
L’accord-cadre israélo-libanais sous tension : garanties sécuritaires et rejet du Hezbollah
Signé sous pression américaine, l’accord-cadre entre Israël et le Liban révèle des divergences profondes, entre la satisfaction israélienne et le refus du Hezbollah, tandis qu’une annexe secrète conditionne tout retrait.
La signature, le 26 juin, d’un accord-cadre entre le Liban et Israël sous l’égide des États-Unis a été qualifiée d’« historique » par le chef d’état-major israélien Eyal Zamir, qui y voit le fruit des « réalisations militaires » récentes. Selon des médias israéliens, un document annexe, tenu secret à la demande de Beyrouth, stipule qu’aucun retrait israélien ne s’effectuera selon un calendrier prédéfini, mais uniquement en fonction des conditions de terrain et de l’évaluation des résultats. La chaîne 12 israélienne précise que cette annexe garantit la liberté d’action de l’armée israélienne à l’intérieur d’une « ligne jaune » pour faire face aux menaces immédiates, et que l’entrée de l’armée libanaise dans les zones expérimentales prendra plusieurs semaines.
Du côté israélien, le premier ministre Benyamin Netanyahou présente l’accord comme une « grande réussite », soulignant la reconnaissance par le Liban d’une zone tampon et le maintien des troupes israéliennes tant que le Hezbollah ne sera pas désarmé. Le ministre de l’Énergie Eli Cohen évoque une « base pour un partenariat » visant à démanteler l’arsenal du parti chiite. Toutefois, l’opposition, par la voix de Yaïr Lapid, critique un retrait sans contrepartie et l’absence de séparation entre les fronts libanais et iranien. Les médias israéliens rapportent que l’état-major planifie une présence de longue durée au Liban, tout en jugeant l’application de l’accord « peu réaliste » en raison de l’objectif de désarmement total.
À Beyrouth, l’accord est défendu par les autorités comme un moyen de restaurer la souveraineté de l’État, mais des sources diplomatiques occidentales, citées par la presse libanaise, estiment que ses clauses sont « entièrement à l’avantage d’Israël » et qu’un échec de mise en œuvre pourrait déboucher sur une troisième guerre dès septembre. Le Hezbollah et ses alliés rejettent le texte, qu’ils qualifient d’« accord de capitulation », et exigent le respect du mémorandum d’entente irano-américain. Selon des informations relayées par la chaîne Al-Jadeed, le négociateur iranien Mohammad Qalibaf a assuré au président du Parlement libanais Nabih Berri que Téhéran n’accepterait aucun arrangement avec Washington sans un retrait israélien complet, et que l’Iran se tient prêt à « tous les scénarios ». Cette fracture ravive la rupture politique entre la présidence libanaise et le Hezbollah.
L’administration américaine a exercé des pressions intenses pour aboutir à ce cadre, menant cinq rounds de négociations depuis avril et trois volets parallèles : l’accord-cadre, l’annexe sécuritaire et une convention de retrait. Selon des sources israéliennes, le secrétaire d’État Marco Rubio a multiplié les appels pour imposer la signature, Washington cherchant à dissocier le dossier libanais des pourparlers avec l’Iran. Les médias israéliens redoutent que Téhéran n’utilise son propre canal avec les États-Unis pour exiger un retrait israélien total, tandis que le Hezbollah, affaibli mais toujours actif, pourrait tenter de contester l’accord sur le terrain. Le spectre de l’accord du 17 mai 1983, rapidement caduc, plane sur ce processus dont la phase de test, dans deux zones pilotes, déterminera la viabilité.
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L'accord est perçu comme fortement déséquilibré en faveur d'Israël, avec des clauses secrètes excluant un retrait automatique et légitimant une présence militaire prolongée. Le Hezbollah et Téhéran le rejettent comme une imposition, tandis que des sources diplomatiques avertissent que l'incapacité de Beyrouth à le mettre en œuvre pourrait déclencher une troisième guerre dès l'automne. Washington aurait orchestré l'accord pour détacher le Liban de l'axe iranien, au détriment de la souveraineté libanaise.
L'accord-cadre est présenté comme une étape historique, obtenue grâce à la pression militaire israélienne qui a contraint le Liban à reconnaître les besoins sécuritaires de l'État juif. Le mécanisme garantit la liberté d'action à l'intérieur de la bande frontalière et subordonne tout retrait à des conditions de sécurité vérifiables sur le terrain. Les chefs militaires soulignent que le véritable test sera le comportement des parties, mais Israël est déterminé à faire fonctionner l'accord.
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