
L’Iran en récession hors pétrole, l’Arabie saoudite secouée par Ormuz, l’Argentine rechute
L’économie iranienne s’est contractée hors hydrocarbures en 1404, tandis que le conflit dans le Golfe a brisé l’élan saoudien et que l’Argentine a replongé dans le rouge industriel.
Le produit intérieur brut iranien a progressé de 0,2 % seulement durant l’année 1404 (mars 2025 – mars 2026) avec le pétrole, et s’est contracté de 0,3 % hors hydrocarbures, selon le Centre statistique d’Iran. Le dernier trimestre de l’année, qui englobe la guerre de février 2026 avec Israël et les États-Unis, affiche une chute de 2,2 % de la valeur ajoutée. L’agriculture (−2,9 %), l’industrie manufacturière (−1,5 %) et la fourniture d’eau et d’électricité (−6,5 %) ont toutes reculé, tandis que l’extraction pétrolière (+1,8 %) a maintenu le chiffre global en territoire positif. Dans l’approche par les dépenses, la consommation privée a baissé de 1,4 % et l’investissement en machines de 5,8 %, alors qu’un effondrement des importations de 20 % a atténué mécaniquement la contraction du PIB. Des économistes iraniens cités par la presse soulignent que cette croissance apparente masque une incapacité à importer plutôt qu’une résilience. Un membre du Conseil de discernement a évalué le recul économique lié au conflit à « au moins 200 milliards de dollars » et rappelé une inflation cumulée de 1 000 % en huit ans, tandis qu’un haut responsable du ministère de l’Intérieur a indiqué que 60 % de la population ne peut plus supporter la pression économique.
En Arabie saoudite, les recettes d’exploitation des entreprises ont augmenté de 10,6 % en avril 2026 sur un an, d’après l’Autorité générale des statistiques, mais ont fléchi de 3,8 % par rapport à mars, révélant le choc de la perturbation du détroit d’Ormuz. Le secteur minier, dominé par le pétrole, affiche une hausse annuelle de 22,5 % due aux prix, alors que la production saoudienne est tombée de 10,9 millions de barils par jour en février à 6,3 millions en avril, selon l’Opep. L’indice PMI est brièvement passé sous le seuil de contraction en mars avant de rebondir en avril. Le Fonds monétaire international estime que le PIB réel saoudien pourrait se contracter de 1 % sur l’ensemble de 2026, avec un recul possible de 10 % en glissement annuel au deuxième trimestre si le blocage d’Ormuz persiste. Les rémunérations des travailleurs sont restées quasi stables d’un mois sur l’autre, mais les déclarations de faillite ont bondi de 210 % sur un an, concentrées dans la construction et le commerce de gros.
Loin du Golfe, l’Argentine a vu son industrie manufacturière et sa construction reculer chacune de 2,8 % en avril sur un an, selon les indicateurs officiels. Seuls quatre des seize secteurs manufacturiers sont restés en territoire positif. Les enquêtes auprès des entreprises de construction révèlent un pessimisme marqué : 75 % des acteurs privés n’attendent aucun changement d’activité dans les prochains mois, et à peine 9,4 % anticipent une hausse ; pour les travaux publics, 60 % tablent sur une stabilité et 25,6 % sur une baisse.
L’entrée de l’Iran dans l’année 1405 s’effectue sur une dynamique de contraction, certains scénarios évoquant une récession de 8,5 % à 10 % et 4,5 millions de personnes supplémentaires sous le seuil de pauvreté. Pour l’Arabie saoudite, la publication des données du deuxième trimestre 2026 et l’évolution de la liberté de navigation dans le détroit d’Ormuz constitueront les prochains jalons décisifs.
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La production industrielle saoudienne a renoué avec la croissance en 2025, progressant de 5,1 % et effaçant les reculs de 2023 et 2024. Les secteurs minier, pétrolier et non pétrolier ont tous progressé, les produits chimiques affichant la plus forte hausse dans l'industrie manufacturière.
Le centre statistique iranien a publié les chiffres du PIB pour l'année 1404 : le PIB total avec pétrole a atteint 100 492 billions de rials, et sans pétrole 75 942 billions. L'agriculture a reculé de 2,9 %, l'industrie manufacturière de 1,5 %, tandis que l'extraction de pétrole et de gaz a progressé de 1,8 %.
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