
Jet privé d'Infantino : le paradoxe climatique de la FIFA au Mondial 2026
L'usage intensif de l'aviation d'affaires par le président de la FIFA relance la polémique sur l'empreinte carbone d'une compétition éclatée entre trois pays.
Gianni Infantino a enchaîné les apparitions dans huit villes nord-américaines en jet privé lors de la première semaine de la Coupe du monde 2026, portant à dix le nombre de ses déplacements aériens en sept jours. Cette mobilité s'inscrit dans une pratique ancienne — 600 000 kilomètres parcourus en trois ans selon le média norvégien Josimar — mais l'élargissement du tournoi à 48 équipes et 104 matchs, répartis entre États-Unis, Canada et Mexique, en décuple l'impact. La société Greenly évalue entre 300 et 500 tonnes de CO2 les seules émissions du jet présidentiel sur la durée de la compétition, si le dirigeant poursuit à ce rythme jusqu'aux phases finales.
La FIFA justifie ces vols privés par un souci « d'efficacité et de rapport coût-efficacité », en précisant prendre en charge les frais de déplacement de ses cadres. Pour David Gogishvili, géographe à l'Université de Lausanne, l'instance a créé un « paradoxe de la durabilité » : en réutilisant les stades de la NFL disséminés sur un continent, elle a rendu le modèle structurellement dépendant du transport aérien à fortes émissions, normalisant l'hypermobilité des élites tout en reportant les coûts et le fardeau carbone vers les régions hôtes et les supporters. John Hocevar, de Greenpeace USA, dénonce le signal contradictoire envoyé par ces jets privés quotidiens, alors que chaleurs extrêmes menacent déjà joueurs et spectateurs.
L'usage massif de l'aviation d'affaires ne se limite pas au président : lors du Mondial 2022, 1 846 jets privés s'étaient posés au Qatar, selon la revue Nature, surpassant d'autres grands rassemblements comme le Super Bowl, le Festival de Cannes, le Forum de Davos et la COP28 cumulés. Tim Walters, universitaire américain, qualifie ces émissions de « luxe » dans un contexte où la compétition n'a pas de caractère vital. Loin d'être un cas isolé, cette dispersion géographique se répétera en 2027 au Brésil pour la Coupe du monde féminine, préférée à une candidature européenne ferroviaire, et en 2030 avec un Mondial masculin éclaté entre le Maroc, le Portugal, l'Espagne et l'Amérique du Sud, sans que soit écartée l'hypothèse d'un passage à 64 équipes.
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Latin American press harshly criticizes Infantino's use of a private jet during the World Cup, highlighting his indifference to climate austerity measures. The FIFA president's omnipresence is seen as a symbol of power detached from environmental concerns.
Arab media vehemently denounce Infantino's abuse of private flights, calling it a sign of contempt for climate issues. They highlight the continuity of behavior already criticized in the past, with details on the routes covered in a few days.
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