
Sous la pression de l’inflation et des arriérés, la colère des fonctionnaires et enseignants s’étend du Ghana à l’Iran
Ultimatums de grève en Afrique de l’Ouest, blocages salariaux en Argentine et précarité des jeunes universitaires iraniens révèlent une même tension mondiale sur la rémunération des agents publics.
La fixation d’un ultimatum au 30 juin 2026 par l’Association des enseignants universitaires du Ghana (UTAG) – avec menace de grève nationale si les arriérés de salaires, la signature d’un accord intérimaire et le versement d’allocations de recherche ne sont pas réglés – donne une traduction concrète à une vague de tensions qui traverse plusieurs continents. Au Nigeria voisin, le déblocage récent par l’État fédéral de cinq mois d’indemnités dues aux universitaires a apporté un soulagement immédiat sur les campus, mais les syndicats ASUU et CONUA préviennent que le contentieux reste profond : trois mois et demi de salaires confisqués lors de la grève de 2022 n’ont toujours pas été restitués, et la crainte d’un transfert durable de la charge salariale vers les revenus propres des universités alimente une « peur palpable » dans les facultés.
En Amérique latine, la conflictualité prend une forme voisine. En Argentine, l’Association des travailleurs de l’État (ATE) a qualifié de « chantage » la convocation par le gouvernement Milei à une renégociation des conventions collectives dans plusieurs organismes publics (PAMI, ANSES, ACUMAR). Le syndicat dénonce une tentative d’imposer, sous menace de suspension de primes, une réduction des droits et des revenus déjà gelés depuis décembre 2023. Parallèlement, le syndicat des conducteurs de bus (UTA) agite la menace d’une réduction du service dans l’agglomération de Buenos Aires, faute d’accord salarial avec des entreprises qui, privées de subventions, se déclarent incapables d’absorber une hausse alignée sur l’inflation du deuxième trimestre.
Au Moyen-Orient, la situation des jeunes universitaires iraniens illustre une précarité plus silencieuse mais tout aussi structurelle. Le président de l’université de Tabriz a publiquement reconnu que certains jeunes professeurs, dans l’incapacité de payer un loyer, dorment dans leur bureau. Une augmentation salariale a bien été inscrite au budget, mais son versement est bloqué par un imbroglio administratif : les crédits, logés dans une ligne budgétaire non prévue pour les traitements, se heurtent aux objections de l’Inspection générale et de la Cour des comptes. Les ministères de tutelle tentent de contourner l’obstacle via les conseils d’administration des universités, ravivant le souvenir d’une précédente revalorisation de 30 % annoncée puis abandonnée il y a trois ans.
Ces foyers de tension, bien que distincts par leurs cadres juridiques et leurs histoires nationales, dessinent une géographie commune de la pression sur les rémunérations publiques. En Afrique de l’Ouest, l’échéance du 30 juin au Ghana et l’inscription promise des ajustements nigérians dans le budget 2026 constituent les prochains repères tangibles. En Argentine, la capacité du gouvernement à imposer une renégociation sans déclencher de conflit social majeur sera testée dans les semaines à venir, tandis qu’en Iran, le sort de l’augmentation dépend d’un arbitrage interministériel attendu dans le mois en cours.
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Les enseignants universitaires ghanéens ont fixé au 30 juin la date limite pour que le gouvernement règle des problèmes de bien-être de longue date, sous peine d'une grève nationale. Au Nigeria, les professeurs expriment un soulagement mêlé d'inquiétude après le versement de cinq mois d'indemnités impayées, mais les salaires retenus restent un point de friction. Les syndicats préviennent que l'incertitude financière systémique continue de peser sur l'enseignement supérieur.
En Argentine, l'appel du gouvernement à renégocier les conventions du secteur public a suscité une vive résistance syndicale, l'ATE le dénonçant comme un chantage et une extorsion visant à dépouiller les travailleurs de leurs droits. Les transports menacent également d'arrêts de travail faute d'accord salarial. Les syndicats accusent l'administration Milei d'utiliser l'intimidation pour imposer des concessions.
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