
Sommet de l’Otan à Ankara : Trump exige une alliance « réciproque » et bouscule l’Europe
À une semaine du sommet de l’Alliance atlantique en Turquie, le président américain juge « ridicule » le soutien actuel des États-Unis et réclame une refonte des engagements de ses alliés.
Le président des États-Unis, Donald Trump, a qualifié de « ridicule » le maintien par Washington d’une relation « unilatérale » avec l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord, à moins d’une semaine du sommet des chefs d’État et de gouvernement de l’Alliance prévu à Ankara les 7 et 8 juillet. Sur sa plateforme Truth Social, il a accusé les alliés européens de ne pas avoir été présents lorsque les États-Unis en avaient besoin, notamment dans le cadre de la guerre contre l’Iran, et a souligné que le rapport de forces actuel « n’est pas réciproque ». Cette déclaration intervient alors que M. Trump a confirmé sa participation au sommet après l’insistance personnelle du président turc Recep Tayyip Erdogan, et qu’il devrait profiter de ce déplacement pour approuver la vente de moteurs destinés au chasseur turc de cinquième génération Kaan.
Selon les sources proches de l’administration américaine, Washington entend faire du sommet d’Ankara un tournant dans la répartition du fardeau au sein de l’Alliance. Le secrétaire d’État Marco Rubio a décrit la rencontre comme « probablement la plus importante de l’histoire de l’organisation ». La Maison-Blanche exige que les membres européens portent leurs dépenses de défense à 5 % du produit intérieur brut d’ici 2035, dont 3,5 % consacrés strictement aux capacités militaires, faute de quoi la contribution américaine au budget commun sera réduite. Le Pentagone conduit actuellement une révision de six mois visant à transférer aux Européens « la responsabilité principale de la défense du continent », ce qui pourrait se traduire par le retrait d’un groupe aéronaval et de l’ensemble des sous-marins américains assignés à l’Otan. Pour l’exécutif américain, la loyauté des alliés durant le conflit iranien – mise en doute après le refus italien d’autoriser le ravitaillement d’appareils américains en Sicile – est devenue un marqueur de la crédibilité de l’Alliance.
Du côté des capitales européennes, l’inflexion américaine est perçue comme une remise en cause structurelle du lien transatlantique. D’après des analystes européens, l’hypothèse d’une défense autonome du continent, longtemps écartée, s’impose désormais dans les débats budgétaires et stratégiques. Le Royaume-Uni a annoncé un plan d’investissement militaire de 15 milliards de livres, tout en laissant un déficit de financement de près de 5 milliards. La France, l’Allemagne et l’Italie, qui ont salué le mémorandum d’entente américano-iranien du 18 juin, cherchent à coordonner une position commune avant le sommet, notamment sur le dossier ukrainien. La promesse d’une adhésion future de l’Ukraine à l’Otan reste inscrite dans les textes, mais sans calendrier, tandis que le secrétaire général Mark Rutte a averti que Moscou pourrait être en mesure de recourir à la force contre l’Alliance d’ici cinq ans.
Ankara, qui préside ce sommet, se trouve au carrefour de ces tensions. La Turquie, membre de l’Otan disposant de la deuxième armée de l’Alliance, mise sur la visite de M. Trump pour obtenir les composants américains indispensables à son programme aéronautique, tout en affichant un rôle de médiateur entre Washington et les capitales européennes. Selon des sources turques, la délégation américaine comptera environ un millier de personnes, signe de l’importance accordée à ce déplacement. Le sommet devrait déboucher sur des engagements chiffrés en matière de dépenses militaires et sur une feuille de route pour le redéploiement des forces américaines en Europe, sans toutefois dissiper les incertitudes sur la pérennité du cadre de sécurité collective hérité de 1949.
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Le sommet de l'OTAN à Ankara s'annonce comme un affrontement décisif. Les propos de Trump, qualifiant de ridicule le soutien unilatéral à l'alliance, sonnent comme un signal d'alarme pour l'Europe. Un avenir se dessine où les États-Unis prennent leurs distances, laissant aux Européens la charge de la défense et du règlement du conflit ukrainien.
Trump critique le soutien unilatéral à l'OTAN, le jugeant ridicule, et pointe du doigt les alliés européens pour leur position sur la guerre en Iran. La région observe avec pragmatisme le désengagement américain, consciente que les priorités de Washington évoluent. Le sommet d'Ankara est perçu comme une étape technique plutôt que comme une rupture historique.
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