
Ellen Burstyn, un Lion d’or vénitien pour soixante ans de vérité émotionnelle
La Mostra de Venise couronne la carrière de l’actrice américaine, oscarisée pour « Alice n’est plus ici », à l’occasion de la projection d’un court-métrage où elle incarne une Marilyn Monroe inédite.
« Wow ! Non seulement j’aurai la chance de voyager dans l’une de mes villes préférées au monde… mais je rentrerai chez moi avec un Lion d’or dans les bras ! » C’est par cette exclamation, diffusée par les organisateurs de la 83e Mostra de Venise, qu’Ellen Burstyn a accueilli la nouvelle. À 93 ans, l’actrice aux plus de cent cinquante films recevra le Lion d’or d’honneur pour l’ensemble de sa carrière lors du festival qui se tiendra du 2 au 12 septembre 2026. La récompense lui sera remise au cours d’une soirée où sera projeté « Flesh Impact », un court-métrage réalisé par Maggie Gyllenhaal – par ailleurs présidente du jury international – et dédié à Marilyn Monroe à l’occasion du centenaire de sa naissance.
Le film, dont le titre reprend une expression ancienne décrivant l’aura si tangible de Monroe à l’écran qu’elle donnait au spectateur l’impression de pouvoir la toucher, met en scène Dakota Johnson dans le rôle de la star à son apogée, tandis qu’Ellen Burstyn en livre une version que le monde n’a jamais eu l’occasion de voir. Ce choix souligne, selon la presse italienne, la capacité de l’actrice à incarner les contradictions et les transformations de la femme contemporaine, une qualité que le directeur artistique Alberto Barbera a saluée en évoquant une interprète « d’une rare intensité et vérité ».
Révélée en 1971 dans « La Dernière Séance » de Peter Bogdanovich, Ellen Burstyn a traversé plus de cinquante ans de cinéma américain. Les médias francophones rappellent qu’elle fut la troisième femme de l’histoire à remettre la même année un Tony Award pour la pièce « Same Time, Next Year » et l’Oscar de la meilleure actrice pour « Alice n’est plus ici » de Martin Scorsese, un film-manifeste sur la reconquête de l’identité et de la liberté féminine. Sa filmographie, qui compte des collaborations avec Alain Resnais, Darren Aronofsky ou Christopher Nolan, lui a valu une reconnaissance internationale que la presse russe résume en une liste de nominations et de récompenses, de « L’Exorciste » à « Requiem for a Dream ».
Au-delà des prix, c’est une certaine idée du métier que célèbre cette distinction. Coprésidente de l’Actors Studio, Burstyn a fait de la fragilité et de la discipline méthodique les outils d’un jeu fondé sur l’écoute et la générosité envers ses personnages. La presse espagnole souligne que son art, capable d’illuminer la douleur et la résilience quotidiennes avec dignité et ironie, reste un modèle d’authenticité et d’engagement civique. Dans les médias brésiliens, on retient surtout l’image de la mère terrifiée de « L’Exorciste », qui l’a fait connaître du grand public, et la longévité d’une carrière récompensée par la « Triple Couronne » du théâtre, du cinéma et de la télévision.
Alors que George Clooney recevra lui aussi un Lion d’or d’honneur lors de cette édition, la présence d’Ellen Burstyn sur le Lido prend une résonance particulière. Elle y présentera, le temps d’un court-métrage, une Marilyn Monroe libérée des regards qui l’ont figée, comme un écho à ces personnages féminins auxquels l’actrice a toujours su rendre leur complexité. Une manière de rappeler que le cinéma, lorsqu’il s’attache à la vérité émotionnelle, peut offrir une seconde chance même aux icônes.
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| Presse atlantique / anglosphère | +0.70 | aligned |
| Presse russe et CEI | +0.80 | aligned |
The Venice Biennale officially recognizes Ellen Burstyn's contribution to cinema, emphasizing the institutional procedure and the festival context.
The mechanism is institutional validation: by listing the board's decision and the director's proposal, the award is presented as an authoritative, shared judgment.
Omits the statements of artistic director Alberto Barbera praising the actress's 'rare emotional brightness', present in the Russian press.
The 93-year-old actress is celebrated for her longevity and her Oscar, with an admiring but detached tone.
The mechanism is numerical emphasis: by citing age and number of films, the award is presented as inevitable and deserved based on quantity and time.
Omits the institutional context of the festival (board decision, Clooney award) and the artistic statements of the director, present in other blocs.
Artistic director Alberto Barbera speaks with authority, calling the actress of 'rare emotional brightness', and the source Variety confirms the news.
The mechanism is artistic elevation: through a laudatory quote from the director, the award is elevated from a mere career recognition to a tribute to artistic excellence.
Omits the institutional details (board decision, Clooney award) and the short film by Maggie Gyllenhaal, present in the continental European press.
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