
Mondial 2026 : la victoire de l’Argentine contre l’Égypte enflamme la polémique arbitrale
Un but annulé après intervention de la VAR et les propos du maire de New York sur un « vol » subi par les Pharaons ont fait sortir le débat du seul cadre sportif.
L’Argentine a arraché sa qualification pour les quarts de finale du Mondial 2026 en renversant l’Égypte (3-2) au terme d’un huitième de finale marqué par une controverse arbitrale majeure. Menés 2-0 à un quart d’heure de la fin, les champions du monde en titre ont profité d’un effondrement égyptien dans les dernières minutes, mais le tournant du match reste ce but de Mostafa Ziko refusé en seconde période après un long examen vidéo. L’arbitre français François Letexier, alerté par la VAR, a estimé qu’une faute de Marwan Attia sur Lisandro Martínez, survenue plus de vingt secondes avant la conclusion de l’action, justifiait l’annulation de la réalisation.
Dans le monde arabe, la décision a été perçue comme une injustice flagrante. La Fédération égyptienne de football a déposé une plainte officielle auprès de la FIFA, dénonçant des « décisions arbitrales incohérentes » et un usage inapproprié de l’assistance vidéo. Le sélectionneur Hossam Hassan a évoqué un parti pris en faveur de l’Argentine, tandis que l’attaquant Ziko a ironisé sur un scénario écrit d’avance. Les médias et les réseaux sociaux égyptiens ont relayé massivement l’idée d’un « vol », une lecture partagée par de nombreux analystes africains et du Moyen-Orient, qui pointent une application extensive du protocole VAR rarement observée à ce stade de la compétition.
La polémique a franchi l’Atlantique lorsque le maire de New York, Zohran Mamdani, a déclaré lors d’une conférence de presse sur les transports publics que les gains de temps pour les usagers permettraient notamment de « se mettre d’accord avec ses amis sur le fait que l’Égypte a été volée hier ». Né en Ouganda, ayant vécu au Caire, l’élu a ainsi importé le débat dans la sphère politique nord-américaine, à quelques jours de la finale qui se tiendra au MetLife Stadium de sa propre ville. Ses propos, applaudis par une partie de l’audience, ont été largement repris par la presse latino-américaine, qui y voit une ingérence inattendue dans une compétition où les passions nationales sont exacerbées.
Face à la controverse, la FIFA, par la voix de son responsable de l’arbitrage Pierluigi Collina, a défendu l’intervention de la VAR en rappelant qu’une faute reste une faute quel que soit le délai écoulé, tout en mettant en garde contre les accusations non fondées qui exposent les officiels à des menaces. L’instance n’a pas encore statué sur la plainte égyptienne, mais le débat dépasse désormais le simple cadre technique : il interroge la frontière entre la correction d’une erreur manifeste et la réécriture du cours d’un match.
Sur le plan sportif, l’Argentine poursuit sa route vers un possible deuxième titre consécutif, tandis que l’Égypte quitte le tournoi avec le sentiment amer d’une élimination aux allures d’inachevé. Le prochain adversaire des Argentins sera connu à l’issue des autres huitièmes de finale, alors que la polémique continuera d’alimenter les conversations bien au-delà des stades.
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