
Le ratón Pérez et l’IA, nouveaux professeurs d’économie pour la jeunesse
De Buenos Aires à Jakarta, des initiatives mêlent jeu, simulation et intelligence artificielle pour préparer les jeunes à un monde du travail en mutation.
Victoria, 18 ans, navigue sur la plateforme « Finanzas a Mano » dans son appartement de Buenos Aires. À l’écran, un assistant virtuel nommé Lucca répond à ses questions, tandis que le Ratón Pérez — la petite souris des dents de lait, icône culturelle hispanophone — transforme une leçon de budget en jeu interactif. « J’ai appris des outils concrets qui m’aident déjà à mieux m’organiser au quotidien », confie la jeune femme. Ce programme gratuit, conçu par la banque Galicia avec l’aval de l’Université de Buenos Aires, cible les 16-26 ans dans un pays où 70 % des jeunes déclarent manquer de connaissances pour gérer leur argent, selon un diagnostic de Junior Achievement, et où 60 % fondent leurs décisions financières sur des conseils glanés sur les réseaux sociaux.
À des milliers de kilomètres, dans des lycées italiens, une autre forme d’apprentissage par le faire prend racine. L’association StartMeUp Aps, active dans le Latium, la Lombardie, la Campanie, la Sicile et les Marches, utilise la simulation d’entreprise pour enseigner aux élèves non pas à chercher un emploi, mais à « créer du travail », selon les mots de son président GianMarco Ingafu’ Del Monaco. Les étudiants identifient des problèmes concrets, élaborent des solutions en équipe et présentent leurs projets. L’enjeu est de taille : d’après l’enquête Pisa 2022 de l’OCDE, les adolescents italiens affichent un score moyen de 484 en littératie financière, en dessous de la moyenne de 498, et près d’un sur cinq ne maîtrise pas les compétences de base. Depuis 2024, l’éducation financière a fait son entrée dans les cours d’instruction civique, mais pour Ingafu’ Del Monaco, il ne suffit pas de transmettre des notions théoriques : « Comprendre un coût, évaluer la viabilité d’une idée, gérer des ressources limitées, cela aide les jeunes à prendre des décisions plus conscientes dans la vie quotidienne. »
En Indonésie, l’Alta Global School (AGS) pousse cette logique encore plus loin en intégrant la préparation à l’intelligence artificielle dès le primaire. Fondée par Radyum Ikono, également à la tête de la plateforme éducative Schoters, l’école internationale affiche un taux de 100 % de diplômés poursuivant leurs études à l’étranger, dont 92 % avec des bourses. L’établissement entend répondre aux prévisions du Forum économique mondial : d’ici 2030, 86 % des entreprises seront transformées par l’IA, créant 170 millions de nouveaux postes tout en en supprimant 92 millions. Or, seuls 5 % des élèves indonésiens atteignent les niveaux supérieurs de pensée créative dans les tests Pisa, contre 27 % en moyenne dans l’OCDE. AGS mise donc sur des projets, des concours et une exposition internationale pour forger des « citoyens du monde » capables de s’adapter. Cette urgence traverse toute l’Amérique latine : selon le Baromètre international Cegos 2026, 66 % des professionnels des ressources humaines de la région placent l’IA et l’automatisation en tête des défis de transformation, mais un employé sur dix avoue ne pas posséder les compétences technologiques requises.
Au-delà des chiffres, ces expériences dessinent un basculement pédagogique commun : il ne s’agit plus seulement d’accumuler des savoirs, mais d’apprendre à agir dans l’incertitude. En Argentine, le jeu et l’assistant virtuel rendent la finance accessible ; en Italie, le droit à l’erreur devient partie intégrante du processus d’innovation ; en Indonésie, l’horizon s’élargit aux universités étrangères. Partout, l’objectif est de dépasser la consommation passive de tutoriels sur les réseaux sociaux pour cultiver une intelligence pratique, critique et collaborative. Reste une image : celle de Victoria refermant son ordinateur avec, pour la première fois, un budget mensuel clairement établi, tandis que le Ratón Pérez, dans un coin de l’écran, semble lui adresser un clin d’œil complice.
| Presse latino-américaine | −0.20 | neutral |
|---|---|---|
| Presse européenne continentale | 0.00 | neutral |
| Presse d'Asie du Sud-Est | +0.30 | aligned |
Latin America demands that financial education and digital skills become absolute priorities to prepare youth for a digitalized economy.
Uses alarming data on the lack of financial planning to create a sense of urgency and legitimize the call for school reforms.
Does not mention the entrepreneurial approach as an alternative to traditional education, nor concrete examples of schools already implementing solutions.
Europe must move beyond the idea that school only prepares for existing jobs and instead teach how to create new opportunities.
Contrasts the traditional model of 'finding work' with a new paradigm of 'creating work', using the authority of a startup federation to support the change.
Does not address the role of AI or financial digitalization, focusing solely on entrepreneurship.
Skill-based education and global exposure are the key to preparing young people for AI disruption.
Presents a specific school as a successful model, using the language of preparedness and globalization to make the solution plausible.
Does not discuss systemic gaps in public education nor the challenges of equitable access, focusing on a private example.
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