
Recettes record au Japon et au Brésil, tandis que l’Allemagne et l’Égypte accentuent la pression fiscale
Les données budgétaires de 2025 révèlent un clivage entre des États engrangeant des surplus historiques et d’autres contraints de puiser dans leurs réserves ou d’alourdir la fiscalité.
Le contraste des trajectoires budgétaires s’est accentué au cours de l’exercice 2025. D’un côté, le Japon a enregistré des recettes fiscales record de 84 220 milliards de yens, en hausse de 12 % sur un an, portées par la vigueur des bénéfices des entreprises, l’inflation et la progression des salaires. Le Brésil a vu ses entreprises publiques fédérales dégager un bénéfice net de 169,4 milliards de réaux, en bond de 45 %, un sommet historique attribué aux secteurs pétrolier et financier. De l’autre, l’Allemagne prévoit pour 2027 un emprunt net de 118,7 milliards d’euros, en forte augmentation, et un prélèvement de 6,8 milliards sur les réserves fédérales, tandis que l’Égypte présente un budget 2026-2027 où le service de la dette absorbe 46,7 % des dépenses, malgré un excédent primaire de 5 % du PIB.
Ces résultats opposés trouvent leur origine dans des dynamiques économiques et des choix de politique budgétaire distincts. Au Japon, la hausse des salaires négociée au printemps – supérieure à 5 % pour la troisième année consécutive – et la fin d’une réduction temporaire de l’impôt sur le revenu ont gonflé les recettes fiscales, tandis que les contributions exceptionnelles de la Banque du Japon ont généré un surplus de 2 600 milliards de yens. Au Brésil, la gouvernance renforcée des entreprises d’État et l’envolée des cours du pétrole ont permis de distribuer des dividendes massifs à l’Union, contribuant à l’équilibre des comptes publics. À l’inverse, Berlin doit faire face à l’explosion de la charge d’intérêts, qui pourrait atteindre 66 milliards d’euros par an d’ici 2029, et à des dépenses en hausse, tandis que Le Caire subit la pression des prix mondiaux de l’énergie et des exigences du Fonds monétaire international (FMI) en matière d’élargissement de l’assiette fiscale.
Les réponses des gouvernements reflètent ces contraintes. L’administration japonaise, qui prône une politique budgétaire « responsable et proactive », entend affecter la majeure partie du surplus au remboursement de la dette et au renforcement des capacités de défense, mais elle doit aussi financer une baisse de la taxe à la consommation sur les produits alimentaires, de 8 % à 1 %, prévue pour avril 2027, sans avoir encore arrêté les ressources correspondantes. En Égypte, le ministère des Finances prévoit une hausse de 27 % des recettes fiscales, via de nouvelles taxes sur le gaz naturel, la fabrication d’or et l’extension de la TVA aux locations de locaux administratifs, tout en poursuivant l’intégration du secteur informel. L’opposition écologiste allemande, pour sa part, dénonce un recours aux réserves « contraire à tous les engagements » et l’absence de consolidation concrète.
Les prochaines échéances mettront à l’épreuve ces stratégies. La conclusion de la septième revue du programme égyptien avec le FMI, en cours de discussion, conditionne le décaissement d’environ 1,6 milliard de dollars. Au Japon, l’élaboration du budget 2027 devra concilier la perte de recettes liée à la baisse de la TVA alimentaire, la montée des dépenses militaires et la charge croissante des intérêts de la dette, un exercice que des observateurs tokyoïtes jugent susceptible de tester la crédibilité budgétaire du gouvernement.
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