
Le Mercosur lance des négociations avec le Japon et vise la Chine, sur fond de tensions internes
Lors du sommet d’Asunción, le bloc sud-américain a officialisé l’ouverture de pourparlers avec Tokyo, tout en affichant ses divisions sur la répartition des quotas d’exportation vers l’Europe.
La 68e réunion des chefs d’État du Mercosur, mardi 30 juin à Asunción, a été marquée par l’annonce du lancement de négociations en vue d’un partenariat économique avec le Japon. Le président brésilien, Luiz Inácio Lula da Silva, a également indiqué que le bloc souhaitait entamer prochainement des discussions similaires avec la Chine, confirmant une réorientation commerciale vers l’Asie. Selon les déclarations officielles brésiliennes, cette dynamique s’inscrit dans une volonté de se rapprocher des « marchés les plus dynamiques de la planète », alors que l’accord de libre-échange avec l’Union européenne, signé en janvier dernier, est partiellement entré en vigueur en mai mais attend encore sa ratification par les Vingt-Sept.
Le sommet a toutefois mis en lumière les fractures internes au sein du bloc. Le président paraguayen Santiago Peña, qui cédait la présidence tournante à l’Uruguay, a vivement critiqué les « asymétries » générées par la mise en œuvre de l’accord avec Bruxelles. D’après les autorités d’Asunción, la répartition des quotas d’exportation à tarifs préférentiels vers le marché européen désavantage les économies les plus petites, le Paraguay estimant que « le terrain n’est pas nivelé pour tous ». M. Peña a exigé une distribution plus équitable avant la ratification définitive par l’UE, qualifiant cette exigence de « question de justice » et conditionnant la crédibilité extérieure du Mercosur à son équité interne.
Au-delà du contentieux européen, le sommet a illustré l’accélération de la diversification des partenariats du Mercosur. Outre le Japon, des négociations sont en cours avec le Canada, l’Inde, le Vietnam et les Émirats arabes unis, tandis qu’un accord avec Singapour est déjà en vigueur. Selon les chancelleries sud-américaines, le Royaume-Uni a également manifesté son intérêt pour un rapprochement commercial, profitant de l’expérience accumulée lors des discussions avec l’UE. Cette effervescence diplomatique intervient dans un contexte politique régional marqué par la prédominance de gouvernements de droite, à l’exception notable du Brésil et de l’Uruguay, et par l’absence de dernière minute du président argentin Javier Milei, retenu par une crise politique interne liée à la démission de son chef de cabinet.
La présidence uruguayenne entrante aura la charge de poursuivre ces multiples fronts de négociation, tout en gérant les sensibilités internes sur les quotas européens. Les dirigeants ont par ailleurs exprimé leur solidarité avec le Venezuela, frappé par de violents séismes, et annoncé des actions coordonnées d’aide humanitaire. Le Brésil a confirmé l’augmentation de sa contribution au Fonds pour la convergence structurelle du Mercosur, destiné à réduire les inégalités entre les membres. La prochaine réunion du bloc est prévue le 30 juillet, avec l’espoir, selon les déclarations brésiliennes, d’avancées concrètes sur le volet japonais.
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Le sommet du Mercosur à Asunción s'est ouvert avec de vives critiques du président paraguayen sur les asymétries de l'accord commercial avec l'UE, tandis que le bloc lançait simultanément des négociations pour un partenariat économique avec le Japon. Les dirigeants ont souligné la nécessité de diversifier les partenaires, le président brésilien déclarant explicitement l'objectif d'un futur accord avec la Chine. Le passage de la présidence tournante à l'Uruguay a marqué un virage vers une stratégie commerciale plus pragmatique et multipolaire.
Le sommet du Mercosur a été éclipsé par des tensions renouvelées sur l'accord de libre-échange avec l'Union européenne, le président paraguayen dénonçant le manque d'équité dans l'accès au marché. Ces critiques mettent en lumière des obstacles persistants à la ratification de l'accord, conclu après des décennies de pourparlers. Parallèlement, le recentrage du bloc vers le Japon et la Chine signale une possible fragmentation des alliances commerciales.
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