
La roupie indonésienne frôle les 18 000 pour un dollar, plombée par les tensions Iran-États-Unis et les craintes commerciales
La devise indonésienne a cédé jusqu’à 58 points mercredi matin, tandis que les places émergentes digéraient les négociations indirectes sur le détroit d’Ormuz et les chiffres de l’emploi américain.
La roupie indonésienne s’est dangereusement rapprochée du seuil symbolique des 18 000 pour un dollar américain le 1er juillet 2026, cédant 58 points en séance matinale pour s’échanger à 17 965 roupies. Ce décrochage, qui s’inscrit dans un mouvement de repli généralisé des devises asiatiques et émergentes, a été immédiatement attribué par les cambistes à la conjugaison d’un regain de vigueur du billet vert et d’une prime de risque géopolitique persistante autour du dossier iranien.
Le dollar s’est en effet raffermi après la publication, la veille, de l’enquête JOLTS sur les ouvertures de postes aux États-Unis, supérieures aux attentes, qui a tempéré les anticipations d’un assouplissement monétaire rapide de la Réserve fédérale. Dans le même temps, les marchés asiatiques ont intégré les incertitudes entourant les pourparlers de paix américano-iraniens à Doha. Téhéran ayant refusé des discussions directes avec l’émissaire américain, les opérateurs redoutent un enlisement diplomatique susceptible de raviver les perturbations dans le détroit d’Ormuz, artère cruciale pour les approvisionnements énergétiques mondiaux. Le baril de Brent, bien qu’en légère hausse à 73,23 dollars, reste sous tension, et la volatilité des prix du pétrole pèse directement sur la facture des importations indonésiennes.
À Jakarta, la pression est accentuée par la perspective d’une dégradation des comptes extérieurs. Les investisseurs attendaient dans la journée la publication de la balance commerciale de mai, alors que le surplus commercial s’est déjà contracté de près de moitié sur les quatre premiers mois de l’année par rapport à 2025, pour tomber à 5,64 milliards de dollars. Les analystes de la place financière indonésienne redoutent qu’un nouveau tassement n’alimente le déficit de la balance courante, déjà estimé à 4 milliards de dollars au premier trimestre, et n’érode la résilience externe du pays en l’absence de flux de capitaux compensateurs.
Cette fragilité n’est pas isolée. La roupie indienne a cédé 19 paise face au dollar, pénalisée par la fermeté du billet vert et par la stratégie de la banque centrale indienne, soupçonnée de profiter des afflux de devises pour reconstituer ses réserves plutôt que de défendre la monnaie. Au Brésil, le real s’est déprécié à 5,163 pour un dollar, tandis que l’Ibovespa reculait de 0,68 %, les investisseurs digérant des créations d’emplois formels inférieures aux prévisions en mai. Partout, les banques centrales des grands émergents restent en alerte, la Banque d’Indonésie étant attendue pour lisser la volatilité du rupiah.
Le prochain jalon déterminant sera la publication, dans les heures à venir, des chiffres du commerce extérieur indonésien et de l’inflation de mai, qui pourraient soit confirmer les craintes d’un déséquilibre externe, soit offrir un répit à une devise sous haute surveillance.
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Le yen s'est déprécié à des niveaux jamais vus depuis près de quarante ans, franchissant les 162 pour un dollar, en raison de l'écart croissant des taux d'intérêt entre le Japon et les États-Unis. La trêve incertaine entre Washington et Téhéran renforce le dollar, mais le principal moteur reste la divergence des politiques monétaires. Les marchés japonais observent avec nervosité la devise s'approcher de ses plus bas historiques.
La roupie indonésienne est sous forte pression, glissant vers le seuil psychologique de 18 000 pour un dollar, alors que les fragiles pourparlers de paix entre les États-Unis et l'Iran alimentent l'incertitude géopolitique. Les analystes préviennent que l'impasse des négociations de Doha maintient une prime de risque sur les marchés émergents, pesant sur les devises asiatiques. La faiblesse persistante de la roupie reflète des vents contraires extérieurs échappant au contrôle national.
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