médecins légistes évoquent un nombre de décès déjà deux fois supérieur aux données gouvernementales, en raison de l’afflux de corps dans les morgues improvisées du port de La Guaira.
La catastrophe a révélé l’état de délabrement des infrastructures et du système de santé vénézuélien. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) alerte sur une pression extrême pesant sur des hôpitaux endommagés et sous-équipés, tandis que le Haut-Commissariat aux réfugiés (HCR) décrit une pénurie alimentaire généralisée et des services de base effondrés. Les risques d’épidémies – rougeole, dengue, paludisme – sont aggravés par la promiscuité dans les abris de fortune et le manque d’eau potable. Sur le terrain, la colère gronde : des habitants dénoncent l’inertie des forces armées, davantage déployées pour le maintien de l’ordre que pour les opérations de sauvetage, et des cas de pillages ou d’extorsion sont rapportés par la presse latino-américaine.
La dimension politique n’est jamais loin. Depuis la capture de Nicolás Maduro par les forces spéciales américaines en janvier 2026, la présidente par intérim Delcy Rodríguez bénéficie du soutien de Washington, qui a dépêché plus de 900 militaires et des drones de surveillance pour appuyer les secours. Cette coopération contraste avec les obstacles mis au retour de la figure de l’opposition María Corina Machado, dont l’avion a été contraint d’atterrir aux États-Unis. Les capitales européennes, tout en acheminant une aide substantielle – l’Espagne a envoyé une équipe médicale d’urgence et déplore vingt-six ressortissants décédés –, observent avec prudence une gestion de crise qui, selon plusieurs ONG, entrave l’accès des journalistes et des volontaires aux zones sinistrées.
À ce jour, les opérations de recherche se poursuivent, mais la phase de sauvetage aigu cède la place à la récupération des corps. Le gouvernement affirme avoir rétabli l’essentiel de l’électricité et promet la construction de logements, tandis que le Programme alimentaire mondial lance un appel de fonds pour assister un demi-million de personnes. Le bilan définitif, de l’aveu même des responsables onusiens, reste tributaire du déblaiement des milliers de tonnes de gravats qui ensevelissent encore des quartiers entiers.
Comment la même histoire est racontée ailleurs.
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Les estimations satellitaires de la NASA font état de près de 59 000 bâtiments endommagés ou détruits, bien au-delà des quelques centaines inspectés officiellement. Alors que le bilan dépasse les 1 700 morts, le scepticisme grandit quant à la capacité des autorités à gérer l'urgence et à l'ampleur réelle du désastre.
Une évaluation préliminaire de la NASA fondée sur des données radar satellitaires indique qu'environ 58 870 bâtiments ont probablement été endommagés ou détruits lors des séismes au Venezuela. Cette estimation n'a pas encore été vérifiée par des inspections au sol. Le bilan officiel dépasse les 1 700 morts.
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