
La France restitue à la Syrie 51 millions d’euros saisis auprès de Rifaat al-Assad
Cette décision, annoncée lors de la première visite d’un chef d’État européen à Damas depuis la chute du régime, s’accompagne d’accords économiques et d’un soutien à la reconstruction.
Le président français Emmanuel Macron a annoncé, lors de sa visite à Damas, la restitution à la Syrie de plus de 50 millions d’euros confisqués par la justice française à Rifaat al-Assad, oncle de l’ancien président Bachar al-Assad. Cette visite, la première d’un chef d’État de l’Union européenne depuis la chute du régime en décembre 2024, a donné lieu à la signature de plusieurs accords de coopération dans les domaines du développement, de la reconstruction et des infrastructures.
Selon la déclaration d’intention signée par les ministres des Affaires étrangères des deux pays, le processus de restitution portera sur 51 millions d’euros issus de la confiscation d’avoirs illicites. Les fonds seront affectés à des projets de développement concrets sur le territoire syrien. Cette démarche s’inscrit dans un réengagement plus large de Paris auprès des nouvelles autorités de Damas, dirigées par Ahmed al-Charaa. La France a également proposé son assistance à la restructuration du secteur bancaire syrien et à la banque centrale, tandis que l’Union européenne a débloqué une enveloppe de 620 millions d’euros sur trois ans pour soutenir le relèvement du pays.
Sur le plan économique, la visite a été marquée par la conclusion d’accords impliquant de grands groupes français. TotalEnergies a signé un mémorandum pour l’évaluation d’un bloc offshore en Méditerranée orientale, en partenariat avec QatarEnergy et l’américain ConocoPhillips. L’armateur CMA CGM, déjà gestionnaire du terminal à conteneurs de Lattaquié, a obtenu l’exploitation du fret aérien à l’aéroport de Damas et la gestion de deux ports secs. Pour les capitales occidentales, ces contrats illustrent une normalisation progressive des relations avec la Syrie post-Assad, bien que la sécurité demeure un sujet de préoccupation, comme l’a rappelé l’explosion de deux engins artisanaux à proximité de l’hôtel où résidait la délégation française.
La figure de Rifaat al-Assad, décédé en janvier 2025 à l’âge de 88 ans, reste associée à la répression sanglante de la révolte des Frères musulmans à Hama en 1982, qui lui valut le surnom de « boucher de Hama ». Condamné en France en 2022 pour blanchiment et détournement de fonds publics syriens, il avait fui la justice française en retournant en Syrie en 2021. La restitution de ces avoirs, bien que symbolique au regard des besoins de la reconstruction, est perçue par les chancelleries européennes comme un geste de bonne volonté envers le peuple syrien et un test de la capacité des nouvelles autorités à garantir une utilisation transparente des fonds. Le processus de transfert devrait désormais être engagé, en parallèle des négociations techniques sur la coopération bancaire et énergétique.
| Presse arabe Levant-Maghreb | +0.60 | aligned |
|---|---|---|
| Presse européenne continentale | −0.40 | critical |
| Presse du Golfe arabe | −0.20 | neutral |
La France restitue au peuple syrien les fonds détournés par la famille Assad, marquant une victoire de la justice.
Met l'accent sur le retour des fonds comme un acte de justice et de réparation, omettant le contexte historique des atrocités de Rifaat.
Ne mentionne pas le rôle de Rifaat al-Assad dans le massacre de Hama en 1982, présent dans la presse européenne.
La France restitue les fonds détournés par le 'boucher de Hama', un acte de justice tardive contre l'ancien régime.
Insère le contexte historique des atrocités pour moraliser la restitution, la présentant comme une condamnation de l'ancien régime.
Ne mentionne pas les détails des accords économiques et la perspective de reconstruction, présents dans la presse arabe.
Macron ouvre les coffres de Rifaat al-Assad, exposant la richesse volée de l'ancien régime restituée à la Syrie.
Soulève des questions sur les détails et les implications, créant un ton d'enquête plutôt que de célébration.
Ne mentionne pas l'étiquette morale de 'boucher de Hama' pour Rifaat al-Assad, présente dans la presse européenne.
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