
Nayib Bukele verrouille sa candidature pour un troisième mandat au Salvador
Désigné par son parti sans rival interne, le président salvadorien s’apprête à briguer un nouveau mandat de six ans en février 2027, au terme d’une réforme constitutionnelle qui abolit toute limite de réélection.
Le parti salvadorien Nuevas Ideas a officialisé lundi la désignation de Nayib Bukele comme candidat à l’élection présidentielle de février 2027, ouvrant la voie à un troisième mandat consécutif. Le scrutin interne, tenu la veille, n’a fait l’objet d’aucune publication de résultats chiffrés ni de mention d’un éventuel concurrent, alimentant les interrogations d’analystes centraméricains sur la transparence du processus. Cette investiture s’inscrit dans le prolongement direct de la réforme constitutionnelle adoptée en juillet 2025 par le Congrès, où le parti au pouvoir détient une supermajorité : le texte supprime le plafond de deux mandats successifs, allonge la durée du mandat de cinq à six ans et élimine le second tour de l’élection présidentielle.
La popularité du chef de l’État, que des enquêtes d’opinion situent au-dessus de 85 %, s’ancre dans les résultats de la politique de sécurité menée sous état d’exception depuis mars 2022. Le démantèlement des maras — MS-13 et Barrio 18 — a fait chuter la criminalité à des niveaux historiquement bas dans ce qui était l’un des pays les plus violents au monde hors conflit armé. Toutefois, selon des organisations internationales de défense des droits humains telles que Human Rights Watch et Amnesty International, ainsi que des entités locales comme Cristosal, cette stratégie s’est accompagnée de détentions arbitraires massives — environ 92 000 personnes incarcérées sans mandat —, de tortures systématiques et de restrictions des libertés fondamentales. La petite opposition parlementaire, réduite à une poignée de sièges, a qualifié la réforme de « mort de la démocratie ».
La concentration des pouvoirs s’est accentuée depuis la première investiture de M. Bukele en 2019. D’après des observateurs juridiques latino-américains, le président contrôle désormais l’ensemble des institutions : Assemblée législative, Cour suprême, parquet général et organe électoral. Une loi sur les « agents étrangers », adoptée en 2025 sur le modèle de textes en vigueur au Nicaragua, en Hongrie ou en Russie, impose une taxation de 30 % sur les fonds internationaux destinés aux organisations de la société civile et leur interdit toute activité susceptible de « troubler l’ordre public ». Dans ce contexte, plus de cinquante journalistes ont fui le pays l’an dernier, selon l’Association des journalistes du Salvador (APES), qui a elle-même transféré son enregistrement juridique à l’étranger pour la première fois depuis sa fondation en 1936.
Sur le plan international, le gouvernement salvadorien cultive une relation étroite avec l’administration Trump, tout en suscitant l’intérêt de plusieurs exécutifs de droite sur le continent pour son modèle sécuritaire. L’image du président a néanmoins été écornée en 2025 par la détention au secret, durant quatre mois, de 252 ressortissants vénézuéliens expulsés vers la mégaprison de Tecoluca, qui ont dénoncé des actes de torture à leur libération. La prochaine étape du calendrier électoral prévoit l’inscription formelle de la candidature de Nayib Bukele auprès du Tribunal suprême électoral avant le 19 novembre 2026, en vue du scrutin de février 2027.
| Presse latino-américaine | −0.30 | critical |
|---|---|---|
| Presse du Golfe arabe | 0.00 | neutral |
| Presse arabe Levant-Maghreb | −0.20 | neutral |
El Salvador se dirige vers un troisième mandat de Bukele, mais la réforme qui le permet est controversée et les critiques internationales persistent.
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Bukele a obtenu la nomination de son parti pour un troisième mandat, un processus politique de routine.
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