
New York décrète un gel d’un an des nouveaux centres de données géants
Face à la fronde contre l’empreinte énergétique et hydrique de l’intelligence artificielle, l’État de New York suspend les projets de plus de 50 mégawatts, une première aux États-Unis.
La gouverneure de l’État de New York, Kathy Hochul, a signé mardi un décret exécutif interdisant pour une durée maximale d’un an la construction de tout nouveau centre de données d’une puissance supérieure à 50 mégawatts. La mesure, qui prend effet immédiatement, ne s’applique ni aux hôpitaux, ni aux universités, ni aux installations de plus petite taille. Elle préempte une proposition de loi similaire adoptée le mois dernier par le corps législatif de l’État et fait de New York la première entité fédérée américaine à imposer un tel moratoire, après que le Maine eut vu son propre texte bloqué en avril par un veto de la gouverneure démocrate Janet Mills.
L’initiative new-yorkaise répond à une inquiétude grandissante en Amérique du Nord quant à l’expansion accélérée des infrastructures nécessaires à l’entraînement et à l’exploitation des modèles d’intelligence artificielle. Ces entrepôts de serveurs consomment des volumes considérables d’électricité et d’eau pour le refroidissement des puces, au point que leur empreinte environnementale rivalise, selon un rapport de l’Université des Nations unies, avec celle de certains des plus grands pays du monde. Un sondage Gallup publié en mai indique que 71 % des Américains se déclarent opposés à l’implantation de centres de données dans leur communauté, un taux supérieur à celui enregistré pour les centrales nucléaires. L’opposition est majoritaire dans les deux camps politiques, bien que plus marquée chez les démocrates (75 %).
Le décret confie à l’administration le soin d’élaborer, durant cette période de suspension, un cadre réglementaire visant à protéger les ressources naturelles et le réseau électrique, tout en renforçant le pouvoir de négociation des collectivités locales. Ces dernières pourront exiger des promoteurs des investissements dans les infrastructures du territoire en échange des autorisations. La démarche s’inscrit dans un mouvement plus large de résistance municipale : la ville canadienne de Hamilton, en Ontario, s’apprête à voter un moratoire d’un an qui pourrait être reconduit, tandis que Burlington, Mississauga et Vancouver examinent des propositions analogues. Des militants de Hamilton aident d’ailleurs des groupes d’autres villes à monter leurs propres campagnes.
Le paysage politique nord-américain reste toutefois contrasté. Si l’opposition aux centres de données gagne du terrain, plusieurs gouverneurs démocrates d’États clés – Gavin Newsom en Californie, Gretchen Whitmer dans le Michigan, Josh Shapiro en Pennsylvanie – se sont montrés favorables à leur développement. Au Canada, l’Alberta a vu Meta annoncer la construction d’une installation alimentée par une nouvelle centrale au gaz, dont la consommation électrique équivaudra aux trois quarts de celle de la ville d’Edmonton. La prochaine étape à suivre sera la publication, par l’État de New York, du nouveau dispositif réglementaire, qui pourrait intervenir avant le terme de l’année de suspension, ainsi que le vote du conseil municipal de Hamilton, attendu ce mercredi.
| Presse atlantique / anglosphère | +0.10 | neutral |
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| Presse européenne continentale | 0.00 | neutral |
La gouverneure Hochul justifie le moratoire comme un acte de responsabilité envers l'environnement et les contribuables, suspendant l'expansion des centres de données pour étudier des règles plus strictes.
La technique rhétorique est la personnification de l'État : la décision est présentée comme une action protectrice et visionnaire d'une entité étatique bienveillante qui écoute les préoccupations des citoyens.
La nouvelle est rapportée sans position explicite, mais le choix de New York est présenté comme une réaction logique à des problèmes objectifs d'énergie et de coûts.
La technique est l'objectivation : les faits sont exposés de manière neutre, en supposant que le moratoire est une réponse inévitable aux pressions environnementales et économiques.
Le contexte de l'activisme local et de la résistance communautaire qui a poussé le moratoire est omis, comme l'exemple de Hamilton, qui aurait montré une base de soutien populaire.
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