
Mondial 2026 : l’Afrique place neuf équipes en seizièmes, un record qui bouscule la hiérarchie
Avec 90 % de ses représentants qualifiés pour la phase à élimination directe, le continent africain signe une performance inédite, tandis que le nouveau format à 48 équipes divise les observateurs.
Le premier tour du Mondial 2026 s’est achevé sur une statistique qui fera date : neuf des dix sélections africaines engagées ont franchi l’obstacle des poules, un taux de réussite de 90 % qui relègue derrière lui l’Amérique du Sud (83 %) et l’Europe (81 %). Du Cap-Vert, archipel d’un demi-million d’habitants, à la République démocratique du Congo, en passant par l’Algérie et le Ghana, le continent a déjoué les pronostics. Seule la Tunisie est restée à quai. Ce raz-de-marée, qui contraste avec les deux qualifiés au maximum enregistrés lors des éditions précédentes, doit beaucoup à l’élargissement du tournoi à 48 nations, mais aussi, selon les dirigeants de la Confédération africaine de football, à des années d’investissement dans la formation et les infrastructures.
Sur le terrain, les récits ont foisonné. Le Cap-Vert, qui évoluait dans un groupe relevé avec l’Espagne et l’Uruguay, a tenu les champions d’Europe en échec (0-0) avant d’arracher un nul contre la Celeste (2-2), puis de valider sa deuxième place face à l’Arabie saoudite. Son gardien de 40 ans, Vozinha, est devenu une vedette des réseaux sociaux, tandis que son sélectionneur, Bubista, rappelait que « le football appartient à tous, pas seulement aux pays les plus riches ». La RD Congo, pour sa première qualification en phase finale depuis 1974, a dominé l’Ouzbékistan (3-1) et s’offre un seizième contre l’Angleterre. L’Algérie, au terme d’un match à suspense contre l’Autriche (3-3), a elle aussi composté son billet parmi les meilleurs troisièmes.
Ce bilan flatteur n’éteint pas les critiques sur le format. Dans la presse germanophone, on salue un « plein succès » sportif, riche en émotions et en histoires, qui valide le pari de Gianni Infantino. Les commentateurs italiens et britanniques pointent en revanche le manque de suspense : avec 32 qualifiés sur 48, le premier tour a manqué de véritable enjeu pour les grandes nations, et le repêchage des huit meilleurs troisièmes a engendré des matchs sans relief, voire des soupçons de arrangements. L’élimination de seulement seize équipes après 72 rencontres a nourri le débat, et l’idée d’un passage à 64 participants, déjà évoquée dans les couloirs de la FIFA, refait surface.
Les modèles statistiques, eux, dessinent une suite de compétition dominée par les favoris traditionnels. Le supercalculateur d’Opta et les économistes de Goldman Sachs placent la France en tête des probabilités de sacre (entre 18,7 % et 22,4 %), devant l’Argentine et l’Espagne. Le Brésil, cinquième, ne recueille qu’environ 7 % des chances. Un analyste allemand, Joachim Klement, qui a vu juste lors des trois dernières éditions, mise sur les Pays-Bas. Mais ces projections n’intègrent qu’imparfaitement la dynamique africaine, que le président de la CAF, Patrice Motsepe, attribue à un travail de fond sur les jeunes et les entraîneurs.
Les seizièmes de finale, qui débutent, offriront un premier test grandeur nature. Le Cap-Vert défiera l’Argentine de Lionel Messi, la RD Congo se mesurera à l’Angleterre, et le Maroc, demi-finaliste en 2022, affrontera les Pays-Bas. Pour l’Asie, en revanche, l’heure est à la remise en question : seuls le Japon et l’Australie ont survécu, confirmant un déclassement que la presse du continent juge préoccupant. La suite du tournoi dira si la poussée africaine résiste à l’intensité des matchs à élimination directe.
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Neuf des dix sélections africaines ont atteint les seizièmes de finale, un record qui réécrit l'histoire du football mondial. Le continent célèbre un moment de fierté et de revanche, voyant dans cet exploit la preuve que l'écart avec les puissances traditionnelles se réduit. Cette performance ouvre des perspectives concrètes pour une plus grande représentation lors des prochains tournois.
Jamais autant d'équipes africaines n'avaient atteint les seizièmes de finale d'une Coupe du monde : neuf sur dix, seule la Tunisie étant éliminée. Aux côtés des valeurs sûres comme le Maroc et le Sénégal, des surprises comme le Cap-Vert enrichissent le tableau d'un continent en progression. La domination européenne demeure, mais l'Afrique s'impose comme un protagoniste inattendu.
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