
De Bogotá à Dacca, la régulation des contenus en ligne face à la protection de la dignité
Des décisions de la Cour constitutionnelle colombienne aux études sur la misogynie numérique au Brésil, les sociétés cherchent des réponses à la diffusion non consentie d’images et aux discours de haine.
La Cour constitutionnelle colombienne a rendu deux décisions marquantes en matière de droits numériques. Dans un premier arrêt, elle a statué que le consentement à la diffusion d’images intimes peut être révoqué à tout moment, et que la publication sans autorisation constitue une violence numérique et sexuelle. La Cour a exhorté le Congrès à légiférer sur cette infraction et ordonné aux plateformes de retirer les contenus signalés. Dans une seconde affaire, elle a interdit aux copropriétés d’empêcher les animaux de compagnie d’emprunter les ascenseurs ou les parties communes, jugeant ces restrictions contraires au libre développement de la personnalité et au lien affectif protégé par la Constitution. Ces décisions, rapportées par les quotidiens El Colombiano et La Opinión, illustrent une tendance des juridictions latino-américaines à étendre la protection des droits fondamentaux dans l’espace numérique et privé.
Au Brésil, la question de la misogynie en ligne a pris une tournure à la fois personnelle et scientifique. La chanteuse Luísa Sonza a dénoncé sur les réseaux sociaux le machisme et les jugements dont elle fait l’objet, affirmant que la société tente de détruire l’image des femmes publiques. Parallèlement, une étude de l’Université fédérale de Bahia (UFBA) a analysé 47 000 images circulant sur Telegram et constaté que plus de 90 % des contenus misogynes ne relèvent pas de la pornographie explicite, mais de mèmes, de montages et de plaisanteries. Les termes comme « vadia », « vagabunda » ou « fêmea » y sont récurrents, et 65 % des images sont jugées d’intensité haute ou extrême. Selon les chercheurs, ces groupes servent de porte d’entrée à la culture masculiniste et de plateforme de vente de contenus, tandis que les liens partagés redirigent massivement vers YouTube et Instagram, amplifiant la diffusion.
Dans le monde musulman, la protection de l’honneur des femmes en ligne est abordée sous l’angle religieux. Un article du quotidien bangladais Prothom Alo rappelle que le Coran et la Sunna interdisent strictement la diffamation et les accusations sans preuve, notamment en matière de mœurs. Qualifier une femme de « débauchée » sans quatre témoins oculaires est considéré comme un crime de qadhf, passible de quatre-vingts coups de fouet et du rejet du témoignage. L’auteur souligne que ces prescriptions s’appliquent aussi bien aux propos tenus en ligne qu’hors ligne, et que les musulmans doivent faire preuve de retenue dans leur langage numérique. Cette approche, fondée sur la charia, contraste avec les réponses laïques latino-américaines, mais partage la même préoccupation de réguler les discours portant atteinte à la réputation.
Ces développements interviennent dans un contexte de croissance rapide des contenus haineux. L’étude brésilienne note que 70 % des images analysées ont été publiées entre 2025 et le premier semestre 2026, signalant une accélération. En Colombie, la Cour constitutionnelle a fixé des délais : le ministère des Technologies et la Défenseur du peuple doivent élaborer un guide de prévention sous six mois, et le Congrès est appelé à examiner une loi pénale lors de la prochaine législature. Au Bangladesh, le débat reste principalement théologique, sans annonce de réforme législative spécifique. L’absence de cadre pénal unifié dans de nombreux pays laisse pour l’heure aux plateformes et aux juridictions le soin de tracer les limites entre liberté d’expression et protection de la dignité.
| Presse arabe Levant-Maghreb | −0.20 | neutral |
|---|---|---|
| Presse indienne et sud-asiatique | −0.50 | critical |
| Presse latino-américaine | +0.40 | aligned |
Criminal punishment is the only effective deterrent against online defamation. The law protects women's dignity.
Presents the case as an example of criminal justice working, reinforcing the idea that law is the primary tool to protect online dignity.
Islam strictly forbids accusing a woman without proof. Believers must refrain from comments that harm others' honor.
Bases the argument on authoritative religious texts (Quran and Sunnah), making the position indisputable for believers.
Consent is never irrevocable. The Court ruled that women can withdraw permission at any time. Online misogyny must be fought with legal and social tools.
Uses a concrete Constitutional Court ruling to establish a legal principle, and links it to research data to show the prevalence of the phenomenon.
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