
« Tout le Liban doit brûler » : la surenchère verbale des ministres israéliens après la mort de quatre soldats
Les déclarations incendiaires de Ben-Gvir et Smotrich, suivies de frappes israéliennes meurtrières, menacent l’accord de cessez-le-feu américano-iranien et suspendent les négociations.
La mort de quatre soldats israéliens dans le sud du Liban, survenue dans la nuit du 18 au 19 juin lors d’une attaque revendiquée par le Hezbollah contre un char près de Kfar Tebnit, a immédiatement provoqué une escalade verbale et militaire. Le ministre israélien de la Sécurité nationale, Itamar Ben-Gvir, a déclaré sur la plateforme X que « tout le Liban doit brûler » et que « pour chaque larme d’une mère israélienne, mille mères libanaises doivent pleurer », tandis que le ministre des Finances, Bezalel Smotrich, appelait à « ouvrir les portes de l’enfer ». En riposte, l’armée israélienne a annoncé avoir frappé plus de 80 cibles du Hezbollah, y compris dans la vallée de la Bekaa, faisant au moins 18 morts et 33 blessés selon le ministère libanais de la Santé.
Ces propos s’inscrivent dans la ligne dure portée par l’aile droite du gouvernement de Benyamin Netanyahou, qui réclame depuis des semaines une intensification des opérations militaires au Liban, allant jusqu’à menacer la capitale Beyrouth, en dépit des pressions répétées de Washington. Du côté iranien, le ministre des Affaires étrangères Abbas Araghchi a dénoncé un « culte de la mort génocidaire » et accusé le « régime israélien » de ne rechercher que la « guerre permanente ». Téhéran, qui soutient le Hezbollah, exige désormais des garanties tangibles de cessation des hostilités au Liban avant de reprendre les pourparlers avec les États-Unis.
Cette flambée de violence survient deux jours seulement après la signature, le 17 juin, d’un mémorandum d’entente entre Washington et Téhéran. Ce texte prévoyait un cessez-le-feu de soixante jours, l’ouverture conditionnelle du détroit d’Ormuz et la reprise de négociations sur le programme nucléaire iranien. Les discussions prévues le 19 juin à Bürgenstock, en Suisse, avec la médiation du Pakistan et du Qatar, ont été reportées après l’annulation du déplacement du vice-président américain J.D. Vance. Ce dernier avait auparavant vertement critiqué les membres du cabinet israélien hostiles à l’accord, leur rappelant que les deux tiers des armes défensives ayant protégé Israël « ont été fabriquées par des mains américaines et payées par les contribuables américains ».
L’armée israélienne occupe depuis février une large portion du sud du Liban, officiellement pour neutraliser les capacités du Hezbollah après l’assassinat du guide suprême iranien Ali Khamenei. Le bilan humain côté libanais dépasse les 3 000 morts, selon les autorités de Beyrouth. L’accord américano-iranien visait à geler ce front périphérique pour créer un espace de dialogue sur le nucléaire, mais la poursuite des combats et la rhétorique incendiaire des ministres israéliens fragilisent l’ensemble de l’architecture diplomatique.
Les médiateurs s’efforcent de résoudre le blocage, alors que l’Iran conditionne la reprise du dialogue à un arrêt effectif des frappes israéliennes. La capacité de Washington à imposer une désescalade à son allié israélien sera déterminante, au moment où le Premier ministre Netanyahou affirme ne pas avoir l’intention de retirer ses troupes du Liban.
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Le ministre israélien d'extrême droite a déclaré que tout le Liban devait brûler, ignorant délibérément l'accord entre les États-Unis et l'Iran ainsi que les appels internationaux à la désescalade. Le récit souligne qu'Israël poursuit son offensive malgré les efforts diplomatiques, affichant un mépris pour le droit international et les victimes civiles libanaises.
Après que le Hezbollah a tué quatre soldats israéliens, le ministre de la sécurité nationale a appelé à brûler le Liban, tandis que l'armée israélienne a frappé des dizaines de cibles du groupe armé. Le récit rapporte de manière équilibrée les pertes des deux camps, sans porter de jugement explicite sur la rhétorique incendiaire.
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