
Universités sous tension : salaires impayés, prêts étudiants et menaces de grève sur trois continents
Du Mexique au Nigeria en passant par le Kenya, la précarité financière des établissements d’enseignement supérieur provoque une vague de protestations syndicales et de mesures de recouvrement.
En quelques jours, une série de conflits sociaux a éclaté dans le secteur universitaire, du Mexique à l’Afrique de l’Est, mettant en lumière la fragilité des modèles de financement de l’enseignement supérieur. À Mexico, le syndicat des travailleurs de l’Université autonome de Sinaloa (SUNTUAS) a manifesté devant le Palais national pour dénoncer le non-paiement de prestations et a menacé d’une grève illimitée à partir du 29 juin, susceptible de perturber la rentrée 2026-2027. Au Nigeria, l’Association nationale des étudiants (NANS) a donné 48 heures à l’Université fédérale d’Oye-Ekiti pour réintégrer des étudiants suspendus, sous peine de paralyser le campus, tandis que la branche locale du syndicat des enseignants (ASUU) de l’Université de l’État de Yobe a averti qu’elle pourrait déclencher une action industrielle en raison d’arriérés de promotion et de salaires non honorés par le gouvernement régional.
Ces mobilisations traduisent une pression budgétaire croissante sur les universités publiques. Au Mexique, le syndicat accuse le ministère fédéral de l’Éducation (SEP) de ne pas avoir transféré les ressources nécessaires, malgré les efforts d’assainissement financier consentis par les employés. Au Kenya, le syndicat du personnel académique de l’Université Moi (UASU) conteste l’utilisation d’une allocation gouvernementale de 1,2 milliard de shillings destinée aux arriérés de salaires de 2017-2022, qui aurait été affectée à des dettes plus anciennes, laissant un impayé de 500 millions de shillings. En Afrique de l’Ouest, la situation ghanéenne illustre une autre facette de la crise : le Contrôleur et Comptable général a révélé que 4 000 fonctionnaires figurant sur la liste de paie de l’État restent redevables de leurs prêts étudiants, et a annoncé des retenues sur salaire pour renflouer le Fonds fiduciaire de prêts étudiants, dont la viabilité est menacée.
Les réponses des autorités varient sensiblement d’une région à l’autre. En Amérique du Nord, l’administration Trump a annoncé une réduction temporaire d’un point de pourcentage des taux d’intérêt sur les prêts étudiants fédéraux directs, à condition que les emprunteurs s’inscrivent au paiement automatique. Cette mesure, en vigueur jusqu’en juin 2028, vise à atténuer un taux de délinquance qui a atteint 10,3 % au premier trimestre, son plus haut niveau depuis six ans. Elle ne concerne toutefois qu’une minorité d’emprunteurs et exclut les quelque 9 millions de personnes en défaut de paiement, qui doivent d’abord régulariser leur situation. En Afrique de l’Ouest, le recouvrement forcé des prêts étudiants au Ghana s’inscrit dans une logique de pérennisation du fonds, qui a déboursé plus de 127 millions de cedis pour 46 000 étudiants, mais dont la soutenabilité dépend désormais de la ponction sur les salaires des fonctionnaires.
Les prochaines échéances seront déterminantes. Au Mexique, la date butoir du 29 juin pour le déclenchement de la grève coïncide avec la fin du mois et le versement des salaires ; au Nigeria, l’ultimatum de la NANS expire lundi, et la direction de l’université d’Oye-Ekiti a promis une résolution progressive lors de la prochaine réunion du sénat académique. Au Kenya, le syndicat exige que le litige soit réglé avant la rentrée de septembre, faute de quoi les cours pourraient être perturbés. Enfin, le dispositif américain de réduction des taux, bien que temporaire, pourrait servir de test pour une refonte plus large du système de prêts étudiants, dont les nouvelles règles entreront en vigueur le 1er juillet.
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Des travailleurs universitaires mexicains manifestent au Palais national pour dénoncer le non-paiement des prestations et salaires par le ministère de l'Éducation. Ils menacent d'une grève illimitée si les fonds fédéraux ne sont pas transférés immédiatement.
Au Nigeria, au Ghana et au Kenya, étudiants et enseignants universitaires se soulèvent contre les dettes et les suspensions. Les associations étudiantes et les syndicats menacent de grèves et de fermetures de campus si les arriérés ne sont pas payés et les droits rétablis.
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