
Russie : face à la pénurie de carburant, le rationnement par plaque d’immatriculation s’étend
Six régions russes ont instauré un système de distribution alternée de l’essence, tandis que les files d’attente s’allongent et que les autorités multiplient les mesures d’urgence.
Le 9 juillet, les régions d’Astrakhan, de Nijni Novgorod et de Mordovie ont rejoint l’oblast d’Orel pour imposer une vente de carburant selon la parité du numéro de plaque d’immatriculation. Ce dispositif, qui s’appliquera aussi à Pskov et Lipetsk dans les jours suivants, illustre l’aggravation de la crise d’approvisionnement qui touche la Russie depuis les frappes de drones ukrainiens contre ses principales raffineries. Selon les médias russes, les dégâts infligés aux infrastructures, notamment l’arrêt de la raffinerie d’Omsk le 6 juillet, ont réduit la production nationale et provoqué des pénuries localisées, affectant directement près de 50 millions de personnes.
Le mécanisme de rationnement, déjà expérimenté aux États-Unis après l’ouragan Sandy, réserve les jours pairs aux véhicules dont la plaque se termine par un chiffre pair, et inversement. Il s’accompagne de limitations de volume (20 à 30 litres par voiture) et de l’interdiction de remplir des jerricans. En parallèle, des systèmes de vente par QR code ont été déployés à Sébastopol et dans la région de Nijni Novgorod pour mieux répartir les volumes disponibles. Les autorités régionales justifient ces mesures par la nécessité de réduire les files d’attente, qui peuvent durer plusieurs jours dans certaines zones comme la Transbaïkalie, et de lutter contre un « tourisme du carburant » venu des régions frontalières russes.
Cette ruée vers l’essence a des répercussions au-delà des frontières. Le Kazakhstan a ainsi déployé 59 postes de police près de ses points de passage pour empêcher l’exportation illégale de carburant, contrôlant les réservoirs supplémentaires et limitant à un franchissement par jour les véhicules en provenance des États limitrophes. En Russie même, la situation pèse sur l’activité agricole et la saison touristique, notamment dans le kraï de Krasnodar où près d’un cinquième des stations-service restent fermées malgré la réouverture de 177 d’entre elles. Les autorités fédérales ont augmenté les livraisons vers cette région et interdit jusqu’au 31 juillet l’exportation de diesel, de fioul lourd et de gasoils.
Face à la crise, les géants technologiques russes ont réagi. Sberbank et Yandex ont chacun lancé des cartes interactives indiquant les stations où du carburant a été récemment acheté, en s’appuyant sur les données de paiement anonymisées de millions d’utilisateurs. Ces outils, qui couvrent des milliers de points de vente, visent à orienter les automobilistes vers les pompes encore approvisionnées. Le gouvernement étudie par ailleurs la proposition de créer un réseau de petites raffineries, moins vulnérables aux attaques, tandis que le président Vladimir Poutine a ordonné des subventions pour l’approvisionnement de la Crimée et de Sébastopol. La levée de l’interdiction d’exporter, prévue fin juillet, constituera un test de la capacité du pays à stabiliser son marché intérieur.
| Presse russe et CEI | +0.40 | aligned |
|---|---|---|
| Presse atlantique / anglosphère | −0.60 | critical |
| Presse européenne continentale | −0.30 | critical |
Russia normalizes the fuel crisis by presenting concrete solutions: the reopening of stations and Sber's tech map demonstrate that the system works.
Emphasizes positive data (reopenings) and technological innovations, downplaying the scale of the crisis and restrictive measures like rationing.
Does not mention the odd-even rationing adopted in six regions, nor the severity of the shortage reported by independent sources.
The West denounces the chaos of the Russian system: odd-even rationing and QR codes are symptoms of a humiliating failure.
Uses the detail of rationing as a symbol of dysfunction, adopting an ironic and critical tone to delegitimize Russian authorities.
Omits signs of improvement, such as the reopening of 177 stations in Kuban and the launch of Sber's map.
Continental Europe records the Russian crisis with alarm: rationing is an extreme measure revealing a critical situation.
Adopts an alarmed reporting tone, citing independent sources (Meduza) to confirm the severity, without openly taking sides.
Does not mention improvement measures like the reopening of stations or Sber's map, focusing only on restrictions.
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