
Supergirl et l’oreille du chien : anatomie d’un envol manqué
Tandis que Toy Story 5 poursuit sa domination mondiale, le deuxième chapitre du nouvel univers DC déçoit au box-office, révélant les fragilités d’un genre en quête de renouvellement.
L’oreille tombante d’Ozu, le chien adopté par James Gunn et sa compagne Jennifer Holland, se redresse dès que l’animal est excité. « C’est comme le nez de Pinocchio », confiait l’actrice au site Forbes. Ce détail a donné naissance à Krypto, le compagnon à quatre pattes de Supergirl, dont les aventures spatiales devaient insuffler un élan neuf au DC Universe. Pourtant, au terme de son premier week-end d’exploitation, le film de Craig Gillespie n’a pas réussi à faire dresser grand-chose d’autre que les sourcils des analystes.
Avec 38 millions de dollars récoltés en Amérique du Nord et 68 millions au niveau mondial, Supergirl s’est hissée loin des 50 à 55 millions espérés par le studio. La production, dont le budget avoisine les 170 millions de dollars, doit désormais viser un point mort situé entre 300 et 375 millions pour espérer être rentable. Pendant ce temps, Toy Story 5, fort d’un deuxième week-end à 70 millions sur le sol américain, a déjà engrangé 585 millions de dollars dans le monde, confirmant l’appétit intact du public pour les sagas animées intergénérationnelles. Au Brésil, le long-métrage de Pixar a attiré près de 933 000 spectateurs supplémentaires, quand Supergirl en séduisait 218 000, selon les données de Rentrak relayées par Valor Econômico.
La presse nord-américaine s’interroge sur les raisons de ce décrochage. Pour le magazine Forbes, la responsabilité incombe d’abord à James Gunn, architecte de cet univers partagé, qui a validé un scénario et un réalisateur peu familiers des superproductions, tout en plaçant l’héroïne kryptonienne en deuxième position, juste après un Superman aux résultats honorables mais sans éclat (618 millions de dollars en 2025). Les critiques, regroupées sur Rotten Tomatoes, n’ont accordé qu’un timide 56 % d’avis favorables, tandis que le public interrogé par CinemaScore attribuait un « B- », note jugée décevante pour le genre. En Amérique latine, les recettes n’ont pas compensé : 3,4 millions de dollars au Mexique, 1,4 million au Brésil, selon Excelsior.
Pourtant, le film a trouvé un écho auprès d’un noyau de spectateurs passionnés. Les séances IMAX et les formats premium ont représenté 51 % des recettes du week-end d’ouverture, un record pour un film de super-héros, rapporte CNN Indonesia. Cette polarisation se lit aussi dans les débats qui ont suivi : certains médias, comme Fox News, ont relayé l’idée que l’échec serait imputable à une campagne accusée de misogynie, tandis que le co-PDG de DC Studios, Peter Safran, assurait au New York Times que ce résultat ne remettait pas en cause la « stratégie de long terme » de l’écurie.
Dans les salles obscures, une autre absence a fait parler : celle de la scène post-générique. Le réalisateur Craig Gillespie a expliqué au quotidien mexicain El Universal avoir voulu préserver l’impact émotionnel de la conclusion, refusant de distraire le spectateur par une promesse de suite. Un choix qui laisse le public sur l’image de Kara Zor-El et de son chien, figés dans une aventure dont l’écho, pour l’heure, peine à dépasser le cercle des initiés.
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Le démarrage de Supergirl a été un échec catastrophique, bien en deçà des attentes et même derrière un flop Marvel tristement célèbre. Ce résultat est perçu comme un énième symptôme du déclin d'Hollywood, accusée de produire des œuvres médiocres qui éloignent le public. À l'inverse, l'héritage de Michael Jackson renaît : un ancien single revient en tête des classements grâce à l'élan du biopic.
Le biopic sur Michael Jackson est entré dans l'histoire en devenant le film biographique le plus rentable de tous les temps, dépassant Oppenheimer. Pendant ce temps, Supergirl a fait ses débuts à la deuxième place du box-office, incapable de détrôner la domination de Toy Story 5, tout en réalisant une ouverture mondiale solide.
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