
De Sydney à Hollywood, l’étrange odyssée du remake de « Moana »
Tandis que la critique internationale étrille la version en prises de vues réelles, un cinéma de quartier à Sydney affiche fièrement les visages de deux anciennes élèves devenues stars.
Sur les murs d’un cinéma de Newtown, dans la banlieue ouest de Sydney, deux affiches se font face. L’une montre Catherine Lagaʻaia, 19 ans, dans la peau de Moana, l’héroïne polynésienne du dernier remake en prises de vues réelles de Disney. L’autre met en avant Milly Alcock, 26 ans, qui incarne Supergirl. Les deux jeunes femmes ont fréquenté les mêmes couloirs, ceux de la Newtown High School of Performing Arts, un établissement public où l’on entre sur audition. Le responsable de la section théâtre, Daniel Kavanagh, se souvient avoir reçu Lagaʻaia alors qu’elle avait 11 ans. Il ne cherchait pas tant des aptitudes de comédienne qu’une capacité d’écoute et de collaboration. « Elle était toujours très lumineuse, très positive, désireuse de travailler », confie-t-il à la chaîne australienne ABC.
Le film qui met aujourd’hui en scène la jeune Australienne d’origine samoane a nécessité trois ans de travail et un budget de production estimé à 250 millions de dollars. L’équipe s’est installée sur l’île d’O’ahu, à Hawaï, où les acteurs ont passé des mois à apprendre à naviguer en canoë. Dwayne Johnson, qui reprend le rôle du demi-dieu Maui après lui avoir prêté sa voix dans le film d’animation de 2016, a dû enfiler un costume de faux muscles pour retrouver la carrure du personnage. L’acteur, qui a vécu à Hawaï dans sa jeunesse, a rappelé lors de la CinemaCon que Maui était inspiré de son grand-père et qu’il voyait dans cette adaptation l’occasion de « montrer notre île du Pacifique, de vraies personnes ». Une nouvelle chanson signée Lin-Manuel Miranda, « Along the Way », a été composée pour l’occasion.
Le long-métrage s’inscrit dans la stratégie de recyclage des classiques animés par Disney, une mécanique qui, depuis une quinzaine d’années, produit des résultats en dents de scie. La critique anglo-saxonne s’est montrée dans l’ensemble très sévère. Dans la presse britannique et américaine, les qualificatifs vont de « plat » et « terne » à « lamentable ». Plusieurs voix dénoncent un abus d’images de synthèse qui rend le terme de « prises de vues réelles » presque mensonger. Le Guardian évoque un Dwayne Johnson « en pilote automatique, comme un logiciel », tandis que le Times juge l’acteur « trop vieux de trois décennies pour jouer Maui ». The Independent parle d’un « gaspillage de temps et de talent ». Du côté de l’Amérique latine, on souligne surtout l’énorme mise de fonds et la nécessité pour le film d’engranger au moins 700 millions de dollars dans le monde pour égaler le succès de son prédécesseur animé. Au Canada francophone, Le Devoir résume l’opération d’un titre lapidaire : « quand Disney recycle pour encaisser ».
Pourtant, le premier week-end d’exploitation nord-américain s’annonce décevant. Selon les projections du magazine Forbes, le film ne récolterait qu’entre 40 et 45 millions de dollars, loin des 60 à 65 millions espérés et très en deçà des 139,7 millions engrangés par « Moana 2 » à sa sortie. Un démarrage poussif qui contraste avec la fierté discrète entretenue à Sydney. Là-bas, on préfère raconter comment Catherine Lagaʻaia a passé ses examens de fin de scolarité depuis les États-Unis, par arrangement spécial avec les autorités éducatives de Nouvelle-Galles du Sud, tout en tournant les scènes du film. « Elle tenait à rester une élève normale, à ne pas se laisser happer par la folie que ce genre de situation peut provoquer », rapporte son ancien professeur.
Au même moment, Milly Alcock, qui n’avait pas pu terminer son cursus après avoir décroché un rôle dans la série « Upright » aux côtés de Tim Minchin, poursuit sa trajectoire dans l’univers des super-héros. Le cinéma de Newtown, avec ses deux affiches, continue d’exposer un hasard de géographie et de calendrier : deux carrières nées dans la même salle de classe, propulsées aux deux extrémités d’un même été hollywoodien, l’une sous les vivats de la critique pour son incarnation de Supergirl, l’autre sous le feu roulant des mauvaises critiques pour avoir redonné vie à une princesse polynésienne.
| Presse atlantique / anglosphère | −0.20 | neutral |
|---|---|---|
| Presse africaine subsaharienne | −0.80 | critical |
| Presse latino-américaine | 0.00 | neutral |
Nous célébrons nos stars locales tout en reconnaissant les défauts du film ; le succès de l'école est indéniable mais le film lui-même est une déception.
En juxtaposant l'histoire de succès local avec l'échec critique et commercial du film, le récit crée un tableau équilibré mais légèrement décevant.
Le live-action de Moana est un échec lamentable, un remake plat et ennuyeux qui trahit l'esprit de l'original.
En utilisant des adjectifs négatifs forts et en citant le consensus critique, le récit présente le film comme une déception sans équivoque, ne laissant aucune place à des points de vue alternatifs.
Le bloc omet l'angle local positif concernant l'école des stars et les performances au box-office, se concentrant uniquement sur la réception critique.
Le live-action de Moana est une sortie estivale, une adaptation fidèle avec quelques changements, mettant en vedette une nouvelle actrice.
En présentant le film comme un événement simple sans langage évaluatif, le récit évite de prendre position, informant simplement les lecteurs de son existence.
Le bloc omet toute réception critique ou donnée de box-office, ne présentant que les faits de base de la sortie.
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