
Netanyahu refuse le retrait du Liban-Sud, au mépris de l’accord américano-iranien
Le Premier ministre israélien a réaffirmé que Tsahal resterait dans le sud du Liban tant que les besoins sécuritaires l’exigeraient, en contradiction avec le mémorandum signé entre Washington et Téhéran.
Benjamin Netanyahu a choisi la confrontation. Jeudi 18 juin, lors de l’inauguration d’une route en Cisjordanie occupée, le Premier ministre israélien a affirmé que Tsahal ne se retirerait pas du sud du Liban et maintiendrait une « zone de sécurité » aussi longtemps que les besoins sécuritaires d’Israël l’exigeraient. Une carte diffusée par l’armée israélienne délimite ce périmètre à environ dix kilomètres à l’intérieur du territoire libanais, présenté comme un rempart entre le Hezbollah et les localités du nord d’Israël. Cette déclaration intervient au lendemain de la signature, le 17 juin, d’un mémorandum d’entente entre Washington et Téhéran, qui prévoit la cessation des hostilités sur tous les fronts, y compris au Liban, et le respect de la souveraineté et de l’intégrité territoriale libanaises.
L’accord américano-iranien, négocié sans la participation d’Israël, place l’État hébreu dans une position délicate. La Maison-Blanche cherche à inscrire le front libanais dans une dynamique de désescalade régionale, tandis que Netanyahu considère que la guerre n’est pas terminée. Selon des sources israéliennes citées par Reuters, des « négociations difficiles » sont en cours avec Washington pour tenter de préserver les positions de Tsahal au Sud-Liban. Ce bras de fer illustre un décalage croissant entre la priorité américaine – stabiliser la région après des mois d’affrontements avec l’Iran et ses proxys – et la doctrine israélienne de sécurité absolue, qui exige un contrôle territorial direct au-delà de la frontière.
Pour Beyrouth, les propos de Netanyahu confirment que le retrait israélien constituera le véritable test de l’accord. Le gouvernement libanais considère la zone contrôlée par Tsahal comme un territoire sous occupation illégale, et le mémorandum américano-iranien fait explicitement référence à l’intégrité territoriale du Liban. Téhéran, de son côté, a menacé d’une « réponse ferme » en cas de poursuite des violations du cessez-le-feu par Israël, rappelant que le retrait du Sud-Liban devra faire partie de l’accord final. En Europe, où le volet militaire du Hezbollah est classé comme terroriste mais pas son aile politique, la situation ravive les dilemmes diplomatiques : comment concilier la condamnation du mouvement chiite avec la défense de la souveraineté libanaise, principe cher à la France, ancienne puissance mandataire toujours influente à Beyrouth.
Le maintien de la zone de sécurité israélienne risque ainsi de devenir le point de rupture d’une détente fragile. Si Netanyahu persiste, le cessez-le-feu pourrait voler en éclats, offrant à l’Iran un prétexte pour réactiver le front libanais et isoler davantage Israël sur la scène internationale. À l’inverse, un retrait sous pression américaine affaiblirait le Premier ministre sur le plan intérieur, où il doit répondre aux inquiétudes des habitants du nord. Les prochaines semaines diront si Washington parvient à imposer une lecture commune du mémorandum ou si le Liban redevient le théâtre d’une guerre par procuration.
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Netanyahu défie les États-Unis et refuse le retrait du Sud-Liban, mettant Israël en porte-à-faux avec l'accord Washington-Téhéran et les revendications libanaises de souveraineté. Le premier ministre israélien affirme que la guerre n'est pas terminée et que l'armée restera dans une 'zone de sécurité' aussi longtemps que les besoins de sécurité d'Israël l'exigeront.
Israël ne retirera pas ses troupes du Sud-Liban, a déclaré Netanyahou, car les besoins de sécurité exigent le maintien d'une zone tampon. Le mémorandum américano-iranien appelle à un cessez-le-feu et au respect de l'intégrité territoriale libanaise, mais Israël insiste sur le fait qu'il restera aussi longtemps que nécessaire.
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