
La baisse du pétrole ravive les anticipations de hausse des taux américains
Le recul des cours du brut, loin d’apaiser les tensions inflationnistes, alimente un réajustement des prévisions monétaires et creuse l’écart entre la Fed et la BCE.
La chute récente des prix du pétrole a produit un effet paradoxal sur les marchés de taux américains. Alors qu’un repli de l’énergie est traditionnellement désinflationniste, les rendements des obligations du Trésor à deux ans se sont tendus parallèlement à la baisse du brut, signalant que les investisseurs révisent leurs anticipations de politique monétaire. Ce découplage, observé depuis la publication de l’inflation d’avril aux États-Unis, traduit la crainte qu’un pétrole moins cher ne stimule la consommation et les marges des entreprises, entretenant une demande déjà vigoureuse et compliquant le retour de l’inflation vers la cible de 2 %.
Ce mécanisme de relance par les coûts énergétiques s’inscrit dans un contexte de divergence transatlantique. Réunis à Aix-en-Provence, les économistes d’Allianz, de BNP Paribas et d’AXA ont souligné que la Réserve fédérale conserve un travail inachevé face à des pressions inflationnistes américaines encore alimentées par l’intelligence artificielle, les stimulations budgétaires et la vigueur du marché du travail, malgré un ralentissement des créations d’emplois en juin (57 000 postes, révisions à la baisse comprises). À l’inverse, l’inflation de la zone euro est ressortie à 2,8 %, sous les attentes, portée par le reflux des cours pétroliers et l’apaisement au Moyen-Orient. La BCE, qui a procédé à un relèvement préventif le mois dernier, pourrait en avoir terminé avec son cycle de resserrement, là où la Fed doit encore, selon ces analystes, envisager une hausse en septembre.
La banque américaine Bank of America projette un scénario plus restrictif, avec trois hausses d’un quart de point entre septembre et décembre, portant le taux des fonds fédéraux dans une fourchette de 5 % à 5,25 %. Cette hypothèse, minoritaire sur les marchés (probabilité d’environ 7 % selon le FedWatch du CME), s’appuie sur la persistance de l’inflation des biens et des services et sur la posture initiale du nouveau président de la Fed, Kevin Warsh. Toutefois, la banque reconnaît que la faiblesse des chiffres de l’emploi et les signaux plus accommodants de M. Warsh ont réduit la probabilité d’un tel enchaînement. Pour les économies émergentes, un resserrement américain plus marqué renforcerait le dollar, réduirait les flux de capitaux et accentuerait la pression sur les changes, compliquant la maîtrise de l’inflation importée. Au Brésil, la baisse du pétrole a ravivé les interrogations sur de nouvelles baisses du taux Selic, mais Bank of America table sur une stabilité à 14,25 % en fin d’année, signant la fin du cycle d’assouplissement.
La prochaine réunion de la Fed, le 29 juillet, constituera un jalon décisif. Avant les données sur l’emploi, les contrats à terme n’accordaient qu’une probabilité de 20 % à un mouvement ce mois-là, et celle-ci s’est encore réduite. Les marchés continuent d’anticiper une hausse d’un quart de point d’ici décembre, mais le calendrier et l’ampleur du resserrement dépendront de l’évolution des prix du pétrole et de la solidité de la demande intérieure américaine.
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The oil drop is not mentioned; the focus is on Argentina's dollar debt plan, presented as a move to anchor expectations and give predictability to markets. The narrative is technical and confident in the government's ability to manage the situation.
The oil drop is framed in the context of geopolitical tensions and central bank policies. Uncertainty about Fed rates and market reactions are highlighted, with a tone of urgency and skepticism towards institutions' response capabilities.
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