
Séoul et Tokyo relancent leur coopération militaire face aux menaces nord-coréennes
Les ministres de la Défense japonais et sud-coréen ont convenu de renforcer les exercices conjoints et les échanges entre forces armées, tout en réaffirmant l’objectif de dénucléarisation de la péninsule coréenne.
Le 28 juin, à Séoul, le ministre japonais de la Défense, Shinjiro Koizumi, et son homologue sud-coréen, Ahn Gyu-back, ont scellé une série d’accords destinés à approfondir la coopération sécuritaire bilatérale. Les deux pays ont notamment décidé de multiplier les échanges entre leurs patrouilles acrobatiques — les Blue Impulse nippons et les Black Eagles sud-coréens — et d’intensifier les exercices conjoints de recherche et de sauvetage en mer, une première depuis plus de huit ans ayant déjà eu lieu ce mois-ci. Selon un communiqué du ministère sud-coréen de la Défense, cette dynamique vise à « créer un environnement propice à une coopération de défense stable et tournée vers l’avenir ».
Cette relance de la coopération intervient alors que la péninsule coréenne est marquée par une escalade verbale de Pyongyang. Le dirigeant nord-coréen Kim Jong-un a récemment réaffirmé sa volonté de renforcer les capacités nucléaires de sa marine et de poursuivre les essais de missiles, justifiant cette modernisation par les manœuvres conjointes américano-sud-coréennes qui, selon lui, menacent de déclencher « une guerre nucléaire ». Séoul et Tokyo, qui réaffirment ensemble l’objectif d’une dénucléarisation complète et d’une paix permanente, entendent donc maintenir une coordination trilatérale avec Washington, leur allié commun. Pour autant, des analystes en Asie du Nord-Est soulignent que Pyongyang s’est déclaré État nucléaire « irréversible » depuis l’échec du sommet de Hanoï entre Kim Jong-un et Donald Trump en 2019, rendant peu réaliste cette ambition affichée.
La coopération militaire entre les deux voisins reste par ailleurs entravée par des tensions historiques, héritage de la colonisation japonaise de la péninsule au début du XXe siècle. Un projet d’accord d’acquisition et de soutien mutuel (ACSA), qui permettrait des ravitaillements croisés en carburant et en munitions, a été jugé « difficile à conclure pour le moment » par le président sud-coréen Lee Jae-myung début juin, en raison de la sensibilité de l’opinion publique sud-coréenne. Le ministère japonais de la Défense, tout en se disant « pleinement conscient des circonstances en Corée du Sud », a évité d’aborder le sujet en profondeur lors de cette rencontre, suggérant que la priorité est donnée aux gestes de confiance.
Dans un contexte régional troublé — des bombardiers chinois et russes ont effectué des vols conjoints en mer de Chine orientale la veille de la réunion — les deux ministres ont aussi échangé sur la coopération en matière d’équipement militaire. Tokyo, qui a assoupli en avril ses principes d’exportation d’armement, regarde désormais avec intérêt les politiques sud-coréennes en la matière, Séoul étant devenu un exportateur d’armes montant en puissance. In fine, cette sixième session de dialogue ministériel, qui s’inscrit dans une série de visites réciproques inédite depuis deux décennies, débouchera sur un événement avec la jeunesse des deux pays, destiné à favoriser une meilleure compréhension mutuelle des enjeux de défense. La prochaine étape prévue est un entretien de courtoisie entre le ministre japonais et le chef de la diplomatie sud-coréenne Cho Hyun.
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Les ministres de la Défense du Japon et de la Corée du Sud se sont rencontrés à Séoul et ont convenu de renforcer la coopération et les échanges en matière de défense, y compris entre leurs équipes acrobatiques. L'accord souligne un engagement en faveur de relations stables, tournées vers l'avenir et d'une communication renforcée.
Lors des entretiens, ils ont réaffirmé leur engagement en faveur de la dénucléarisation complète de la péninsule coréenne et ont convenu de poursuivre la coopération trilatérale avec les États-Unis. Ils ont également abordé les cybermenaces nord-coréennes qui financent ses programmes d'armement, soulignant l'urgence d'une coordination renforcée en matière de sécurité.
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