
Pegasus : nouvelles révélations sur l’ampleur de la surveillance marocaine, entre démentis et recours judiciaires
Un consortium de médias internationaux documente l’usage systématique du logiciel espion israélien par les services marocains, ciblant diplomates algériens, journalistes et opposants, tandis que Rabat dénonce des accusations sans preuves.
Une nouvelle enquête collaborative, coordonnée par Forbidden Stories et impliquant seize rédactions internationales, affirme que les services de renseignement marocains ont intégré le logiciel espion Pegasus dans une architecture de surveillance de masse. Selon les témoignages d’anciens agents, dont un lanceur d’alerte identifié sous le pseudonyme « Safir », la Direction générale de la surveillance du territoire (DGST) aurait ciblé des milliers de numéros à l’étranger, parmi lesquels celui de l’ex-ambassadrice d’Algérie à Madrid, Taous Feroukhi. Les données techniques analysées par le laboratoire de sécurité d’Amnesty International indiquent que 768 cyberattaques ont visé 250 téléphones en Espagne entre mai 2018 et juin 2019, avec un pic de 106 tentatives en une seule journée.
Face à ces allégations, les autorités marocaines maintiennent un démenti catégorique. Rabat rappelle avoir engagé des poursuites en diffamation devant les justices française et espagnole, et souligne les contradictions internes du dossier. La presse marocaine relève notamment que le financement du logiciel, attribué par le témoin aux Émirats arabes unis, est contredit par d’anciens employés de NSO Group, et que la ministre française des Armées Florence Parly a déclaré devant un juge ne conserver aucun souvenir de l’affaire. La justice espagnole a, de son côté, classé l’enquête en juillet 2023, invoquant l’absence de preuves matérielles et le refus de coopération des autorités israéliennes.
Dans les médias algériens et sahraouis, ces révélations sont interprétées comme la confirmation d’une dérive répressive. Un chercheur sahraoui figurant parmi les victimes, Mohamed Bachir Lahsen, y voit la marque d’un « système d’occupation » qui, selon lui, utilise les technologies israéliennes pour museler les voix critiques, en coordination avec Abou Dhabi. Les analyses publiées en Espagne décrivent un appareil placé sous la supervision de Fouad Ali El Himma, conseiller du roi, et capable de transformer les téléphones en sources totales d’information, ciblant aussi bien des dissidents que des chefs d’État.
L’affaire met en lumière la porosité entre rivalités géopolitiques et outils de cybersurveillance. Alors que les relations maroco-espagnoles ont survécu à la crise et que Paris a reconnu en 2024 la souveraineté marocaine sur le Sahara occidental, les victimes annoncent leur intention de saisir les juridictions européennes. Le consortium d’enquête prévoit de nouvelles publications, laissant le dossier dans une phase de confrontation entre témoignages internes, analyses forensiques et batailles judiciaires.
| Presse arabe Levant-Maghreb | −0.20 | neutral |
|---|---|---|
| Presse d'Asie du Sud-Est | −0.70 | critical |
| Presse européenne continentale | −0.80 | critical |
Les défenseurs du Maroc rejettent les accusations de Pegasus comme infondées et soulignent les triomphes diplomatiques du pays, tandis que les critiques accusent l'État d'utiliser un logiciel espion israélien pour réduire au silence la dissidence.
En juxtaposant la célébration de la Coupe du monde avec le scandale d'espionnage, le bloc crée une équivalence morale qui permet à chaque camp de revendiquer le haut terrain.
Les récits défensifs omettent le témoignage détaillé d'un ancien agent du renseignement marocain qui corrobore l'utilisation de Pegasus.
L'ancien agent et le consortium d'enquête exposent l'utilisation systématique de Pegasus par le Maroc pour surveiller les critiques, révélant un schéma d'abus qui implique les plus hauts niveaux de la sécurité.
En centrant le témoignage d'un lanceur d'alerte, le récit gagne en crédibilité grâce à un témoin direct, rendant les accusations difficiles à écarter.
Le rapport n'inclut pas les démentis officiels du Maroc ni le contre-récit d'une campagne de diffamation.
L'enquête révèle le 'vice-roi' du Maroc et son Bureau 21 comme les cerveaux d'un vaste appareil d'espionnage qui cible à la fois les dissidents nationaux et les dirigeants internationaux.
En personnifiant le système de surveillance en une seule figure puissante, le récit simplifie un appareil d'État complexe en un méchant clair, rendant l'histoire plus captivante et accusatrice.
L'article omet le contexte de la Coupe du monde et les réalisations diplomatiques du Maroc, se concentrant uniquement sur la dimension de l'espionnage.
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