
Investissements directs étrangers : une reprise en trompe-l’œil en 2025
La hausse de 6 % des flux mondiaux d’IDE masque une concentration sectorielle et géographique qui accentue la fragilité des économies en développement.
Les flux mondiaux d’investissements directs étrangers (IDE) ont progressé de 6 % en 2025 pour atteindre 1 600 milliards de dollars, rompant avec deux années de recul, selon le Rapport sur l’investissement dans le monde 2026 publié mardi par la CNUCED. Ce rebond, toutefois, est qualifié d’« étroit, fragile et inégal » par l’agence onusienne, car il repose sur un petit nombre de mégaprojets et de pays. Vingt économies concentrent plus de 80 % des entrées, tandis que la plupart des secteurs enregistrent une activité atone, dans un climat d’incertitude commerciale et de tensions géopolitiques persistantes.
La mécanique de cette reprise est largement tributaire des infrastructures liées à l’intelligence artificielle. Les centres de données, suivis par le pétrole, le gaz et les semi-conducteurs, ont porté la croissance de la valeur des projets, alors que les énergies renouvelables, les infrastructures classiques et l’industrie manufacturière ont vu leurs investissements reculer. La CNUCED souligne que cette dynamique, portée par des projets à forte intensité capitalistique, masque une fragilité sous-jacente et des disparités croissantes entre régions et secteurs.
Les économies développées captent l’essentiel de la hausse, avec des entrées en progression de 11 % (723 milliards de dollars), contre seulement 2 % pour les pays en développement (901 milliards). L’Asie en développement demeure la première région bénéficiaire (644 milliards), tirée par Singapour, Hong Kong, la Chine et l’Inde, où les flux ont bondi de 44 % à 39 milliards. L’Amérique latine progresse de 14 % (188 milliards), le Mexique réintégrant le top 10 mondial avec 41 milliards, porté par le nearshoring manufacturier malgré l’incertitude liée aux droits de douane américains. L’Afrique, en revanche, voit ses entrées chuter de 26 % à 70 milliards, tandis que les pays les moins avancés, bien qu’en hausse de 21 %, ne reçoivent que 2,7 % du total mondial, quasi exclusivement concentrés dans quelques économies riches en ressources.
Face à ce paysage fragmenté, les gouvernements multiplient les interventions : 229 mesures de politique d’investissement ont été recensées en 2025, un record. Si la plupart restent favorables aux investisseurs, nombre d’entre elles visent à attirer des capitaux vers les industries stratégiques ou à répondre à des préoccupations de sécurité économique. La CNUCED met en garde contre le risque d’un décrochage accru des économies qui ne peuvent rivaliser en matière d’infrastructures, d’énergie ou de soutien public, alors que l’investissement devient plus intensif en capital et en technologie.
Les perspectives pour 2026 demeurent complexes. L’incertitude des politiques commerciales, la fragmentation économique et le coût élevé du financement continuent de peser sur les décisions d’investissement, tandis que la concurrence pour les projets liés aux secteurs stratégiques devrait s’intensifier. Le rapport onusien, sans formuler de prévisions chiffrées, appelle à une lecture prudente d’une reprise qui, pour l’heure, profite avant tout aux acteurs déjà les mieux positionnés.
| Presse africaine subsaharienne | −0.20 | neutral |
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| Presse latino-américaine | +0.70 | aligned |
| Presse indienne et sud-asiatique | +0.80 | aligned |
Le rapport de la CNUCED met en garde : la reprise est fragile et inégale, concentrée dans quelques pays et secteurs.
Utilise des données agrégées et des avertissements pour créer un tableau prudent, sans mettre l'accent sur les succès locaux.
Ne mentionne pas les succès spécifiques de pays comme l'Inde ou le Mexique, qui pourraient offrir une vision plus optimiste.
Le Mexique célèbre son retour dans le top 10, soulignant son propre succès à attirer les investissements.
Sélectionne et met en avant la donnée nationale positive, l'isolant du contexte global de fragilité.
Omet le fait que la reprise mondiale est fragile et inégale, et que de nombreux pays en développement n'ont connu qu'une modeste augmentation.
L'Inde revendique une augmentation de 44% des IDE, renforçant son image de destination d'investissement privilégiée.
Met l'accent sur la croissance en pourcentage et le contexte politique favorable, tout en minimisant les réserves mondiales.
Ne souligne pas que la croissance mondiale est concentrée dans quelques pays et que la reprise est qualifiée de fragile par le même rapport de la CNUCED.
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