
Mumbai, première escale de l’Odyssée de Christopher Nolan
Le réalisateur a choisi la capitale indienne pour dévoiler son adaptation d’Homère, mêlant démesure visuelle et échos inattendus avec l’épopée du Ramayana.
Dans une salle IMAX de Lower Parel, un quartier de Mumbai, Christopher Nolan a posé une question qui a fait basculer la soirée du côté de l’intime. « Au fait, avez-vous aimé le film ? Juste une petite question : qui était le meilleur, Matt ou Tom ? » Les acclamations ont fusé, mêlant les noms de Matt Damon et Tom Holland dans un même élan, avant que le cinéaste ne remercie le public d’être « parmi les premiers au monde à voir ce film ». Ce moment, rapporté par la presse indienne, dit beaucoup de la relation particulière que Nolan entretient avec le sous-continent, où il avait déjà tourné des séquences de Tenet et de The Dark Knight Rises.
L’avant-première mondiale de The Odyssey, organisée le 10 juillet 2026, a transformé la mégapole en épicentre d’une mythologie réinventée. Le réalisateur britannico-américain, accompagné de sa productrice Emma Thomas et de ses deux acteurs principaux, y a présenté un blockbuster de 250 millions de dollars, tourné entièrement en IMAX 70 mm dans six pays. Sur le tapis rouge, Tom Holland a raconté sa déambulation sur le plateau marocain, perdu parmi des milliers de figurants en costume, des centaines de bateaux et un cheval de Troie incliné sur le sable, construit sans roues pour être traîné à la force des hommes. Une image que Nolan, selon l’agence ANSA, dit avoir imaginée il y a plus de vingt ans, comme un écho à la statue de la Liberté échouée du film La Planète des singes.
Ce choix de Mumbai comme port d’attache inaugural ne relève pas du hasard. La presse indienne souligne que le public du pays est réputé pour sa ferveur cinéphile, et Nolan lui-même a salué des spectateurs « parmi les plus enthousiastes et les plus avertis du monde ». Mais un autre fil, plus souterrain, relie cette Odyssée à l’imaginaire indien. Le youtubeur Ashish Chanchlani, présent à la projection, a confié sur les réseaux sociaux avoir eu « la chair de poule » en découvrant dans le climax du film une référence directe au Ramayana. Une confidence qui a enflammé les discussions en ligne, certains y voyant un pont inattendu entre l’épopée homérique et le texte fondateur de la culture hindoue.
Les premières réactions, relayées par la presse anglophone et hindi, décrivent un film à la fois « épique, expérientiel et réel », selon les mots d’Emma Thomas. Des spectateurs évoquent une fresque qui n’écrase jamais l’intimité des personnages, portée par la performance de Matt Damon en Ulysse et la partition de Ludwig Göransson. D’autres, plus réservés, jugent le récit parfois pesant. Mais tous s’accordent sur la démesure d’une production qui a privilégié les décors physiques aux écrans verts, allant jusqu’à construire plusieurs versions du cheval de Troie, hautes de dix mètres, pour les besoins des prises de vue intérieures et extérieures.
Au milieu de ce tumulte prometteur, une image résiste et résume peut-être l’esprit de l’entreprise. Sur le tournage de la chute de Troie, Matt Damon se souvient d’avoir été suivi par le directeur de la photographie Hoyte van Hoytema, caméra à l’épaule, tandis que des bâtiments brûlaient et qu’un cascadeur en feu traversait le cadre en courant. « Hoyte a posé la caméra et m’a dit : tu réalises que c’est un flash-back », a raconté l’acteur. Une phrase qui, dans le chaos magnifique du plateau, rappelait que cette Odyssée est aussi une méditation sur le temps, la mémoire et le retour.
| Presse latino-américaine | −0.30 | critical |
|---|---|---|
| Presse indienne et sud-asiatique | +0.80 | aligned |
| Presse atlantique / anglosphère | −0.70 | critical |
| Presse européenne continentale | +0.70 | aligned |
Fans and media raise alarm about Charlize Theron's health, reducing Nolan's premiere to a case of alleged weight-loss drug abuse.
The spectacularization of the female body through a medico-moralistic lexicon transforms a cultural event into a gossip item.
Any comment on the film itself, Nolan's direction, or the meaning of the Odyssey is omitted, focusing solely on an actress's physical appearance.
India proclaims itself the first global viewer of Nolan's Odyssey, claiming a direct cultural link with the Ramayana and celebrating the film's triumph.
Reverse cultural appropriation: the Indian epic is inserted as a key to reading the Odyssey, turning a Western film into a homage to Hindu tradition.
The Western debate on controversial casting and criticism of modernization is omitted, as is Nolan's purely artistic dimension, in favor of a national-cultural narrative.
Critics denounce the 'race-swapping' and inclusion of a transgender actor as an outrage to the original work, accusing Nolan of bowing to progressive fads.
Cultural polarization through the lens of 'woke' vs 'tradition': an ideological enemy (progressive Nolan) is constructed to mobilize conservative audiences.
Nolan's artistic context, his fidelity to the Homeric text in other aspects, and the fact that casting actors of color and transgender is consistent with his choice to modernize the myth are omitted.
Christopher Nolan claims the Odyssey as a universal archetype, elevating his film to a bridge between eras and continents through an authorial and philosophical discourse.
The universalization of myth: the Odyssey is abstracted from its historical and cultural context to make it a container of all stories, legitimizing the director's personal vision as timeless truth.
Any mention of casting controversies or Indian reactions is omitted, as is the commercial dimension of the film, to maintain a purely artistic and intellectual narrative.
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