
Tenues de plage, pique-niques et châteaux de sable : la fronde des villages contre le surtourisme
De Varenna sur le lac de Côme à Folkestone en Angleterre, les habitants des destinations prisées imposent des règles de savoir-vivre pour endiguer les débordements du tourisme de masse.
Au milieu d’une journée caniculaire, dans un wagon de train bondé en direction de Folkestone, une journaliste britannique se recroqueville, entourée de corps dénudés. Torse nu pour les hommes, bikini ficelle pour les femmes, la quasi-totalité des passagers a déjà revêtu sa tenue de plage, bien avant d’atteindre la côte du Kent. Ce spectacle de chairs moites, décrit par Helen Coffey dans The Independent, n’est pas une fiction mais le quotidien des résidents des stations balnéaires prisées, où la frontière entre l’espace public et le sable semble s’être dissoute.
À des milliers de kilomètres de là, le petit village de Varenna, sur les rives du lac de Côme, a décidé de réagir. Avec ses 650 habitants submergés par jusqu’à 17 500 visiteurs quotidiens en haute saison, la commune a introduit des amendes de 50 à 200 euros pour quiconque déambule torse nu ou en maillot de bain hors des plages et des pontons. Les groupes de visiteurs sont désormais limités à 25 personnes, et les guides ne peuvent plus utiliser de haut-parleurs. Le maire, Mauro Manzoni, justifie ces mesures par la nécessité de préserver la qualité de vie des résidents, « qui ne doit pas être sacrifiée sur l’autel du tourisme de masse ».
Cette initiative s’inscrit dans un mouvement plus large qui traverse l’Italie et au-delà. À Sorrente, les promeneurs en tenue de bain risquent jusqu’à 500 euros d’amende depuis 2022. À Portofino, les selfies sont interdits dans certaines zones pour fluidifier la circulation piétonne. Venise et Rome sanctionnent le torse nu de 250 à 400 euros. En Sardaigne, sur la plage de La Pelosa, les serviettes doivent obligatoirement reposer sur un tapis pour ne pas emporter de sable, et il est interdit de prélever coquillages ou grains, sous peine d’amendes pouvant atteindre 3 500 euros. Même les châteaux de sable sont visés : à Eraclea, dans la province de Venise, leur construction est passible de 250 euros. En Espagne, fumer sur la plage est prohibé sur 600 sites ; en France, la commune de Granville a banni les éléphants de son littoral après le bain de mer d’un cirque itinérant ; au Japon, les tatouages, historiquement associés à la criminalité, sont mal vus sur le sable.
Ces réglementations, souvent perçues comme liberticides par les visiteurs, traduisent un ras-le-bol des populations locales face à ce que les médias italiens nomment le « mauvais comportement » touristique. En Angleterre, la chroniqueuse Helen Coffey dresse une liste de sept habitudes estivales qu’elle souhaiterait voir sanctionner, de la consommation d’alcool dans la rue aux pique-niques envahissants. En Apulie, des exploitants de plages privées voudraient interdire les repas apportés de l’extérieur, dénonçant des « agapes » qui nuiraient à l’image des établissements et réduiraient leurs recettes. Mais le président de la région, Antonio Decaro, a rappelé que « la mer est un bien commun et ne doit pas devenir un luxe », et que la loi italienne autorise les baigneurs à consommer leurs propres aliments.
De l’interdiction des pachydermes en Normandie à celle des châteaux de sable en Vénétie, ces règlements dessinent une cartographie inédite des tensions entre le droit au voyage et le droit à la tranquillité. À Granville, un arrêté municipal de 2009 proscrit la présence d’éléphants sur la plage, après que des animaux d’un cirque ambulant se sont baignés dans la mer en y laissant leurs déjections. Une image à la fois dérisoire et révélatrice d’un monde où la liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres, grain de sable après grain de sable.
| Presse européenne continentale | −0.30 | critical |
|---|---|---|
| Presse russe et CEI | 0.00 | neutral |
| Presse atlantique / anglosphère | +0.50 | aligned |
Rules are becoming increasingly absurd, but the problem of mass tourism is real: a balance between decorum and freedom must be found.
By juxtaposing various news items about bizarre rules from across Europe, the impression of a rampant and out-of-control phenomenon is created, normalizing the alarm.
The perspective of tourists who might feel penalized by excessive rules is not explored, nor is the positive economic impact of tourism discussed.
In Italy, in the village of Varenna, fines have been introduced for walking around in swimwear in public areas, with penalties from €50 to €200.
The news is reported without commentary or contextualization, presenting the rules as a fact, which normalizes them without judgment.
The overtourism context that led to these rules is not mentioned, nor are the reactions of residents or tourists.
We should adopt the same fines for bad beach behavior: here are seven habits that deserve penalties.
The author uses the Italian example as a pretext for a humorous list of behaviors to fine, turning a local news item into a personal and ironic policy proposal.
The reason why the Italian village introduced the fines (overtourism, protection of residents) is not explained, making the proposal superficial and decontextualized.
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