
Sommet de l’OTAN à Ankara : Washington menace de « conséquences » les alliés qui tardent à porter leurs dépenses militaires à 5 % du PIB
Réunis les 7 et 8 juillet en Turquie, les 32 États membres doivent démontrer la crédibilité de leur trajectoire budgétaire face à une administration Trump qui lie son engagement dans l’Alliance à un rééquilibrage immédiat des charges.
Le 36e sommet de l’Organisation du traité de l’Atlantique Nord s’ouvre à Ankara sous la pression explicite des États-Unis. Selon des responsables américains cités par la presse anglo-saxonne, l’administration Trump a prévenu les alliés qu’ils devaient « immédiatement » s’engager sur la trajectoire menant à 5 % du produit intérieur brut consacrés à la défense d’ici 2035, faute de quoi ils s’exposeraient à des « conséquences » que le président américain énoncerait lui-même. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a confirmé que Washington réduirait sa contribution à certaines capacités militaires clés de l’Alliance et a annoncé un réexamen de la présence de troupes en Europe, tandis que l’ambassadeur américain auprès de l’OTAN, Matthew Whitaker, a indiqué que les pays les plus en retard pourraient perdre la priorité dans l’accès aux équipements américains.
Face à cette injonction, les capitales européennes affichent des positions contrastées. D’après des sources diplomatiques alliées, la Pologne, les États baltes et les pays nordiques sont présentés comme les plus avancés, dépassant déjà les 3 % du PIB. L’Allemagne, qui prévoit d’atteindre 3,5 % pour sa seule défense « cœur » dès 2029, est perçue par plusieurs chancelleries comme le futur pilier d’une Alliance rééquilibrée. À l’inverse, le Royaume-Uni, malgré une hausse de 15 milliards de livres, ne devrait atteindre que 2,7 % en 2029, et l’Espagne reste en deçà des 2 %. Les gouvernements français et allemand ont par le passé jugé l’objectif de 5 % irréaliste à court terme en raison de contraintes budgétaires, mais le projet de déclaration finale du sommet, consulté par plusieurs rédactions, réaffirme l’engagement collectif en faveur de ce seuil.
Le sommet est également traversé par les retombées de la guerre menée par les États-Unis et Israël contre l’Iran. Selon des analystes européens, le refus de l’Espagne, de l’Autriche et de l’Italie d’ouvrir leur espace aérien ou leurs bases aux opérations américaines a provoqué un affrontement diplomatique direct entre Donald Trump et la présidente du Conseil italienne, Giorgia Meloni. Pour des chercheurs du Conseil européen des relations internationales, cet épisode a dissipé l’illusion selon laquelle des gestes de bonne volonté suffiraient à contenir les tensions transatlantiques. Le projet de déclaration finale qualifie par ailleurs la Russie de « menace à long terme » pour la sécurité euro-atlantique et réaffirme le caractère « irréversible » du soutien à l’Ukraine, sans toutefois rouvrir la perspective d’une adhésion, que l’administration Trump refuse d’endosser.
Dans ce contexte, le secrétaire général Mark Rutte a promu le concept d’une « OTAN 3.0 », où les Européens assumeraient la primauté de la défense conventionnelle du continent tandis que les États-Unis resteraient engagés, notamment via leur dissuasion nucléaire. Concrètement, les alliés doivent annoncer à Ankara un paquet d’assistance militaire à l’Ukraine de 140 milliards d’euros sur deux ans, incluant un prêt de 60 milliards de l’Union européenne, et une série de contrats industriels chiffrés en dizaines de milliards d’euros lors d’un forum de l’industrie de défense. La déclaration finale, attendue mercredi, devrait entériner le principe d’une « Europe plus forte dans une OTAN plus forte », tout en laissant en suspens la question du prochain sommet, prévu en 2027 à Tirana, que plusieurs membres, États-Unis en tête, souhaiteraient annuler.
| Presse atlantique / anglosphère | −0.30 | critical |
|---|---|---|
| Presse européenne continentale | −0.50 | critical |
| Presse indienne et sud-asiatique | +0.60 | aligned |
L'alliance est en crise profonde; le sommet d'Ankara est décisif mais miné par les divisions entre les États-Unis et l'Europe.
En mettant l'accent sur l'étiquette de sommet 'décisif' d'Erdogan et le contexte des guerres en cours, un cadre de crise existentielle est créé qui légitime l'alarme.
Il ne mentionne pas les plans européens visant à augmenter les dépenses militaires et à créer une structure de défense autonome, qui sont centraux dans les récits européens.
L'Europe doit se préparer à se défendre seule; le sommet d'Ankara marque la naissance d'une OTAN européenne.
En présentant les préparatifs européens comme une réaction inévitable à la fiabilité américaine, la nécessité d'un pilier européen est universalisée.
Il ne reconnaît pas la possibilité d'une réconciliation transatlantique, présentant la rupture comme irréversible.
L'OTAN se réinvente en coalition européenne; c'est le rêve de Trump et le cauchemar de Poutine.
En rebaptisant le sommet 'OTAN 3.0' et en utilisant la formule 'rêve de Trump, cauchemar de Poutine', l'alliance est reprojetée comme un nouveau départ positif.
Il omet les tensions internes et le scepticisme européen, présentant la réinitialisation comme un processus linéaire souhaité par tous.
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