
Le négociateur en chef iranien affirme que seule la préparation à la guerre permet de négocier avec Washington
Mohammad Bagher Ghalibaf a réitéré la défiance de Téhéran envers les États-Unis, alors que les frappes réciproques menacent le mémorandum de cessez-le-feu signé en juin.
Le président du Parlement iranien et négociateur en chef avec les États-Unis, Mohammad Bagher Ghalibaf, a déclaré le 10 juillet que « seuls ceux qui sont prêts à la guerre peuvent négocier avec l’Amérique », selon des propos rapportés par plusieurs agences. Cette prise de position intervient alors qu’une escalade militaire met en péril le mémorandum d’entente signé à la mi-juin entre Téhéran et Washington, sous l’égide du Pakistan et avec le concours du Qatar, pour mettre fin au conflit au Moyen-Orient.
Du point de vue iranien, la confrontation ne saurait s’achever par une reddition. M. Ghalibaf a souligné que la République islamique n’a jamais recherché la guerre mais que le « devoir de résistance » face à l’injustice, fondé sur une lecture coranique, interdit toute capitulation. Il a affirmé que les États-Unis, l’entité sioniste et l’OTAN avaient cru pouvoir contraindre l’Iran à la soumission en quelques jours avant le déclenchement des hostilités, mais qu’ils ont rapidement constaté leur échec. Selon lui, les pressions économiques, politiques et médiatiques ont acculé Washington à rechercher un cessez-le-feu. Le négociateur iranien a également fait état de son entretien avec le vice-président américain J.D. Vance, au cours duquel il lui a signifié l’absence totale de confiance de Téhéran. « Nous n’avons jamais relâché notre préparation à défendre le pays, et à chaque fois que les Américains trahiront l’accord, nous sommes prêts à une défense tous azimuts », a-t-il ajouté, appelant les nations musulmanes à s’inspirer de l’expérience iranienne pour faire front face aux États-Unis et à Israël.
Côté américain, le Commandement central des forces armées (CENTCOM) a confirmé avoir mené des frappes contre des cibles en territoire iranien en réponse à des attaques imputées à Téhéran contre des navires, dont un bâtiment qatari, dans le détroit d’Ormuz. En riposte, les forces iraniennes ont visé des bases utilisées par l’armée américaine au Koweït, à Bahreïn, au Qatar et en Jordanie, au moyen de missiles et de drones. Ces échanges de coups ont interrompu le processus de paix prévu par le mémorandum, qui fixait un délai de soixante jours, renouvelable, pour parvenir à un accord définitif. Une seule session de pourparlers directs s’était tenue en Suisse, complétée par des réunions techniques indirectes à Doha, avant que la dynamique ne soit brisée.
Les médiateurs régionaux, en particulier le Pakistan et le Qatar, s’efforcent de relancer la trêve, tandis que des capitales européennes et asiatiques observent avec inquiétude la dégradation de la sécurité dans le Golfe. La visite à Téhéran du président du Parlement indonésien, Ahmad Muzani, a été l’occasion pour ce dernier d’exprimer la proximité des sentiments du peuple indonésien avec l’Iran et sa conviction que les dirigeants iraniens œuvrent en faveur de la paix. Cette solidarité affichée illustre le soutien dont bénéficie la position iranienne dans une partie du monde musulman, sans pour autant infléchir la logique de confrontation.
Le dossier reste dans l’impasse. Aucune nouvelle session de négociation n’est annoncée, et la défiance mutuelle, réaffirmée par le négociateur iranien, rend hypothétique une reprise rapide du dialogue. Les efforts diplomatiques se poursuivent en coulisses, mais la condition posée par Téhéran – être prêt à la guerre pour négocier – éloigne la perspective d’un règlement négocié à court terme.
| Presse arabe Levant-Maghreb | 0.00 | neutral |
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| Presse russe et CEI | +0.20 | neutral |
| Presse iranienne et apparentée | +0.50 | aligned |
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Nous rapportons la déclaration de Ghalibaf sans prendre parti.
Le bloc utilise la citation directe et évite la contextualisation, présentant la déclaration comme un fait isolé.
Le bloc omet les récentes frappes américaines contre l'Iran rapportées dans le bloc russe, qui fourniraient un contexte pour la posture défensive iranienne.
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Nous, Iraniens, ne cherchons pas la guerre, mais nous sommes prêts à nous défendre ; seuls ceux qui sont prêts à la guerre peuvent négocier avec les États-Unis.
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